Saturday, June 30, 2007

Vision de l'apocalypse

Il faut reconnaître que les débats qui ont lieu dans l'émission du soir de Ruquier sont très intéressants, nous renseignant sur l'état de désolation du pays. Je viens de voir un extrait qui mettait au prise Michaël Youn, le spécialiste incontestable du divertissement pas drôle et Eric Zemmour et Eric Naulleau. Le comique sinistre ne semblait pas supporter l'existence de ses ennemis jurés. Il était si risible (C'est le comble d'un comique, de devenir risible.) que par contraste, Laurent Ruquier, personnage si souvent consternant, paraissait intelligent. Le pauvre Youn semblait dénier tout droit à émettre un doute sur le premier roman, probablement immense, de l'actrice Mathilda May (qui était présente sur le plateau). Le pauvre acteur n'avançait aucun argument, ne pouvait pas contrer ces deux individus qui commettaient la grave faute de n'être pas élogieux avec l'actrice à poil de Lifeforce. (Vous vous souvenez? Ce mauvais film était de Tobe Hooper.) Il ne pouvait que dire à Naulleau qu'il ne lui plaisait pas des masses (Belle expression! Encore une! Il faudrait que je fasse un jour la liste des expressions toutes faites qui me hérissent.) Susceptible, le nullard du divertissement, ne pouvant accepter que Zemmour lui jette la vérité cruelle à la figure, à savoir que ses spectacles sont destinés aux enfants de quatre ans; je dirais plutôt: aux demeurés. Du coup, il a refusé que l'on passe un extrait de son nouveau spectacle. Il n'est pas revenu là-dessus. Il était vraiment fâché, ce mercenaire du comique qui prend les gens pour des imbéciles.
Je parle de Michaël Youn mais le pilier de la télévision qu'est devenu Eric Naulleau ne m'est plus aussi sympathique qu'à l'époque où il avait fait paraître, avec Pierre Jourde, Le Jourde et Naulleau. C'était du vrai comique, et qui prenait les gens pour des adultes ayant un cerveau en état de fonctionnement.

Monday, June 25, 2007

Eloge de la perfection

Il est des livres qu'on ne se fatigue pas de relire. C'est comme certains films; pourtant, je ne suis pas un fanatique de cinéma; je n'ai que mépris pour les cinéphiles, surtout les cinéphiles hargneux qui vous traitent presque d'imbécile parce que vous osez émettre un doute sur l'oeuvre immense d'Antonioni, sur Blow Up, un film dont je n'ai pu voir que les dix premières minutes. Qu'est-ce que vous voulez? J'avoue mon incapacité à regarder certains films, non, je me trompe, beaucoup de films. Mais Alfred Hitchcock, lui, me réconcilie avec le cinéma. Quand j'étais tout jeune, j'avais été fasciné par La mort aux trousses, je crois même que j'étais tombé amoureux de l'élégante et fine Eva Marie-Saint. On pourra me dire que ce n'est qu'une fascination de jeunesse. Non, j'ai vu le film une bonne trentaine de fois et je ne m'en lasse jamais. Tout y est: mise en scène, scénario, et les acteurs. Ce n'est pas Cary Grant, mon préféré. James Mason et Martin Landau sont uniques. Une scène me revient souvent à l'esprit, la scène ou Roger Thornhill (Kaplan) est poursuivi par un avion. Alfred Hitchcock a prouvé que, quoi qu'on en dise, la perfection est de ce monde. Bien sûr, elle est rare. Ce ne sont pas les réalisateurs hollywoodiens de notre époque qui vont me faire changer d'avis.
D'autres diamants émaillent la carrière de Hitchcock: Soupçons, Les enchaînés, mais aussi Psychose et Les oiseaux. Tous ces films vus et revus avec le même plaisir. Hitchcock, c'est un amour qui ne s'éteint jamais.
Rien ne vaut le cinéma américain ou tout du moins anglo-saxon. Le cinéma européen fait bien pâle figure face à la créatrice de mythe que fut la planète Hollywood.

Le génie français

Je parle des écrivains, des poètes mais j'oublais les cinéastes, en particulier le génie français à l'état pur. J'ai honte: j'avais négligé Claude Lellouch, le grand artiste qui a marqué et continue de marquer la France, l'homme qui est passé maître dans l'art du titre. Souvenez-vous donc, bande d'amnésiques, souvenez-vous donc d' Un homme et une femme, de L'aventure, c'est l'aventure (Tautologie inouïe), Partir, revenir, La belle histoire. Tous ces titres prouvent à l'évidence que Claude Lellouch est le cinéaste de la profondeur. Mais surtout de l'originalité. Dire le contraire serait malhonnête. C'est un honneur pour la France d'avoir un poète de la pellicule de cette envergure. Et d'une fécondité! Il faut s'incliner devant celui qui est notre maître à tous, devant celui qui, à chaque film, donne de vraies leçons de cinéma. Ecoutons-le attentivement, écoutons bien son dernier entretien sur son dernier film dont le titre donne tant à réfléchir: Roman de gare. Ecoutons-le nous apprendre que la vie est un polar. Extasions-nous sur la richesse de cette sentence, prononcée avec l'aplomb de celui qui a tout compris. Qui a compris même Dieu, qui a pénétré le mystère de la Divinité:"Dieu est le plus grand serial killer." Je suis trop consterné pour m'esclaffer. Trêve d'ironie. J'ai envie d'en inventer, moi aussi, des sentences, par exemple celle-ci: Claude Lellouch est un serial navets. Ou alors, pire que cela. Je repense au titre d'un de ses films: Attention:bandits.

Sunday, June 24, 2007

Lee Konitz


Lee Konitz Geneva's Move -
Vidéo envoyée par boberwig

L'ombre de la mort

J'ai toujours aimé les titres des vieilles bande dessinées. Certains me reviennent à la mémoire, comme "Le libraire de Santa Fe", "Le vautour de la jungle", "Le gang de la mort", "La mort noire". Titres ronflants mais non dénués de poésie. Titres qui m'attendrissent toujours. Enfant, je lisais et relisais les aventures de Blek le Roc, de Tex Wiler, d'Ombrax etc., bandes dessinées au charme indéniable et qui ont marqué tous ceux qui les ont eues entre leurs mains, étant enfants. Ce fut l'époque qui précéda celle des bandes dessinées sinistres, du genre "Ranxerox" ou l'oeuvre immortelle de Druillet. Il faut préciser que les titres avaient changé. Bien sûr, il y a encore des nostalgiques des anciens titres. J'ai appris que le titre en Français du nouveau chef-d'oeuvre (C'est de l'ironie.) de Quentin Tarantino est: Le boulevard de la mort. Mais je n'irai pas plus loin, Tarantino n'ayant plus guère d'intérêt pour moi. Je pense plutôt au "Carrefour de la mort" avec Richard Widmark.
Mais je digresse. Ce n'est pas au cinéma que je voulais en venir mais à la condamnation à mort par pendaison du cousin de Saddam Hussein. Vous êtes en droit de me dire: Quel rapport? A priori aucun mais quand on sait que le responsable de la mort de 180 000 Kurdes est surnommé: 'Ali le Chimique', on peut se demander si nous ne sommes pas dans une bande dessinée, sinistres, certes, mais une bande dessinée, tout de même. Imaginons une aventure, comme celles qui paraissaient à la fin des années 70 et qui coûtaient 40 centimes, imaginons Akim aux prises avec le cousin de Saddam Hussein. Nous pourrions inventer:"Akim contre Ali le Chimique". L'hstoire serait paliptante. De même une aventure mettant en scène un héros sans peur et sans reproche et le mage de Téhéran, Mahmoud, l'atomique.

Humiliation

Me voici dans un désert. Pourtant, hier, ce lieu était très peuplé. Tout le monde semble avoir fui, comme paniqué par une catastrophe imminente. Il semble bien que je sois le seul à ne pas savoir ce qu'il va arriver. J'ai dû trop dormir; j'ai dû trop rêver; l'espace est gigantesque maintenant; la canicule se lève pour me torturer. Cela fait une heure que je marche. Je ne vois pas la fin de la plaine; je commence à haleter; je sens la transpiration glisser le long de mes jambes. Je ne vais pas durer longtemps, je le sais. J'ai des hallucinations, non, ce ne sont pas des délires. Il y a un troupeau d'êtres humains, là-bas, je ne peux me tromper. Je vais arriver vers eux. Je parle tout seul et au moment où j'éclate de rire, je tombe par terre. Je mange la poussière. J'ai l'impression de ne plus rien avoir d'humain. Je mets à tousser; ma gorge est sèche; le soleil se complait dans la cruauté: je n'arriverai jamais à demander de l'aide. Le silence s'est emparé du monde. Je suis dans l'avenir. Je suis dans l'entonnoir. On ne sort jamais d'un entonnoir. Ce n'est même pas drôle. Je crache mon venin; je suis à plat ventre; je suis devenu dangereux. Je vais bientôt semer la mort. Le troupeau d'êtres humains m'encercle maintenant. On a sûrement des choses à se dire. Les choses habituelles. Le désert se repeuple. Le sens revient à la vie.

Conclusions un peu trop hâtives (61)

- Je ne méprise pas l'Europe depuis quelques années.
- Jean-Marie Bockel serait magnifique en short, faisant du jogging avec Sarkozy.
- Je serais surpris de voir Sylvie Noachovitch vomir sur la foule de ses sympathisants de merde.
- Il n'est pas crapuleux de considérer les émeutiers de Cergy comme des victimes.
- Avec mes collègues de travail, je ne passe pas parfois pour un sale individu qui stigmatise les minorités opprimées. Les soirées avec mes collègues ne sont pas convenues.
- Depuis au moins trois ans, la chance me sourit.
- Tout petit, j'avais déjà la vocation de travailler. Je suis ému rien que d'y penser.
- Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite méritait vraiment la Toison d'Or que lui a décernée le roi Juan Carlos.
- Dans les trains, on n'entend pas que des énormités, on ne se sent pas obligé de parler avec son voisin. Dans les trains, je ne suis pas à moitié tétanisé.
- Je commence l'été en pleine forme et sans souci. Je me sens d'attaque pour recommencer à écrire.
- La chaleur est un vrai bonheur, chaque année. La canicule n'est pas une catastrophe naturelle.
- Je suis très heureux chaque fois que je me rase et que je me vois dans la glace.

Il vaut mieux la fermer

J'ai toujours été hérissé par les grosses gueules, comme Nicolas Sarkozy, pour donner un exemple de poids, puisque cet individu est notre président à tous, oui, comme Nicolas Sarkozy qui fait davantage penser maintenant à un socialiste dissident qu'à un homme de droite. Cette grande gueule qui n'impressionne que les gauchistes frileux, toujours à l'affût de la moindre discrimination, de la moindre stigmatisation. Qui me fait plutôt sourire. Un vrai branque, comme on disait jadis en argot et dans les Tontons Flingueurs. Mais il y a mieux que Sarkozy en matière de grande gueule. C'est la consternante Sylvie Noachovitch, la candidate UMP aux législatives qui, d'après le Canard Enchaîné (Canard qu'il ne faut surtout pas prendre au sérieux), a tenu des propos racistes sur les Noirs et les Arabes, avec lesquels, paraît-il, elle ne pourrait pas coucher. Si ces propos sont authentiques, une question se pose. Se croit-elle désirer par tous les hommes? Pas par moi, en tous cas.
Il faut la voir, la Sylvie, parler à la foule, essayer et arriver à électriser son public de blaireaux. Imite-t-elle l'autre évangéliste Ségolène Royal? C'est fort probable. Il faut l'écouter parler d'amour. Ecoutez-la. Elle a répandu le bien partout dans sa commune. Elle a même aidé un homme à résoudre ses problèmes d'alcoolisme. C'est dire la profondeur de sa générosité. Générosité persécutée. Oui, persécutée, agressée par ses adversaires politiques. Elle ne doit la vie sauve qu'à une de ses admiratrices qui l'a arrachée des griffes de ses ennemis. Je ne suis pas misogyne, comme on le pense parfois mais Sylvie Noachovitch est une pauvre femme. Comme Ségolène Royal. Je leur préfère de loin Hildegarde de Bingen ou Sainte Thérèse d'Avila qui furent d'authentiques amoureuses.

No end

J'ai déjà dit que je ne prononce jamais certains mots, certaines expressions. Beaucoup sont risibles. A ce propos, je n'ai pu lire le nom du festival qui se tenait le 17 juin à Cergy sans rire. En effet, lire: Festival international des cultures urbaines ne peut qu'exciter mes zygomatiques. (Malgré toutes les traverses actuelles, je garde encore le rire.) En réalité, ce festival mettait surtout en avant le rap. Je ne parle pas de culture rap, cette non-musique étant aussi éloignée de l'art qu'Alpha du Centaure l'est de notre pauvre Terre. Le festival devait être sinistre. Mais le spectacle, le vrai spectacle, la réalité, celle qu'on ne distille qu'à petites doses dans les médias, ce sont les heurts entre des bandes de jeunes déchaînées et la police, les CRS, arrivés en retard, semble-t-il.
Bien sûr, il y a des rivalités entre les bandes de barbares, mais toutes s'entendent pour tout détruire, magasins, gares etc. et s'en prendre aux forces du mal, la police, le fascisme urbain, celui que dénoncent les guerilleros de caniveau du rap, de plus en plus haineux, de plus en plus islamisés, djihadistes. J'allais parler des Français, des autruches et de leur sale habitude de mettre leur affreuse tête dans le sable mais je préfère m'abstenir, certains spécialistes en zoologie affirmant que ce comportement ne prouve en rien que ces emplumés antipathiques sont très peureux de nature. Je prèfère évoquer une autre expression, celle de "quasi-guerilla urbaine." Il faut toujours se méfier des euphémismes, surtout à notre époque de mensonge érigé en devoir, à notre époque de mensonge, de silence, cultivé par les salauds, de droite ou d'ailleurs.
La violence a atteint un degré hallucinant. Oui, hallucinant, c'est un mot que j'utilise très peu mais qui, ici, convient très bien à la situation, situation qui ne peut que dégénérer davantage. Il faut savoir que les bandes étaient armées de haches, de pistolets, de couteaux, de barres de fer et j'en passe. A quand les explosifs? Pour bientôt, c'est certain. Il n'y a aucune raison pour que la région nommée France se calme dans les mois et les années qui suivent.

Saturday, June 23, 2007

Brèves (38)

661) Il paraît que Ségolène Royal a défendu des idées qui ne sont pas les siennes. Nous nous doutions bien qu'elle n'existait pas.
662) Il paraît qu'Alain Juppé se réveille la nuit en sanglotant et disant: "Tout le monde m'a rejeté! Personne ne m'aime!" La rumeur semble bien fondée.
663) Ségolène Royal croit probable sa candidature à la Présidentielle en 2012. Pourquoi pas en 2017? Ou en 2022? A ce moment-là, le cerveau aura complètement disparu.
664) C'était très drôle de voir à la télévision dimanche soir, pendant la soirée électorale negligeable, les socialistes cultivant l'arrogance des gagnants. Fabius avait la palme.
665) Selon toute probabilité, il y aurait 98% de pourris à la télévision.
666) D'après une source sûre, Jack Lang sentirait de plus en plus fort la merde. Le phénomène est mystèrieux, le maître de la culture étant, semble-t-il, très scrupuleux sur l'hygiène.
667) Après des années d'apartheid, c'est le mot qu'il employait, Le Pen a enfin été reçu à l'Elysée. Il faut tout de même savoir que pendant ses crises de démence, Le Pen, faisant un dédoublement de personnalité, se prend pour Nelson Mandela. On aurait dû l'emprisonner.
668) La rumeur selon laquelle Claude Bartolone est plus malin que Ségolène Royal est fausse, bien entendu.
669) L'entrée de Jean-Marie Bockel, le mulhousien si proche des islamistes, encore un socialiste, dans le gouvernement de Fillon est une infâmie. Je vais finir par mépriser Sarkozy. Il ne manquerait plus que Tapie.
670) Depuis quelques décennies, voter semble ne plus avoir aucun sens. Depuis quelques décennies, plus rien ne semble avoir de sens.
671) Aux dernières nouvelles, c'est toujours la guerre dans le Val-d'Oise.
672) Il n'est rien de plus convenu qu'une sale des profs. C'est à en vomir.
673) Un collègue gay disait, l'autre soir, qu'il suce depuis des années mais que ce n'est pas encore parfait. Qu'est-ce qu'on en a à foutre? Beaucoup de gays ne peuvent s'empêcher d'être vulgaires. (Je préfère dire: homo.)
674) Défendre systématiquement les minorités, quelles qu'elles soient, est une preuve indiscutable de connerie.
675) Politique-fiction: la réorganisation du parti socialiste par Sarkozy.
676) La rumeur selon laquelle on ne trouverait des adeptes du Hamas qu'au Proche-Orient est totalement fausse, bien sûr.
677) Il y a des mots que je hais, que je ne prononce jamais, par exemple: bobo, gay, speed etc. Je préfère de loin: connard ou tête de noeud.
678) La fête de la musique est la fête des musiciens de merde.
679) L'air faussement concerné, faussement mesuré de Laurent Fabius n'est même pas drôle. Le personnage est sinistre.
680) On travaillera de plus en plus, on deviendra fous, le travail nous aura rendus libres.

Haine de la nuit

Cette haine pour les insectes me poursuit depuis des décennies. Elle s'empare de moi les nuits où je voudrais tant pleurer... Je trépigne sur le sol inondé; la vermine est paniquée; le monde est entré en léthargie: je ne peux plus rien contre la vie. Elle est devenue plus forte que moi soudain. La métaphysique m'écrase; mes jambes tremblent: mes organes internes entament un mouvement de rotation. Les animaux souffrent, eux aussi. Ils ont conscience de leur souffrance. Je ne vois plus personne. La pluie entre dans les corps. L'été devient glacial; je rêve éveillé; je regarde mes pieds, je sais que c'est terminé pour moi. Mauvais moment à passer. Je deviens agressif; je suis prêt à tout; je n'ai pas de chance. Je deviens stupide. Je suis devenu l'un des leurs. Je ne me souviens plus de moi-même. C'est comme si, brusquement, j'étais saisi par la folie. Non, il ne faut pas parler de stupidité, c'est trop facile. Le ciel blanchit quand je me mets à parler tout seul, à maudire l'éternité. J'ai mal. La paume de mes mains saigne. Je n'aurais pas dû serrer les mains avec tant de haine. A l'aube, quelle torpeur... Je sommeille, je survole le sommeil, je paye le droit de continuer de vivre, je parcours des routes nouvelles, je sais que c'est bel et bien fini.

Anéantissement

Une collègue me parlait l'autre jour du communisme, elle semblait bien abattue, regretter l'époque où il était si puissant. Je répliquais que partout, dans le monde, le communisme n'a apporté que misère et répression. Elle n'était pas vraiment d'accord avec moi, me disait que de grands pays comme la Russie ou la Chine ne peuvent connaître que la dictature. Quand j'ai donné l'exemple du Cambodge, elle a reconnu que c'est un petit pays. Elle était dépitée. Non, le communisme n'est pas une idée généreuse, humaniste. Il est totalitaire, l'a toujours été, et dès le début. Oui, Jospeh Staline était communiste. Le stalinisme ne fut pas une dérive du communisme, comme veulent nous le faire croire les malhonnêtes, mais son aboutissement. Il ne faut pas mentir et, surtout, ne pas se mentir à soi-même.
Les communistes français sont par terre. Marie-Georges Buffet a fait, ne l'oublions pas, 1,93% à la Présidentielle. Plus personne ne vote communiste, à part de vieux gâteux, de vieilles tiges dégoûtantes ou de jeunes idéalistes qui s'imaginent que le vrai communisme n'a jamais été instauré. Jamais instauré! J'ai souvent entendu ce refrain stupide, qui m'a toujours hérissé. Il parait que le parti est entré dans une phase d'introspection. Une instrospection? (Le mot fait rire.) Quel en sera le résultat? L'abandon du marxisme? S'il reste quelques neurones aux communistes, après tout, c'est possible, s'il leur reste quelques neurones, disais-je, il ont dû s'apercevoir que le peuple, le prolétariat, comme ils disent, le prolétariat exploité par le capitalisme diabolique s'est détourné définitivement d'eux, que l'idéologie marxiste n'a plus aucun sens et que, surtout, elle a l'histoire contre elle. Et cela, c'est insurmontable. L'histoire est parfois cruelle.
En admettant que le communisme soit une pensée humaniste, à la base, comme on dit, cela tendrait à prouver que les bons sentiments en politique ne peuvent aboutir qu'à la barbarie. Il faut tout de même savoir que si Hitler a persécuté, massacré le Juifs, c'était pour le bien, le bonheur de son peuple. Les bons sentiments sont souvent dégueulasses.
Le communisme ne sortira plus jamais la tête de son bain de sang. C'est terminé. Tant mieux pour l'humanité.

Sunday, June 17, 2007

Django Rheinhardt


Django Reinhardt - Swing 1939
Vidéo envoyée par madafonka2

Conclusions un peu trop hâtives (60)

- Dominique Strauss-Kahn va s'adonner à la philosophie transcendantale.
- François Bayrou n'a pas atteint la taille d'un quanta.
- Le Hamas n'a pas planté ses choux dans notre Europe épanouie.
- Francis Lalanne aurait décidé de se concentrer davantage sur ses textes.
- Si Sarkozy a bu un coup de trop avec Poutine, c'est vraiment choquant.
- A la fin du mois de juin, je n'aurais pas l'impression de sortir d'une longue maladie.
- La tension ne monte pas quand je me demande où je serai en septembre.
- Jean-Claude Gaudin, le guignol marseillais, ne se prend pas pour un acteur.
- Le dernier roman de Beigbeder est mieux écrit que le précédent. L'auteur a progressé.
- Depuis quinze jours mon sommeil est réparateur.
- Avec Michel Fugain, la chanson française atteignit sa plénitude.
- Les acteurs français sont d'une grande profondeur.

Le mensonge

Je ne sais pas ce qu'il vous arrive. Vos ailes s'écrasent par terre et vous ne vous en rendez même pas compte. Votre sourire se transforme en grimace et vous continuez de rêver. Ce n'est pas possible. Je dois rêver, c'est ça. Il faudrait que j'arrête de jouer sur les mots. Les ailes sont maculées de boue; elles bougent, tremblotent un peu; j'en piétine quelques unes: je les achève. Les anges n'ont plus lieu d'être. Jamais vous n'auriez pu imaginer que cela vous arriverait. Jamais vous n'auriez pu commencer à voir vos songes se matérialiser. Je le sais, je sais tout. J'espérais souvent qu'une force implacable vous anéantirait. Les mains dans les poches, sifflotant comme un imbécile, je me regarde marcher, tanguer, tituber. Quand on se regarde marcher, c'est qu'on est tout proche de l'effondrement. Mais ce sont les autres qui embrassent le goudron, ce n'est pas moi. Je me demande bien combien de temps tout cela va durer; je hais l'éternité; j'aime la minute qui va suivre: je suis rempli d'amour. Rampez, continuez de ramper, bande de larves. Vous n'avez pas encore subi ce que vous méritez vraiment. Les mots, je les vomis comme un repas trop copieux, trop arrosé. Je regarde le film à l'envers, depuis quelques secondes. C'est tellement mieux. Je savais bien que les ailes pousseraient sur mes flancs, un jour.

Les grands romanciers

Gustave Flaubert, ça avait très mal commencé. J'étudiais (Je dis 'étudier' mais je ne me souviens pas d'avoir lu l'oeuvre en entier) Madame Bovary en Première. Je me souviens que c'était une véritable torture pour moi, je m'ennuyais. Plus que la mère Bovary, passée maître ou maîtresse dans le roulement de pouces! Je n'arrivais pas à suivre les cours. J'attendais la fin de l'heure avec impatience. Je mettais ma montre sur le chronomètre. Il restait vingt minutes, un quart d'heure et ainsi de suite. Quand la sonnerie retentissait, je respirais. L'oxygène revenait. Je n'en veux pas à mon professeur. On ne peut faire un cours passionnant sur un auteur qui mettait un point d'honneur à écrire sur le vide, sur le rien. Non, Flaubert n'a pas été une passion de ma jeunesse, comme le furent Zola ou Hugo. Je n'ai tout simplement jamais pu le lire. C'est le plaisir de la lecture qui compte. Le plaisir de la lecture, pour reprendre l'idée de Roland Barthes qui, parfois, avait de bonnes intuitions. Quand lui et son école ne sombraient pas dans le jargon humoristique. Je renvoie aux renversants colloques de Cerisy.
Non à Flaubert, mille fois non à Flaubert. On le décrit souvent comme un styliste qui gueulait ses phrases, les travaillant, les remaniant sans cesse, toujours insatisfait. C'était "le forçat du style" comme disait Paul Léautaud, à son propos. Un homme peu fréquentable, j'en suis convaincu. Un homme présomptueux qui se permettait de juger Balzac en disant: "Quel écrivain c'eût été s'il eût su écrire." En somme, il pouvait donner des leçons de style à tout le monde. Les écrivains du Nouveau Roman l'avaient bien compris. Il ne faut pas oublier que Les Gommes ou La Jalousie, romans d'Alain Robbe-Grillet, le plus grand cinéaste du sado-masochisme de tous les temps, un écrivain majeur, comme disait Vladimir Nabokov du haut de son Olympe; il ne faut pas oublier que ces livres sont des chefs-d'oeuvre. Et ne parlons pas des oeuvres qui suivirent, de Robbe-Grillet ou d'autres. Michel Butor me semble être l'auteur le plus vide de tous les temps.
Je veux être complet. Il se trouve que j'ai apprécié Bouvard et Pécuchet, les Laurel et Hardy de la littérature. Flaubert reste l'auteur d'une seule oeuvre. Une oeuvre drôle. Le reste est illisible. Je suis complètement indifférent à L'Education sentimentale, à Mademoiselle Arnoux et Frédéric Moreau.

Le mot le plus long

"La méfiance, c'est une qualité", m'a-t-on souvent répété quand j'étais très jeune. J'émettais un gros doute, me disant que les méfiants étaient, à part quelques exceptions près, des panaoïaques. Mais j'ai fait une grosse erreur, bien sûr. J'ai appris à me méfier et, surtout, à me méfier des mots, des mots de plus de trois syllabes comme, par exemple, "xénophobie" ou bien "discrimination". Il faut peut-être se résigner à penser que les longs mots finissent au fil du temps par perdre leur sens. Je pense à "fraternité", à l'affreuse "citoyenneté" et, plus loin dans le temps, "existentialisme" et même 'essentialisme". De véritables horreurs.
A propos d'"essentialisme", on accuse les contempteurs de l'islam radical d'essentialiser la religion d'Allah,, de ne voir en le Coran qu'un livre de guerre, de considérer tous les musulmans comme des islamistes, de haïr les Arabes (comme si tous les musulmans étaient Arabes...), de pratiquer de manière éhontée le racisme. Voilà. "Racisme", certes, est un mot de deux syllabes mais il semble être devenu aussi galvaudé, méprisable, plutôt, que les autres. Comme quoi il faut se garder de détester seulement les longs mots. Evidemment, l'islamophobie est un mot qui pue depuis déjà pas mal de temps l'hypocrisie, la peur, la terreur, l'humanisme dégueulasse actuel. Evidemment, l'islamophobie est une nouvelle insulte qui permet de museler, d'intimider ceux qui pratiquent tout simplement la liberté de parole, la liberté de critiquer. Evidemment, je suis islamophobe.
Il faut ajouter que les longs mots impressionnent beaucoup, surtout les abrutis. Et les enfants, qui, certes, ne sont pas tous des abrutis, mais qui aiment tant se repaître de mots interminables. Ils donnent souvent la palme au magnifique "anticonstitutionnellement."
Nous ne sommes pas sortis du bois, comme on disent les Québécois.

Rions un peu

Ségolène Royal se prend pour quelqu'un. Cela, il me semble que je l'ai déjà dit ou que je l'ai fait comprendre. Elle se prend pour une femme nouvelle qui fait fi de toutes les pesanteurs idéologiques. En effet, la révolutionnaire de bas étage, la femme providentielle, au fond, (C'est comme ça qu'il faut dire.), le sang neuf du socialisme, a tenté, ces derniers jours, juste avant le deuxième tour des Législatives, de se rapprocher de François Bayrou qui ne se doutait peut-être pas que son bon score à la Présidentielle était l'étape qui précéderait son atomisation. (Pauvre homme politique! Une sorte de fils caché de François Mittérand.) Mais attention, ce n'est pas du goût de Mélenchon qui n'a pas pour habitude de mâcher ses mots. Un homme franc, loyal, Mélenchon, d'une finesse qui m'a toujours impressionné. Un homme avec de vraies idées de gauche, qui ne la trahira pas, lui, la gauche. Ségolène, le tailleur ambulant, elle aussi, une femme à idées qui veut bousculer l'archaïsme socialiste. Il faut tout de même savoir que tout le monde a des idées au Parti Socialiste. Même Dominique Stauss-Kahn, qui ne s'en cache pas. Il a eu ces mots savoureux pendant la campagne dans sa circonscription: "Je suis le candidat à produire des idées. " Saluons un homme nouveau. L'homme qui a tout compris, l'homo socialistus.

Saturday, June 16, 2007

Lee Morgan and the Jazz Messengers


Lee Morgan With Art Blakey
Vidéo envoyée par madafonka2

Souvenirs délirants

Je ne sais pas ce qui m'arrive depuis quelques jours, je suis saisi d'une furieuse nostalgie, je suis habité par la nostagie des périodes délirantes. C'est vrai que cela fait longtemps que je n'ai plus voyagé dans l'espace, que je n'ai plus dépassé le système solaire, que le monde n'a plus basculé dans le délire. Les souvenirs prennent vite un coup de vieux. Maintenant, on a les deux pieds sur Terre, bien collés à la Terre et on devient le spectateur de sa vie navrante.
Un jour qu'un ami et moi avions mélangé de la bière et du rhum, il nous fallut très peu de temps, une vingtaine de minutes, peut-être, pour changer de monde. L'ami et moi nous rendîmes à une invitation d'une amie que nous avions en commun et chez laquelle je me mis à écrire tout ce qui me passait par la tête. Elle avait invité un collègue qui me regardait de biais, s'étant tout de suite rendu compte de mon état. Je crois me souvenir que je marmonnais des vengeances à son encontre. Plus tard, l'ami et moi allâmes à un autre rendez-vous, dans un pub devant lequel nous attendaient deux copains (Je fais bien la différence entre les copains et les amis), un couple. Nous enchaînâmes pendant au moins deux heures les téquilas frappées. Qu'il est beau parfois de ne plus toucher terre. Il faudrait faire l'éloge du délire. Nous finîmes la soirée au calva. En rentrant, je vis les rues nappées de neige, je m'extasiai devant le paysage qui s'offrait à moi, un paysage surréel. A ce moment-là, je pensais à un décor de théâtre, je pensais à Shakespeare. Je me le récitais: "To be or not to be. Perchance to dream." Très beau souvenir. Le besoin de métaphysique était assouvi. Je devenais angélique. La nuit finissait. Des bagarres au loin commençaient et avortaient tout de suite. J'entendais chanter. Le ciel était d'un rose inédit. Ma soif était étanchée. L'ami et moi finîmes la nuit bras dessus bras dessous. Le lendemain, vers midi, nous buvions un café en nous demandant ce que nous allions bien devenir. Les nuits sont décidément trop courtes.