Thursday, November 02, 2006

Brèves (6)


123) José Bové se transforme en légume (un OGM).
124) L'islamiste à la barbe la plus longue du monde a dit: "On finira par vaincre!"
125) Les préfets vont interdire les perquisitions par peur des représailles.
126) Michèle Alliot-Marie (Mam, pour les intimes) a tiré un pet d'une durée de 34 secondes, d'après Dominique de Villepin.
127) On va débrancher la machine Franz-Olivier Giesbert; voilà trop longtemps que ça dure.
128) Béatrice Schönberg va peut-être changer de ministre.
129) Dans un proche avenir, on lapidera les gens en se connectant sur Internet, sur un simple clic.
130) Un trou noir qui avance à une vitesse vertigineuse va avaler la terre.
131) Les extraterrestres ont fui la terre, paniqués.
132) Tariq Ramadan va se reconvertir dans l'illusionisme et passer à l'émission de Patrick Sébastien, le samedi soir.
133) Les toilettes sentent de plus en plus fort.
134) La population va finir par s'armer.
135) On va abolir les bus, qui sont une véritable provocation pour les jeunes déshérités.
136) Bertrand Delanoë s'est cassé la gueule en faisant du roller sur une jambe. Il aurait dû éviter de faire deux vrilles successives.
137) André Glucksmann est miné par le remords, il regrette tellement d'avoir un passé maoïste! On lui a conseillé de prendre des Lexomil.
138) Ahaminejad, l'atomiste foireux, a demandé à Jack Lang de revenir le voir.
139) Le jour n'est pas près de se lever.
140) On va abolir complètement les débats télévisés. On considère qu'il y a trop de dérives islamophobes. C'est le MRAP qui va être content!
141) Guillaume Legli a dit: "Je ne serais pas surpris si les morts revenaient à la vie."
142) Je finirai peut-être dans un camp de rééducation.

Conclusions un peu trop hâtives (13)

- José Bové n'a pas une endive dans le cerveau.
- Nous sommes à une époque néo-colonialiste.
- Le chaos, c'est dans longtemps.
- Jack Lang est un historien très sérieux.
- Les gauchistes voient la réalité des choses.
- Edwy Plenel est contre le terrorisme.
- Les jeunes des banlieues sont les communards du XXIème siècle.
- Les altermondialistes ne sont pas risibles.
- Les écologistes de Roubaix ne sont pas pollués par les islamistes.
- Le mot djihad n'a pas le sens qu'on croit.
- Olivier Besancenot ne se soûle pas le gueule pour oublier le Grand Capital.
- Alain Finkielkraut est un gauchiste d'extrème-droite.
- Ce n'est pas parce qu'il n'est pas communiste qu'on déteste Vladimir Poutine.

Wednesday, November 01, 2006

Le catholique infini



Certains ont beaucoup du mal à entrer dans l'univers de Maurice G. Dantec; il est vrai que moi-même, j'ai eu du mal à commencer Cosmos Incorporated. Mais un fois qu'on y entre, on y est bien, on ne lâche plus livre, l'aventure électronico-mystico-futuriste. Je ne lis Dantec que depuis peu. Avant, je ne le connaissais que de nom. C'est un ami qui m'en parlait, un ami qui ne le lit plus depuis Babylone babies qu'il avait trouvé trop mystique. Un soir, je lui parlai des journaux métaphysiques et polémiques Laboratoire de catastrophe générale et Le Théâtre des opérations. Il fit la moue. Plus question désormais de lire Dantec d'autant plus que celui-ci a une réputation d'islamophobe. Quand on a une telle réputation, soit on est insulté de raciste, soit, le plus souvent, on est méprisé. C'est ainsi. On ne peut rien y faire. Autant chercher à convaincre un mur. La plupart des lecteurs préfèrent les écrivaillons humanistes ou qui rédigent des niaiseries intimistes. Il faut lire Dantec. Et l'écouter, aussi. Mais va-t-on encore l'écouter sur la radio canadienne Rockik? Il semble que l'animateur de la radio, Ismaël Trépanier lui ait fait une entourloupe et que Dantec lui en veuille. C'est dommage. Entendre Dantec était toujours un grand moment, un moment comique, souvent. Une vraie bouffée d'air frais, un vrai moment de vérité. Nous étions en compagnie d'un écrivain hors-norme, hors du cadre socio-culturel risible.

Comme je n'ai pas encore lu Grande Jonction, je donne un extrait de Cosmos Incorporated:

"Milan. La guerre civile européenne a été gelée par la "paix de Sarajevo" et dans les régions dévastées par la configuration locale du Grand Djihad, qui n'allait pas tarder à se faire entendre à nouveau, durant ces quelques années de tranquillité, dans cette après-guerre qui n'est jamais que l'immédiate guerre suivante, une économie typique de ce genre de situation fleurit très vite, comme le chiendent dans un jardin mal entretenu. A Milan, lors des différentes phases de la guerre civile française, puis de l'interminable conflit européen qui s'ensuivit, des factions nationalistes italiennes se sont opposées à des milices régionalistes de la République Lombarde, ainsi qu'à des formations islamistes venues du sud de la France et des Balkans."

Le troisième tome de son journal paraîtra, semble-t-il, en janvier 2007.

Le bonheur des faux-jetons


Les débats télévisés sont toujours pour moi une source d'énervement mais en regardant F.O.G, l'émission dominicale, la dernière, j'ai bien ri. Etaient invités Raymond Barre, Jean-Paul Brighelli, une universitaire dont j'ai oublié le nom et surtout le consternant Tariq Ramadan, le professeur de l'université d'Oxford que Giesbert, le cyborg de la télé, semble fort respecter. Moi, je considère qu'un professeur d'université n'est pas forcément respectable, surtout s'il s'agit de Tariq Ramadan. Même ses ennemis s'accordent pour dire qu'il est brillant. J'entendais cela l'autre jour de Marie-Thérèse Urvoy. Si Ramadan brille, c'est comme la fausse bijouterie. Tout sonne faux avec lui. C'est très drôle à voir. Il faut vraiment être un abruti pour être convaincu par un tel phénomène dans l'entrisme, l'hypocrisie. Il fallait voir Raymond Barre opiner du menton à tout ce que racontait Ramadan. Aucune méfiance. On se laisse emporter par le bavardage sournois de ce sinistre individu qui, ne l'oublions pas, est proche des Frères Musulmans. Tariq Ramadan a raté sa vocation. Il aurait dû être prestidigitateur, ou plutôt hypnotiseur. Dans un cirque, il aurait trouvé sa vraie place. Je l'aurais peut-être applaudi, qui sait? Il a écrit une biographie de Mahomet: Mohamad. Oui, Mohamad, une translitération. Bientôt, il faudra prononcer comme cela et plus: Mahomet. Ceux qui contreviendront à la règle seront traités de racistes et même punis. C'est peut-être un peu ce que pensait Jean-Paul Brighelli quand il a dit au biographe magnifique: "Je prononce Mahomet. Je dis aussi Florence et pas Firenze." Brighelli, lui, a quelque chose à dire: l'islamisation de l'école, Lionel Jospin. Et surtout, ce n'est pas un hypocrite; il est frondeur, il dit vraiment ce qu'il pense. Quant à l'universitaire, elle semblait toute déboussolée d'être assise "entre deux extrèmes." Pauvre fille, elle a vraiment souffert pendant une heure, cette militante de l'UMP, et fière de l'être. A un moment donné, elle disait: "On dit toujours que les fils d'immigrés sont à gauche, moi je suis à l'UMP." Je vous le demande. Qu'est-ce qu'on en a à foutre?

Ce n'est pas drôle


J'ai très envie de vomir mais, tant pis, je dois continuer ce blog. Ce matin, j'écoutais un enregistrement pirate du discours de Ségolène Royal devant les militants socialistes qui la sifflaient, la huaient. Je pense que beaucoup de journalistes, surtout les "humoristes" du Canard enchaîné ne doivent plus se sentir de joie. Moi, j'ai surtout vu la misère de la pensée de la pauvre Ségolène qui brasse du vide sans discontinuer. Chapeau bas! Parler sans arrêt pour ne rien dire est un exploit. Cela, je le dis presque sans ironie. Au moment où la France est la proie de la violence quotidienne, que pourrait faire un néant sur pattes comme Ségolène Royal? Pas grand chose, à part continuer à parler et à se faire huer par les partisans de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. On s'imagine que ceux-là ont une pensée plus étoffée. Ce n'est pas vrai. Elles visent le trône, avant tout, ces vieilles tiges du mittérandisme. Elles sentent mauvais. N'oublions pas que Strauss-Kahn a été impliqué dans le scandale de la MNEF. N'oublions pas non plus que Fabius a sa part de responsablité dans le sang contaminé. On a la mémoire courte. En vérité, qu'ils soient candidats à la Présidentielle m'importe peu. Qu'ils remportent l'élection présidentielle, voilà qui me laisse totalement froid. Qu'est-ce que cela changerait si le socialisme régnait à nouveau? Nous subirions un peu plus de démagogie, certes, mais cela changerait-il quelque chose? Bien sûr que non. Nous sommes déjà écrasés par la daube humanitaire de la Droite sans scrupule. En vérité, l'opposition Droite-Gauche est devenue obsolète dans un pays qui se dirige tout droit vers le chaos. Ce n'est pas de la paranoïa, du catastrophisme, comme disent les "fins" analystes. C'est une simple conclusion à la réflexion sur la situation actuelle.
Je joins une photo de l'orthorhyncus cristatus, dit le colibri huppé.

The war


La première fois que j'ai vu Zombie, c'était dans une petite salle de cinéma de quartier; j'avais 16 ans. C'était en 1984. J'ai tout de suite été transporté. Je n'avais jamais vu ça. Ce n'était pas tant les scènes horribles du film que son rythme effréné, les acteurs et surtout la situation apocalyptique qui me passionnaient- et me passionnent toujours. Depuis, j'ai revu Zombie un bon nombre de fois; je ne m'en lasse pas. Georges A. Romero est, bien sûr, le réalisateur de La nuit des morts vivants, film de moins bonne qualité que Zombie, je tiens à le souligner, film qui ne résiste pas à deux ou trois visions. La suite de Zombie, Le jour de morts (Day of the dead) n'avait pas la puissance de l'épisode précédent mais c'était un vrai film d'horreur. Je dis cela parce que Land of the dead, sorti il y a un peu plus d'un an, est malheureusement tout sauf un film d'horreur. Un film d'action sur fond d'horreur, pourrait-on synthétiser, un film sans temps morts: de l'action, rien que de l'action. Et je ne parle pas des personnages caricaturaux. On peut à bon droit en vouloir à Georges A. Romero d'avoir réalisé une telle ordure. Cette suite ne s'imposait pas. Je suis sorti écoeuré du cinéma. Si Romero a voulu faire de l'argent, il a réussi son pari. Il m'a profondément déçu, d'autant plus que j'ai entendu dire qu'il prépare une nouvelle suite. Où va-t-il s'arrêter? Le prochain épisode mettra-t-il en scène des zombies karatékas? Je n'en serais pas surpris. Quand on se spécialise dans la merde, on n'en sort plus.
Je conseille tout de même: La nuit des fous vivants, Martin et Incident de parcours.

Tuesday, October 31, 2006

Les phénomènes


Pause-Jazz.
It don't mean a thing
If it ain'got that swing!
Thelonious Sphere Monk au piano.
Charlie Rouse au saxophone.
Larry Gales à la basse.
Et Ben Riley à la batterie.
Douwat, douwat, douwat! Dwat!

Changement de vision

Le soleil, cet assassin, me brûle.
Cela fait déjà soixante-douze heures qu'il fait jour.
J'entends des pas, des langues inconnues
(Je suis entouré d'extraterrestres,
c'est certain.) L'oiseau de paradis (phénix)
s'est posé sur ma main dégouttant de sang (vie sale);
je vais être consumé: je suis parterre à me demander qui sont ces êtres qui m'ont agressé. Je ne vois presque plus rien.
Ou plutôt si, je vois encore, mais de manière différente, comme derrière un film opaque. Mon cerveau perd de sa fermeté et, toussant, j'ai la sensation que je vais hurler toute ma haine. Oui, haine pour tous ceux qui sont debout et qui murmurent des plaintes, c'est fort probable. Oui, haine pour tous ces individus qui ont assisté au massacre spectaculaire.
Quand on y réfléchit, on a le droit de n'aimer personne.
Quand on y réfléchit, on perçoit la hideur derrière le décor en carton-pâte.
Quand on y réfléchit, derrière le rideau blanchâtre, tout devient lumineux et on finit par avoir honte de soi.
Quand on y réfléchit, la douleur s'installe. Mal aux reins, aux côtes, -le corps entier martyrisé. J'entends une sirène, c'est ça, une sirène. Je m'appuie sur mes mains blessées puisqu'il faut que je me lève. Des corps me frôlent mais je m'en dégage tout de suite, il faut quitter la foule et au plus vite. La foule est un peuple de vampires qui comptent vous vider de votre vie sale. Je devine que je suis au beau milieu d'une rue sale, elle aussi, et que je vacille. Il faudrait courir; peut-être est-on encore à mes trousses; peut-être le phénix est-il vraiment mort maintenant. Simple refus de résurrection que tout être censé pourra comprendre. Le fonctionnement du cerveau reptilien bat son plein. La non-pensée l'a emporté; civilisation décédée pendant mon agression impitoyable.
Après des dizaines de kilomètres de pensées,
le coeur, harassé, ne veut plus continuer de battre
et le corps malheureux s'engouffre dans la brèche
où gémissent, tels des chiens, l'espoir et le désespoir;
très loin, au bout du tunnel éternel.

L'écrivain qui ne bavardait pas


Je sais, je parle souvent des imbéciles. Trop souvent? Je ne crois pas. Un nouvel exemple d'imbécillité: un jour, un proche me dit que Marcel Aymé était poujadiste. J'ai préféré ne rien lui répondre. Je sentais la colère rougir mes joues. Non, Marcel Aymé (1902- 1967), mort trop jeune, n'était pas un poujadiste, ni un fasciste, un collabo, ni rien d'autre. C'était un juste, un homme droit qui, en 1942, informé de la rafle du Vel' d'Hiv, écrivit un article pour protester contre cette mesure inhumaine. Oui, c'était Marcel Aymé et non pas le cestode Sartre. Oui, un homme droit qui a su mieux que personne décrire et décrier les débordements, les dérives de la Libération, qui a été le meilleur défenseur de Louis-Ferdinand Céline, qui concluait son article sur l'écrivain maudit (à lire dans les Cahiers de L'Herne) par ses mots: "Il n'y a rien dans le dossier Céline." Il faut lire et relire le roman Uranus et la pièce de théâtre La tête des autres, autrement supérieur aux Mouches et à je ne sais quoi d'autre. Je vous recommande également Le confort intellectuel et un recueil d'articles paru aux éditions Gallimard. Il ne pas oublier non plus Les contes du chat perché.
Les professeurs de Français trouvent ces contes trop désuets, maintenant. Ils leur préfèrent la littérature dite de jeunesse et qui n'est qu'une vaste entreprise de crétinisation. On prend les enfants pour des tarés qui ne vibrent qu'aux mièvreries. Dans ces contes, il y a un véritable humour, une véritable écriture. Ce n'est tout de même pas du Evelyne Brisou-Pellen!
Marcel Aymé a été l'ami de Céline, d'un Céline hargneux, sans concession à la fin de sa vie, qui ne recevait presque plus personne, qui prophétisait l'arrivée des Chinois qui, eux aussi, se mettraient à boire comme les Français pesants. Il était sans ménagement avec son plus fidèle ami, que parfois il traitait de Juif. Il le met en scène au début de Rigodon. Marcel Aymé ne disait rien, ne parlait jamais: l'éternel taciturne.
Il y a une photo émouvante des deux amis jouant à la pétanque. Elle doit se trouver dans une des biographies de Céline.

Brèves (5)


103) Jacques Attali a le projet de devenir un grand génie de la culture.
104) Evelyne Thomas se regarde toujours dans la glace.
105) Dieudonné veut devenir comique.
106) Dominique Voynet en a assez qu'on la filme de profil.
107) Robert Faurisson, étudiant finement les émeutes urbaines de 2005, en a conclu qu'elles n'ont jamais existé.
108) Ahmed Rami s'est rasé la chatte.
109 Alain Soral a acheté un pistolet pour se défendre contre les sionistes.
110) Marc-Edouard Nabe s'est rendu compte que son lyrisme est de pacotille.
111) Christine Angot se rase les couilles.
112) Roger Garaudy s'est chié dessus. Robert Faurisson a eu ces mots: "Ce n'est pas prouvé. Nous n'avons aucun document là-dessus."
113) Michel Houellebecq a bougé un orteil.
114) Josyane Savigneau, bénéficiant d'une prothèse très efficace, pisse comme les hommes.
115) Eric Naulleau a avoué qu'il est un opportuniste.
116) Pierre Jourde relisant ses haïkus a dit: "Il faut que j'arrête mes conneries!" Tu l'as dit, bouffi!
117) Madeleine Chapsal et Régine Desforges, les démisionnaires du Prix Femina, vont apporter encore une fois leur (grande) contribution à la littérature française en écrivant à deux un roman pornographique qui donnera un grand coup de boutoir au judéo-christianisme fasciste.
118) François Hollande a dédidé de prendre un air concerné et convaincu.
119) Alain Krivine s'est insulté lui-même de bourgeois. On craint pour sa santé mentale.
120) On a demandé à Daniel Cohn-Bendit d'arrêter de péter.
121) Enrico Macias a encore pleuré sur le sort de l'humanité.
122) Le rap est devenu la bande-son de la superproduction relatant le grand djihad.

Une désagréable odeur de pourri


Ce qui compte avant tout, c'est la vérité. On disait l'année dernière que les provocations de Sarkozy et la mort de deux jeunes avait conduit aux émeutes. Aujourd'hui, on le dit encore, au mépris de toute honnêteté intellectuelle. Même Le Pen rend le ministre de l'Intérieur responsable des "incidents" (comme on dit si pudiquement) de novembre 2005, Le Pen, ce sinistre farceur, ce vieux pourri qui ne vaut pas mieux que les incendiaires des banlieues. (Je l'imagine très bien dans sa jeunnesse brûler des bus, ce titan de la vulgarité, cet épouvantail des imbéciles.) On ment, on nous ment à longueur de journées.
Si on a incendié un bus et brûlé une jeune femme à 70%, c'était peut-être pour répondre à une provocation, à une nouvelle bavure? Hé bien, non. Ce n'était pas le cas, n'en déplaise aux gauchistes moralisateurs et profondément malhonnêtes, ces pitres horribes, ces ringards de la lutte des classes et de l'égalité, ces professionnels de la larme facile, ces crocodiles même pas risibles. Non, cette incendie a été une véritable attaque commando. Et qu'on ne vienne pas me raconter que c'est à cause du chomage, de l'exclusion, de la discrimination. Ce sont des mensonges. On nous ment ou alors, on n'a plus de cerveau. C'est une volonté de harcèlement qui s'est étendu sur toute la France. Même les quartiers dits "tranquilles" sont touchés par les vagues destructrices, incendiés par les enfoirés qui bénéficient de la mansuétude injuste, criminelle de toute la classe politique et des médias.
C'est un travail concerté de destruction de la France (et des autres pays européens mais il est vrai qu'en France, la situation est plus catastrophique). Il ne faut pas avoir de doute là-dessus. Il faudrait étudier dans quelle mesure les "jeunes" ne sont pas manipulés par des puissances étrangères ennemies de la France. On doit bien se réjouir dans certains pays musulmans de voir s'embraser ce pauvre pays, qui est devenu complètement décadent, ce pays miné par la violence, la sauvagerie, la haine, l'incompétence et la lâcheté. La France se tiers-mondise. Il ne faut pas hésiter à dire ce qu'on pense vraiment. On se fait baiser par les mensonges grossiers et la barbarie sans limite.
Je reviens sur l'idée d'égalité. Je ne suis pas spécialement contre l'idée d'égalité entre le citoyens et entre les peuples. Mais cette idée a pris un sacré coup de vieux. Nous marchons sur la tête. Nous sommes en guerre. La haine nous fera tous crever, si ça continue.

Monday, October 30, 2006

Les Tragiques


Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est entre ses bras de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers; puis à force de coups
De poings, d'ongles, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l'usage;
Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie.
Mais son Jacob, pressé d'avoir jeûné meshui,
Ayant dompté longtemps en son coeur son ennui,
A la fin se défend, et sa juste colère
Rend à l'autre un combat dont le champ est la mère.
Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par les coups se redouble.
Leur conflit se rallume et fait si furieux
Que d'un gauche malheur ils se crèvent les yeux.
(Théodore Agrippa d'Aubigné 1552- 1630)

Conclusions un peu trop hâtives (12)

- Laurent Ruquier a un humour intelligent.
- Noël Mamère a décidé de devenir crédible.
- Azouz Begag est un écrivain.
- Nous n'allons pas devenir les Kabyles de demain.
- Les musulmans sont sur la voie de la libération de l'esprit.
- Voter à gauche n'est pas suicidaire.
- Ceux qui votent pour Le Pen sont lucides.
- Quand on prend le bus, on est sûr d'arriver chez soi indemne.
- Je ne vais pas finir par prendre un billet d'avion pour la Nouvelle-Zélande.
- Nous n'étions pas au bord du gouffre et nous n'avons pas fait un grand pas en avant.
- Nous marchons sur les pieds.
- Je suis un nazi islamophobe.
- Je ne suis pas de plus en plus énervé.

Les animaux

Maintenant, il est sûr que la limite est atteinte.
Nous sommes à côté du paradis: nous sommes barricadés.
Je me récite des poèmes vieux de cent-cinquante ans dans la rue et, bien entendu, on s'imagine que j'ai créé une nouvelle langue pour faire mon intéressant. Non, ce ne sont pas des animaux. C'est un troupeau d'êtres étranges qui parcourt la ville dans tous les sens dans l'espoir de trouver des victimes. Je ne crois pas me tromper. Ni des hommes, ni des animaux. Peut-être des hybrides, au fond. Ils sèment l'épouvante chez les rats.
Règle de vie à suivre: ne pas avoir peur, jamais.
Rester serein et imaginer les futurs possibles.
Surtout: ne pas perdre la tête. Les sentiments sont vos ennemis.
Si vous le pouvez, prenez des notes sur ce que vous voyez, ce que vous constatez. Prenez du recul. Ecrivez. Relisez-vous, veillez aux fautes d'orthographe. Ayez toujours une grammaire près de vous. Soyez vigilants.
Le troupeau avance, tout cède: voitures, bancs, murs.
C'est la force à l'état brut. Un oiseau est tombé de son nid. Une aile bat encore.
Mon corps semble devenir transparent.
Comme si je n'étais pas de cette époque et que j'assistais au spectacle de l'avenir.
Tout se calme, brusquement, le troupeau s'est éloigné.
Silence sur la ville en pleine désolation. Il est six heures dix du matin. (Il faut être précis.) Un chien qui boite, qui pose sa tête sur mon genou, couine de douleur. Il pose sa patte sur la feuille de papier. Je suis assis à la terrasse d'un café. Je lutte contre une forte nausée. Il faut malgré tout continuer à écrire.
Tout le monde sait que le troupeau d'hybrides va revenir.
Une simple déduction: ces êtres sont les plus forts. La résistance est nulle.
Pauvre animal, il lui prend parfois l'envie de mourir.
Heureusement, il a assez d'humour pour se moquer de lui-même, mais pas trop, l'autodérision confinant souvent à la crétinerie.
J'espère que les chiens évolueront un jour jusqu'à l'acquisition de la parole.
Les autres planètes sont inhabitables, j'entends un bruit de galops.
Je me remets à écrire. Le chien pleure, la tête, maintenant, posée sur ma chaussure.

Le fossoyeur des lieux communs


Regardez-la, cette charmante, cette magnifique tête de chien. Regardez le visage du mateau-pilon de la littérature, Léon Bloy (1846-1917). Violent Léon Bloy? Oui, mais aussi un être d'une profonde tristesse, si triste, qu'enfant, il pleurait sans discontinuer dans sa chambre et dans le noir. Tristesse incompréhensible aux autres. Il est l'auteur d'Exégèse des lieux communs, de loin supérieur à la critique du conformisme par Flaubert, livre drôle, si férocement drôle, toujours aussi drôle. Il est le méchant catholique au beau style destructeur, unique en son genre. Oui, Léon Bloy est unique, catholique, devenu catholique grâce à son ami Jules Barbey d'Aurevilly. Un catholique sauvage qui a écrit Le salut par les Juifs, livre décrié, livre antisémite pour beaucoup, mais qui demande une lecture très attentive, au style brillant comme du diamant. C'était un grand écrivain de l'Apocalypse et rien que pour cela, il a toute mon estime. A lire: Le désespéré, La femme pauvre. Un recueil de nouvelles aussi, sur la guerre franco-allemande de 1870: Sueur de sang. Et son journal. Toutes ces oeuvres sont parues au Mercure de France (de même que le Journal littéraire de Paul Léautaud, ce qui prouve que dans la Pléiade, il n'y a pas toujours les meilleurs auteurs...).
J'imagine des gens me reprocher d'écrire sur Léon Bloy, un écrivain à oublier et pas sur de grands auteurs comme Jean-Paul Sartre, des poètes comme René Char ou Paul Eluard, mais si je n'en parle pas c'est parce que ces noms-là n'ont pour moi aucune espèce d'importance, voilà tout. Si, on pourrait évoquer le style de Sartre mais, alors, dans une rubrique comique.
Chaque paragraphe, chaque phrase de Léon Bloy est un coup de burin sur le monde en totale décomposition.

Le buveur céleste

Il y a de cela peut-être un an, comme j'achetais Un singe en hiver, une libraire me dit: "Quelqu'un qui lit Antoine Blondin ne peut être foncièrement mauvais." Comme elle avait raison! Les sales types lisent plus volontiers Christine Angot ou Alexandre Jardin. Pas de doute là-dessus. Blondin (1922- 1991), j'aime le lire; il est un styliste qui est encore méconnu, un styliste qui regrettait de ne pas avoir le talent de Roger Nimier.Et pourtant, il en avait, du talent! Un styliste dont les livres ne nous font pas perdre notre temps comme les pauvres écrivaillons actuels (à part Benoît Duteurtre et Maurice G. Dantec, le paysage littéraire est désertique). Un styliste qu'on ne peut qu'avoir plaisir à lire si l'on est armé d'un peu de sensibilité. Un buveur passionné qui voyait, bien sûr, dans le petit blanc, un moyen de quitter pour un moment le monde si terrestre, qui y voyait une forme de métaphysique, comme le héros d'Un singe en hiver qui, après une abstinence de vingt ans, reprend la route pour le Yang Tsé Kiang. Un vrai mystique, comme lui dit sa femme. Je recommande aussi Le marchand de quat' saisons, L'école Buissonnière qui avait été noté 6 sur 20 par l'innénarrable bande à Philippe Sollers, les petits comiques de Tel Quel, les lourdingues du maoïsme avec lesquels j'aurais toujours refusé de boire un verre. Celui qui ne connaît pas Antoine Blondin a un trou dans sa culture littéraire, dans sa culture tout court.
Je recommande également l'excellent livre de Christian Millau Au galop des hussards. Cet ouvrage évoque très largement Roger Nimier mais un chapitre est consacré aux frasques d'Antoine Blondin qui, un jour, courut se réfugier dans une cabine téléphonique pour échapper à la fureur des consommateurs d'un café qu'il avait aspergés d'eau. Cette anedocte ne peut que nous le rendre sympathique.
Je n'ai qu'un regret: celui de ne pas m'être soûlé avec Antoine Blondin.

Sunday, October 29, 2006

L'art des pourris

Nouvelle offensive des Instantanéistes! Nouveau bus brûlé, cette fois-ci à Marseille. Avec en prime, une femme gravement brûlée (à 60%) dont on ne sait pas si elle va survivre. Pauvre femme, elle ne devait pas se douter une seconde qu'elle serait un jour la victime des barbares...Tout le monde se déclare indigné, mais moi, ce qui m'indigne le plus, c'est la lâcheté de nos gouvernants.
Lâcheté qui un jour aura de graves conséquences. Les Contre-instantanéistes se révolteront et ce sera la guerre. Il faudra bien se défendre puisque nous serons de plus en plus livrés à nous-mêmes. La police assurera de moins en moins notre sécurité. A propos de la police, le document vidéo que j'ai vu et dans lequel les policiers sont dos au mur face à des bandes de jeunes excités montre bien que le pays est tombé très bas.

Ayaan Hirsi Ali

Voilà une femme courageuse. Elle n'a pas peur des abrutis islamistes qui l'anéantiraient, s'ils le pouvaient. Mais elle est toujours vivante, n'en déplaise à ces musulmans. Essayez de trouver l'entretien qu'elle a accordé à un "journaliste" français, un type sans scrupule qui n'ouvrirait pas sa grande gueule si on insultait le christianisme. Pour elle, il n'y a pas de différence entre islam et islmamisme. J'avoue que j'ai peur pour elle. On pourrait apprendre une mauvaise nouvelle, un jour...
En parlant de mauvaise nouvelle, je viens d'apprendre, en écoutant un entretien de Marie-Thérèse Urvoy, qu'Anne-Marie Delcambre a arrêté (suspend?) ses interventions sur Rockik.com parce qu'elle s'est fait agresser. Voilà. Se faire attaquer par des musulmans semblent être devenu une fatalité. Mais je tiens à dire une chose: il ne faut pas céder au chantage monstrueux.
Puissent les Ayaan Hirsi Ali se multiplier, mais pas seulement les femmes. Les hommes aussi,musulmans ou autres, ceux qui vivent à la hauteur de leurs couilles.

Garcia Lorca

Solitude sans relâche!
Des yeux,- les miens plus petits,
plus grands ceux de mon cheval-
ne se ferment de la nuit
et ne voient l'autre côté
par où s'éloigne tranquille
un rêve de treize barques.
Mais toujours durs et limpides,
écuyers montant la garde,
mes yeux regardent un nord
de rochers et de métal
où mon corps privé de veines
consulte de froides cartes.

Louis Destouches


Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, est entré dans la carrière littéraire en 1932 avec Voyage au bout de la nuit qui a raté de peu le prix Goncourt. Celui-ci a été remporté par Guy Mazeline, auteur d'un livre honorable Les loups, qui n'a pas la puissance du Voyage. Surtout, il n'apportait rien de neuf. Comme les romans actuels. Quoique je me demande si Guy Mazeline n'était pas plus honnête que les pauvres écrivains actuels...Céline! Ce nom fait peur aux niais et aux démagogues de tout poil. Céline antisémite, certes, féroce, évidemment, mais Céline, le génie du verbe. Il faut oser monter dans son "métro émotif" qui nous emporte loin, très loin, son style qui est un éternel rigodon défiant la pesanteur humaine. Ceux qui ne veulent pas lire Céline à cause de ses pamphlets sont des imbéciles. Cela, je ne cesserai de le répéter.
Après le Voyage, il y a eu Mort à Crédit, dont le début n'a pas d'équivalent dans la littérature française, début extraordinaire, je n'ai pas peur des mots. Je suis d'habitude avare de grands mots mais pour Mort à Crédit, cela s'impose; oeuvre décriée, insultée, défendue par son éditeur Denoël (assassiné à la Libération). On traitait Céline de charlatan de l'ordure. Pour ma part, je me sens plus proche de la jeunesse du petit Ferdinand que de celle du Grand Meaulnes. Ensuite, ensuite...C'est le grand saut. Les pamphlets, le premier d'entre eux: Mea Culpa, dont une phrase me trotte toujours dans la tête: Le communisme, c'est concombre et police. Céline ne se trompait pas: le communisme (stalinien ou non) est une horreur. Ensuite,ce sont Bagatelles pour un massacre, L'école des cadavres et Les beaux draps, très beaux titres, il faut le dire.
Je crois que la photo que je joins à ce message date de l'exil au Danemark. On a un peu oublié Guignol's band (I et II) surtout Féérie pour une autre fois (I et II), oeuvre de circonstance mais où la phrase explose complètement. Un vrai régal. Céline est redevenu d'actualité en 1957 avec D'un château l'autre, oeuvre quasi médiévale, décrivant les 1142 collaborateurs réfugiés à Sigmaringen et l'époque contemporaine, les années cinquante, époque de Tartuffes: Mauriac, Sartre et beaucoup d'autres... Puis Nord, qui se passe dans l'Allemagne bombardée. Enfin, Rigodon où Céline écrit: "Le rigodon qu'est tout! Perlipopette que ça saute!" Ces mots résument toute l'oeuvre du plus grand écrivain du 20ème siècle. N'en déplaise aux pudibonds de tout espèce.
Un jour, un sinistre crétin de gauche m'a dit: "Quand on commence à lire Céline, on finit par nier l'existence des chambres à gaz." Il ne se rendait pas compte à quel point il était ridicule. On m'a souvent soupçonné d'antisémitisme et de racisme.