Saturday, March 01, 2008

Qu'est-ce qu'on va devenir?

Un jour, j'avais dit à des cinéphiles hautains que le Festival de Cannes puait (et pue toujours) la merde. Les têtes de mes interlocuteurs s'allongeaient, surtout la tête d'une admiratrice d'Antonioni et Claude Sautet (les artistes de l'ennui), qui me dit qu'il n'y avait pas assez de films chinois à Cannes, voulant me faire comprendre que les Asiatiques étaient victimes de discrimination. Les organisateurs du Festival sinophobes? Je rirais si je n'étais pas de mauvaise humeur. Oui, de mauvaise humeur. Ce n'est pas l'Oscar attribué à Marion Cotillard qui me fait grimacer. Ce n'est même pas Edith Piaf, ce génie français de la chanson (qui a conduit l'art du cri à sa perfection) qui me met dans cet état. C'est cette prétention qui consiste à s'imaginer qu'on a quelque chose à dire. La palme d'or du vide, je la donnerais sans hésiter à cette abrutie de Marion Cotillard, une fervente adepte de la théorie du complot (Ce sont ses mots) qui sait pertinemment que les attentats du 11 septembre n'ont jamais eu lieu. Ne parlons même pas du voyage sur la lune. Ceux qui n'ont pas encore compris que les Américains jouaient les astronautes sur un plateau de télévision sont des idiots. D'ailleurs, nous avons une nouvelle preuve que les chambres à gaz n'ont jamais existé. Vous rendez-vous compte? Une fausse juive qui a fait croire au monde entier qu'elle avait survécu avec les loups! Nous venons d'apprendre que Misha Defonseca s'appelle en réalité Monique De Wael. Mais Faurisson qui sait tout, qui a tout compris le savait, cela. Encore une fausse rescapée de la shoah, encore une preuve que les chambres à gaz ne sont que de la propagande. Que pense le maître à penser des antisémites du débarquement en Normandie? Une nouvelle théorie semble voir le jour, la théorie selon laquelle le débarquement allié n'a jamais eu lieu. Il faudrait poser aussi la question à Michel Bounan.

Sunday, February 17, 2008

Non-regrets éternels



Je sais, on va dire (Si j'ai quelques lecteurs; j'en ai au moins un.): "Enfin, il reprend son blog! Qu'est-ce qu'il lui était arrivé?" Pas grand chose, un peu de flemme, et surtout, je crois, beaucoup de lassitude. Me revoilà donc! Me revoilà pour évoquer la mort du plus grand chanteur à la con de tous les temps, Henri Salvador. Il a tiré sa révérence, comme disent les types négligeables, à 90 ans. Il faut croire que ce sont les pires énergumènes qui vivent le plus longtemps. Il a été enterré hier, ce faux sympa répugnant, dont on se demande comment il n'attrapait pas des crampes d'estomac, tant il se forçait à rire. Un vrai philosophe, ce mauvais chanteur, un philosophe du rire. N'oublions pas son inoubliable aphorisme de merde: "Faut rigoler!" Seulement, moi, il ne me faisait pas rire. Chaque fois que je le voyais, je sentais une grimace se dessiner sur mon visage. L'homme du rire, l'homme des bons sentiments, le type de "la chanson douce" et du lion qui était mort ce soir.
On ne peut pas regretter un individu de cet acabit. On ne peut même pas se réjouir qu'il ait fait le grand saut. Non, je suis complètement indifférent à la mort de Henri Salvador. On devrait graver sur du marbre: "Non regrets éternels". Ou bien, mieux encore: "Indifférence éternelle." Il paraît qu'il y avait foule hier pour l'enterrement du dernier grand poète du rire.

Saturday, January 26, 2008

Conclusions un peu trop hâtives (73)

- Il paraît que Mélanchon a arrêté de dire:"J'ai tout compris.", quand il se regarde dans la glace.
- Il paraît même que Delanoë va arrêter de se croire profond.
- C'est vraiment une magnifique idée d'inviter des anciens résistants déportés dans les collèges de banlieue.
- Il paraît que le boucher des Minguettes qui sert des longes de porc va continuer de survivre.
- Jacques Attali ne se dit pas tous les matins: "Je vais changer la face du monde."
-Il est faux de dire que Rachida Dati porte un masque de cire.
- Georges Frèche, cet homme qui pue la merde, ne mérite pas le poteau d'exécution.
- Une rumeur court, selon laquelle Delanoë est un homme charmant. La rumeur semble bien fondée.
- Une rumeur court, selon laquelle Besancenot est un vrai homme du peuple. Encore une rumeur fondée!
- Hugo Chavez, à la prochaine élection présidentielle, n'a aucune chance d'être le chef de l'état français.
- La nuit n'est pas tombée sur nous, définitivement.
- S'abstenir de voter n'est pas un acte citoyen. Les abstentionnistes sont des adeptes d'un pouvoir fort.

Le monstre de la lande



Il y en a qui voient loin. Il y en a même, autour de moi, qui ont des objectifs chiffrés pour 2011. Oui, pour 2011, alors que peut-être, il y aura belle lurette que la troisième guerre mondiale aura éclaté. Je remarque, d'ailleurs, que, depuis un certain temps, ceux qui attendent avec impatience 2011 contemplent l'horizon. Mais ils ne sont même pas drôles. Ils me font grimacer. A ce propos, j'ai commencé, il y a quelques temps, un poème intitulé "La Grimace". Il serait temps que je le mette en ligne.
Non, il faut arrêter de regarder l'avenir (qui sent de plus en plus fort la pisse de chat; que les chats me pardonnent; je les respecte). Le présent est accablant. Sarkozy est président; Carla Bruni est la première dame de France; Dominique Perben se présente à la mairie de Lyon; Jacques Attali est encore vivant; les chevilles de Julien Dray gonflent de plus en plus; Delanoë me donne toujours envie de vomir; les voitures crament toujours; Mélanchon sent toujours la merde; la vie est devenue invivable. Coincé entre les émeutiers et le sarkozysme, le pays est devenu un vrai cauchemar. La grimace se dessine à nouveau sur mon visage. On ne peut rien contre la grimace. Elle vous tombe dessus et on ne peut pas s'en débarasser. C'est ainsi.

Sunday, December 09, 2007

Mon ennemi personnel



Disons-le clairement. Il y a des bonheurs répugnants, surtout ceux vécus par notre cher président de la république (qui n'est pas fou, comme on le dit, surtout ce mauvais de Jean-François Kahn; c'est un vrai cynique, dans la lignée de François Mittérand). Hé oui, mesdames et messieurs, Sarkozy est heureux d'accueillir Mouhamar Kadhafi, le défenseur des opprimés terroristes, et il le dit: "Je suis très heureux de vous recevoir à Paris. " Encore un effort, Nico, et tu arriveras à tutoyer le pantin sinistre à lunettes. (Entre parenthèses, j'imagine très bien Kadhafi avec un sifflet et un canotier danser sur du Laurent Garnier, ce Dj de génie; c'est un paradoxe, oui.)
Le défenseur des faibles humiliés par l'ONU exige qu'on dédommage les peuples asservis par les colonialistes, dont on ne répétera jamais assez que tous leurs problèmes actuels proviennent de la période coloniale. C'est une évidence que, bien sûr, les racistes ne peuvent accepter. Ces racistes qui méprisent les plus faibles, les plus faibles qui deviennent terroristes. Mais le terrorisme n'est-il pas l'expression du désespoir? Le désespoir des hommes écrasés par les Américains et la juiverie internationale. Nicolas Sarkozy est un salaud.
Même ses ennemis (risibles; j'ai encore vu la pauvre Ségolène jeudi soir à la télévision; elle débitait sans se fatiguer des pages et des pages apprises par coeur) lui trouvent des qualités. Non. Ils se trompent. Il semble bien que certains êtres n'aient aucune qualité. Et en premier lieu Sarkozy (dont la tête d'abruti, parfois, est remarquable).

Saturday, December 01, 2007

Ils sont vraiment mignons

On n'en finira donc jamais. La susceptibilité des musulmans est renversante. Je crois déjà avoir évoqué l'extrême sensibilité de ces vrais croyants. Encore une histoire qui prouve que l'on doit faire preuve de délicatesse avec les fidèles de la divinité. Une institutrice britannique (dont on peut se demander ce qu'elle fait dans un pays de merde comme le Soudan) a eu la bonne idée de demander à ses élèves, des enfants d'environ sept ans, de donner un nom à un nounours. L'unanimité s'est tout de suite faite autour du nom Mohamed. Elle ne se doutait pas qu'elle commettait une grave offense, un crime. Ne savait-elle pas qu'il est interdit de représenter le prophète? On le lui a vite fait comprendre. Elle est détenue par la police à Khartoum et risque la flagellation. On a manifesté contre elle, contre cette blasphématrice, on a demandé, hurlé sa mort. Les fous d'Allah n'en pouvaient plus. Ils ne supportaient pas qu'un être inférieur, une femme par-dessus le marché, les insulte. Mais il faut tout de même dire une chose.
N'est-ce pas une faute de goût d'appeler Mohamed un être aussi attendrissant qu'un nounours? Gillians Gibbons ne sera plus en sécurité maintenant, et même en Angleterre, où la proportion de barbus extrêmement pointilleux est alarmante.

Cessons de haïr les charretiers



Depuis sa création en 1984, la chaîne Canal + a changé le paysage audiovisuel français, il faut bien le reconnaître. Depuis 1984, l'impertinence s'est installée en France, dont le visage a changé. Plus rien ne sera comme avant, comme on dit. Avant, on subissait Roger Gicquel; maintenant, (depuis des décennies, en réalité), on peut profiter de la présence quotidienne du maître incontesté de la télévision rebelle, de la connerie sur pattes qu'est Michel Denisot. Ne le boudons pas. Ses invités sont de marque; rendez-vous compte: Charlotte Gainsbourg, Yves Jégo ou Joey Starr. Et même Fadela Amara, dont le vocabulaire ne semble pas s'être enrichi depuis son plan anti-glandouille; mais ne la critiquons pas. Elle a son franc-parler, comme disent les révolutionnaires cathodiques. Hier ou avant hier (Je ne sais plus; j'ai appris cela par hasard; j'ai la faiblesse d'être dégoûté par Le Grand Journal, de ne pas regarder ce grand moment quotidien.), elle a lancé cette formule qui a dû faire frémir les amateurs de sentences, de La Rochefoucauld ou Chamfort. Peut-être passera-t-elle à la postérité. Jugez-en par vous mêmes. Elle a eu ces mots savoureux: "J'en ai rien à foutre, foutre la merde, je m'en fous." Certains stylisticiens appelleront cela un polyptote. D'autres, un langage de charretier. Ce qui est une vraie injustice.
Cessons donc de haïr les charretiers. Comme s'ils étaient les seuls à user d'un langage de merde... Elle parle comme un charretier! On peut à bon droit casser la figure de celui qui use d'une expression pareille. N'oublions pas que les amateurs de formules toutes faites ont une activité cérébrale extrêmement lente. C'est la mort cérébrale.

Sunday, November 25, 2007

Question d'honneur



Je le sais et je le déplore moi aussi: l'honneur est une vertu qui a vécu, comme disait les Latins. Mais certains cultivent encore cette vertu devenue rare. Prenez l'exemple d'Alain Delon (qui, pour moi, est tout sauf un acteur, qui est plutôt une sorte de petit con ayant bénéficié de son physique avantageux, surtout au début de sa carrière). Il se rebelle contre l'entourage de Nicolas Sarkozyescu. Admirez un peu la fulgurance de sa pensée quand il traite les collaborateurs du président de "charlots de l'Elysée." Ah, il ne se laisse pas faire, celui qui n'a jamais joué mais plutôt surjoué ses rôles! Il se console tout de même en pensant que si finalement, il n'est plus du voyage présidentiel en Chine, son cher Nicolas n'a rien à voir avec les combinards qui gravitent autour de lui. Il se console aussi en pensant que Sarkozysescu va tancer d'importance ceux qui ont osé méprisé le plus grand acteur français de tous les temps. Il sait que "oreilles vont chauffer." Il ne se fait pas de souci là-dessus.
Un phénomène, Delon. Je ne saurais trop conseiller les oeuvres complètes d'Alain Delon (qui était déjà consternant dans "Mélodie en sous-sol"; il faut dire que l'art de Henri Verneuil a souvent atteint les bas-fonds), surtout la période José Pinheiro dont le talent immense ne pourra échapper qu'à ceux qui jalousent lé génie delonien, tout en nuance, tout en finesse. Je suis sûr que le champion du pouvoir d'achat de l'Elysée est de mon avis.

Saturday, November 24, 2007

Ti amo ou la divinité pourrissant



J'avoue que c'est très dur d'entendre Umberto Tozzi dans un bus bondé de femmes voilées et occupé par quelques barbus lourdauds en basket qui semblent prêts à en découdre et tout de suite. C'est ce qui m'est arrivé jeudi dans le bus, que j'avais attendu un quart d'heure, sous la pluie. (A ce propos, on se sent plus humble à l'arrêt de bus qu'au volant de sa voiture.) A un moment donné, je chantonnais Ti amo ti amo, la tête contre la vitre où coulait la pluie. J'étais triste. Mais pas la colonie d'islamistes silencieux semblant dissimuler ou comploter quelque chose. J'étais le seul specimen d'infidélité dans le bus, je tiens à le noter, le seul à ne pas observer les prescriptions de la vraie, de la seule religion, les prescriptions de l'islam. J'étais minoritaire et je fermais ma grande gueule. Du reste, il vaut mieux serrer les fesses. On prend des risques avec les fanatiques de la divinité pourrissant.
Regardez ce qui arrive en Inde à Taslima Nasreen dont le seul crime est d'avoir porté atteinte à l'islam. Elle a dû fuir Calcutta où on s'apprêtait à la massacrer, à l'envoyer en enfer. Tant qu'elle sera en vie, on la persécutera. Elle sait ce qu'on prépare pour elle. Une bonne décapitation. Elle le sait depuis mars de cette année. La fatwa contre elle ne sera jamais levée. Son cauchemar se terminera à sa mort, qu'on espère naturelle. On nous dit que les islamistes sont minoritaires en France, en Europe, qu'on surestime leur capacité à nuire. Malek (Ilitch!) Chebel, le surdiplômé mérpisable, nous répète à longueur de journée que les islamistes ne sont pas des musulmans. Je termine par une maxime: Ceux qu'on prend pour des cons sont parfois moins cons que les ordures le croient.

Conclusions un peu trop hâtives (72)

- Il paraît que Nicolas Sarkozy ne va pas aller libérer Ingrid Bettancourt en treillis militaire.
- Quand il dit que la France va devenir le pays le plus compétitif du monde, Sarkozy est plus fou que cynique (d'un cynisme à la Laurent Fabius).
- Il paraît qu'Alain Duhamel est profond quand il dit que Besancenot, c'est le José Bové des villes et José Bové, le Besancenot des campagnes.
- Chavez se serait aperçu qu'il est ridicule quand il bombe le torse. Information pas du tout douteuse, bien sûr.
- Il paraît que dans quelques temps, le pouvoir d'achat sera bon.
- Nul doute que les réflexions sur le nation que livrera le fantôme de François Hollande (sans les éléphants, comme disent les journalistes) lors du débat qui se tient aujourd"hui à Avignon va faire trembler Sarkolecu.
- Saviez-vous que Françoise a crée la Panaf'Télé? Grande nouvelle! Je parle de Françoise de Panafieu qui à elle seule prouve que l'humanité est en progrès.
- Une rumeur court, selon laquelle Bernard-Henri Lévy est d'une honnêteté intellectuelle sans faille. Nous ne pouvons pas émettre de doute sur cette information. Surtout quand il traite ses ennemis d'antisémites et qu'il cite Godard quand il bave sur Sarkozy.
- Le porte-parole du président de la République n'a pas l'air de plus en plus niais.
- Saviez-vous que j'ai de plus en plus envie de rester en France?
- Il est juste que Mesrine se soit pris dix-huit balles dans le corps et pas Tapie.
- Ségolène Royal a dit: "Quand on a perdu un match, on ne s'incruste pas sur le terrain." Ségolène en short, ça doit être pas mal, non?

La France risible



J'ai fini par mépriser le football. La semaine dernière, j'ai regardé du coin de l'oeil une partie du match qui opposait les Français aux Marocains. J'avais l'impression que les nord-Africains jouaient bien. Ils se créaient même des occasions, comme diraient Hervé Mathoux, ou Jean-Michel Larqué, ces types antipathiques, pour ne pas dire infréquentables. Bixente Lizarazu était probablement du même avis. Mais quel est leur avis concernant l'attitude des milliers de Marocains s'étant déplacés au stade de France pour encourager leur équipe nationale, mais aussi pour siffler la Marseillaise, qui semble être tombée en désuétude depuis des décennies. (Je n'ai pas de goût particulier pour cette chanson patriotique mais il faut noter que la France est devenue un objet de risée et de haine, surtout de haine.)? Pour siffler les joueurs aussi (qui devaient se demander s'ils jouaient vraiment en France tant la colonie marocaine était importante). Non, pas tous les joueurs. Les supporters ont su reconnaître leurs frères islamiques. Pas de moqueries à l'encontre de Karim Benzema, pas de sifflets haineux contre Frank Ribéry et Nicolas Anelka, ces deux djihadistes du gazon. On le sait, tout ça.
Par contre, ce qu'on ne saura jamais, c'est le nombre de Marocains de France qui ont craché sur la France ce soir-là dans les tribunes et devant leur téléviseur. Il a bien dû y en avoir. Aucun doute là-dessus. Et ils furent nombreux. Aucun doute là-dessus non plus. Il serait temps que l'équipe de France de football soit complètement islamisée. On aurait enfin la paix. On serait soulagé. Les Chrétiens, les Occidentaux n'ont que trop vécu. Ils devraient avoir honte d'eux quand ils se regardent dans la glace.

Les mots

J'a longtemps cru aux mots qu'on me disait derrière le mur de fer. Je croyais que j'aurais la capacité de détuire ce mur. J'étais un peu présomptueux. Je croyais avoir avalé l'angoisse. Mais je n'avais pas encore perdu l'esprit; il me restait une trace de conscience; je me posais des questions; on riait derrière le mur: on savait ce qui allait m'arriver. Je rêvais beaucoup au corps qui pourrissait derrière le rideau. Des fleurs poussaient autour de moi; je les regardais comme des beautés inconnues; j'étais prêt à les manger: j'étais assis en tailleur. Les mots s'accumulaient, trop de mots. Les mots finissent toujours par se moquer de vous. C'est ainsi, on n'y peut pas grand chose. Mais le mur ne s'est pas abattu. Il est toujours là; peut-être avance-t-il; je ne peux pas savoir; je suis devenu si vite myope: la fatigue m'accable. Je n'ai même plus la force de grimacer. Il n'y avait rien derrière le mur de fer; seulement un rêve qui sentait la merde. Je commençais à puer, à infecter l'atmosphère. Je me disais des tas de choses, je me disais que j'étais au bord de la mort, que j'allais mourir emmuré, que j'allais éteindre le soleil, que la foule des mots me redonnerait la vie. J'étais floué, moqué. L'avenir se dissolvait dans l'acide sulfurique. J'étais devenu le mur. La voix encombrait mon esprit. La voix de l'entité inexistante. La voix du passé maudit.

Ce monde est vraiment trop débile



Un jour, faisant la queue à la Fnac (longue queue d'un samedi après-midi), j'entendais deux jeunes gens parler avec passion de combats, de héros, de méchants à éliminer. Je crus tout d'abord qu'ils évoquaient un livre récemment paru. Je me trompais. Ils faisaient l'éloge d'un nouveau jeu vidéo. (Il paraît qu'en Allemagne, on se sert des jeux vidéo pour combattre certaines maladies mentales; la chaîne Arte n'est pas toujours très sérieuse). Ils n'en avaient pas encore exploré toutes les possibilités. Soyons assurés qu'ils passaient de nombreuses nuits blanches. Nuits blanches d'abrutis.
On ne va pas bouder la modernité. On ne va pas être immobiliste. (A ce propos, il faudrait peut-être que j'arrête de lire Marcel Aymé.) Non, ne boudons pas notre bonheur. Les jeux vidéo sont en pleine expansion. C'est culturel, comme disent les enfants de salauds. Les concepteurs déploient des trésors d'imagination. Un nouveau jeu vient de paraître. Il concerne la guerre d'Espagne. Vous pouvez par exemple vous mettre dans la peau des nationalistes et raser Guernica. Vous pouvez même diriger la légion Condor. Ce qui serait bien, c'est que vous vous procuriez l'insigne à tête de mort que portaient les leibhusaren, les hussards de la mort. Cela vous donnerait davantage de coeur à l'ouvrage. Mais on peut aussi refaire l'histoire et sauver Guernica de la destruction. Vous seriez un vrai républicain, un républicain qui aurait sombré dans la débilité mentale. L'Espagne est un vrai pays moderne. Bientôt, on jouera en France à la guerre d'Algérie. Vous pourrez tout de suite vous transporter à la frontière tunisienne, là où s'élevait le réseau électrifié. Vous pourrez jouer au fellagh.

A propos de la merde



Ce n'est pas la première fois que ça arrive dans mon lieu de travail. Moi, je dis qu'en voilà assez maintenant. Imaginez un peu la situation. De bon matin,vous avez à peine avalé votre café que vous devez vous rendre tout de suite aux toilettes. Vous ouvrez la porte et vous constatez qu'un de vos collègues n'a pas eu le tact de nettoyer corectement, de faire disparaître toute trace de ses déchets. Hier encore, une médaillon de merde flottait à la surface de l'eau. Je suis sorti des toilettes bouleversé, les larmes aux yeux. Je sais, on va me dire que certaines personnes ne peuvent regarder leur pourriture et que même certains psychiatres considèrent que regarder sa merde est un symptôme. Mais tout de même, il faut penser à ceux qui nous succèdent aux toilettes. Question de délicatesse.
Question de délicatesse, oui. On ne va tout de même pas accuser Jacques Chirac de s'être enrichi personnellement. Ce serait infâme. Il se défend, l'ex-président, il veut se battre pour son honneur sali. On se trompe sur lui. C'est un homme honnête, un battant. Du reste, il semble que tout le monde soir contre lui. Quelle injustice! Envers un homme bourré de convictions, un vrai homme d'état qui a su relever la France (comme Mittérand, son cousin infâme). J'arrête. Mon coeur commence à battre très fort, mes yeux à s'humidifier comme hier matin. Chirac me fait le même effet que la merde.

Tuesday, November 06, 2007

Diable sculpté sur la façade de Notre Dame de Paris



J'essaye de ne pas croire à l'absurde. Parfois même, je le dis: "Je ne crois pas à l'absurde." Mais il est souvent si difficile de ne pas accepter l'existence du non-sens. Il paraît qu'un certain Bourlanges, un élu centriste, grand défenseur du rapport Balladur, a comparé François Bayrou, l'homme le plus vigilant de la république, semble-t-il, l'homme qui aurait voulu faire cent pour cent des voix aux Présidentielles, l'homme qui voulait faire péter le système, comme disaient mes collègues en regardant l'horizon; oui, Bourlanges a comparé Bayrou à Méphistophélès, le grand négateur. Bayrou est l'entité diabolique qui nie tout. Bayrou, un personnage de Goethe. J'en ai le souffle coupé. Le monde moderne réserve bien des surprises, vous en conviendrez avec moi. Méphistophélès, un précurseur de Bayrou...Moi, ça me fait rêver. Bourlanges est probablement très fier de lui, de montrer sa culture. Mais il ne suffit pas d'étaler sa culture. Encore faut-il ne pas être con. Et ça, c'est dur, je le sais. Bourlanges aurait pu fermer sa grande gueule mais cela doit être plus fort que lui. Il ne peut pas se retenir. J'allais parler de sa tête de niais mais je préfère me taire. Je ne veux tout de même pas devenir insultant. Non. Je suis saisi d'un grand dégoût en ce moment mais ce n'est pas une raison pour devenir haineux.
Bayrou n'est pas le diable mais seulement un moins que rien qu'un peu de sable efface.

Monday, November 05, 2007

A propos du vomi



Je ne crois pas en avoir déjà parlé. Je l'avoue: le dentifrice me donne parfois des nausées affreuses. A ce moment-là, je serre les dents, je lutte pour ne pas vomir. Je ne sais pas si beaucoup de gens sont dans mon cas mais il arrive que cela soit une vraie souffrance. Il est vrai, je le reconnais, que j'ai souvent l'estomac au bord des lèvres. Regarder une pâte dentifrice me soulève le coeur. A ce propos, j'ai eu la très mauvaise idée ce matin de la regarder, cette pâte, et savez-vous ce qui est arrivé? Non, pour une fois, je n'ai pas été saisi d'un spasme douloureux. Non, j'ai pensé à Pierre Sarkozy, le fils aîné de Nicolas (qui prouve encore une fois que la descendance peut-être catastrophique). Vous conviendrez que Pierre Sarkozy peut entraîner, lui aussi, des troubles gastriques. Oui, je sais, surtout moi, je suis trop sensible. Je suis trop sensible à la musique moderne et plus particulièrement au rap. Au rap, l'art des nullards. Bien sûr, Pierrot, l'homme moderne, moins que son père, bien sûr, n'est pas de mon avis. N'oublions pas que cette sorte de pantin, qui a, paraît-il, des airs de Kurt Cobain (dont certains assurent qu'il approchait le génie; on devrait interdire ce mot, encore un mot qui ne veut plus rien dire) est producteur de hip-hop. Alors, on va me dire, ce n'est pas si grave. Après tout, le hip-hop, c'est la culture jeune, il faut être tolérant, attention au racisme etc. Moi, je le suis, tolérant (pas raciste, comme pourraient le penser les fans de Nirvana ou de Noir Désir). Il paraît que beaucoup se blanchissent les dents avec du bicarbonate de soude. Et alors? Je tolère. Mais j'ai le droit d'être dégoûté, non? Je suis libre. Je vomis bien sur cette tête de noeud de Pierre Sarkozy.

Sunday, October 28, 2007

La mauvaise éducation



Je crois avoir à plusieurs reprises évoqué la mauvaise éducation des Anglais qui ne perdent jamais une occasion de se faire remarquer. "Maintenant, ça commence à bien faire!" comme disait l'épicier de mon enfance qui pestait contre la dureté de la vie. Il doit être décédé maintenant. Il s'appelait Monsieur Monnet, était natif de la Saône-et-Loire, roulait les "r", m'offrait des bonbons qu'il entreposait dans sa camionnette. Je me souviens que j'allais souvent lui acheter de délicieuses saucisses sèches, de l'excellent porc. Un jour, sa femme et lui repartirent pour leur campagne et je n'eus plus jamais de leurs nouvelles. De braves gens, la France primitive, pourrait-on dire. Heureusement, le pays a changé. Mais pas l'Angleterre qui, recroquevillée toujours sur elle-même, s'imagine que tout le monde fait comme elle, que tout le monde mange du porc. Elle s'est mise encore une fois en fâcheuse posture avec la communauté musulmane. Vous n'allez peut-être pas le croire mais les cuisiniers d'une prison de Leeds ont osé proposer des sandwichs au jambon aux détenus. Les prisonniers ont protesté, ont fait plus que protester. Maintenant, ils exigent des réparations, des millions d'euros, parlent de violation des Droits de l'Homme. Les autorités de la prison évoquent une simple erreur. Mais les musulmans ne sont pas dupes; ils ont été victimes d'une véritable provocation de la part des infidèles omnivores. Les Anglais sont vraiment des salauds. Aucun respect pour les autres cultures. Au moins, les musulmans, eux, respectent les autres religions. J'en veux pour preuve al-Andalous, qui n'est pas un mythe, comme le prétendent les islamophobes porcivores.

Sonnet XXVI

Je regarde passer cette ombre de moi-même
Qui entre dans le trou où se meut l'avenir.
Je revis le passé dans le rêve que j'aime,
Cette histoire sans fin qui ne peut se ternir.

Et j'attends dans le froid et mon dégoût extrême
Pour la nuit du matin revoit le ciel pâlir.
Je suis donc parvenu à jeter l'anathème
Sur les hommes d'en face et à les abolir.

Je ne sais qui est là, mais, ce soir, peu m'importe
De savoir qui tu es, qui est cette cohorte
De meurtriers qui croient toujours me faire peur!

La lassitude emplit ce moment de torpeur
Où la foule du songe ancien cogne à ma porte,
Cette porte s'ouvrant sur la mort du malheur.

Dolce-Gabana



C'est presque officiel, maintenant, ça y est, on le sait, Mouamar Khadafi, qui n'a que tendresse pour l'occident non-musulman, va être invité en France, au début du mois de décembre, semble-t-il. Il paraît qu'il est devenu fréquentable. J'avoue que je n'aurais jamais pensé à cela. Le chef d'état lybien qui voit très loin, plus loin que les autres, avec ses lunettes de soleil, est un homme que Sarkozy, le génie de la méditerranée, est très fier d'accueillir. Le frimeur lybien va revenir en France, dont il n'avait pas foulé la terre depuis trente-quatre ans. C'est dire si les retrouvailles vont être émouvantes. Le partenaire stratégique qu'est la Lybie (L'expression n'est pas de moi; c'est une expression élyséenne et donc d'une grande importance.) apporte son concours sans faille dans la lutte antiterroriste. Et même si cela n'est pas vrai? Et même si Khadafi est un individu louche, qu'est-ce que cela fait? Ne perdons pas de vue que le pays africain représente un potentiel commercial important pour la France, comme on l'apprend sur LCI, la chaîne de l'information, comme on l'appelle cyniquement. Les Rafale, qui sont si difficiles à vendre, pourront être achetés par les Lybiens qui, de plus, et, ça, c'est la grande nouveauté, (Décidément, Sarkozy est un homme nouveau.) entameront leur participation dans de grandes entreprises françaises. En apprenant cela, on ne peut qu'écarter les bras en signe de désespoir. Et se poser une question, question douloureuse, lancinante qui me trotte dans la tête depuis ce matin: Khadafi est-il plus pourri que Sarkozy? Question qui demande réflexion, vous en conviendrez avec moi.

Relecture de Montaigne

C'est en 1571, à l'âge de 38 ans, que Michel Eyquem se retire en ses terres. Il en avait assez de sa charge de conseiller des aides à la cour de Périgueux, des servitudes de la cour, préférait la retraite. Comment ne pas le comprendre? Cette charge devait être bien pénible pour un homme cultivé dont l'esprit se référait sans cesse à l'Antiquité. C'est à cette époque qu'il débute la rédaction des Essais, malgré sa maladie, cette maladie étrange et incurable, la maladie de l'homme de pierre qui ossifie les muscles, les tendons etc., jusqu'à la pétrification générale. N'oublions pas non plus que le philosophe qui dialoguait avec les Anciens a été poursuivi toute sa vie par de violentes coliques; on ne peut lire les Essais en ignorant que celui qui les rédigeait se savait condamné.
Je suis toujours saisi d'émotion à la lecture de Montaigne, un homme qui souffrait, un homme qui nous apprenait à mourir mais aussi et surtout à vivre. A la lecture de la langue du XVIème siècle, dite Français Moyen, en vérité, peut-être la plus belle langue française, à l'orthographe parfois fantaisiste (pas encore normée). A la lecture d'un humaniste qui, déjà à son époque, bien avant la Querelle du XVIIème siècle, Querelle inititée par Charles Perrault, avait définitivement pris le parti des Anciens. (A ce propos, je recommande La querelle des Anciens et des Modernes, et surtout, dans le même volume, l'essai de Marc Fumaroli: "Les abeilles et les araignées." ) Cicéron, Lucrèce, Sénèque... Les auteurs latins que Montaigne connaissait depuis son enfance, qu'un précepteur allemand ne sachant pas un mot de Français lui enseigna dans la langue impériale. Les auteurs latins mais aussi un auteur qui est lui-même la matière de son livre.