Saturday, October 28, 2006



Il vaut mieux prendre de la hauteur. L'air est moins vicié. L'odeur est moins forte. De plus, c'est beaucoup plus beau à voir un pays, à plusieurs kilomètres d'altitude. On ne voit pas les populations, c'est tout de même agréable, non? Et pour couronner le tout, on plane!



Une pensée pour ce saint homme, sur son lit de mort: le curé d'Ars. Si loin de la pesanteur humaine.

Brèves (5)

83) Laura Ténoudji va porter plainte contre William Leymergie.
84) Marc-Edouard Nabe préparerait un attentat à Roissy.
85) Dominique Strauss-Kahn se serait converti à l'islam.
86) Laurent Ruquier aurait parfois honte de se regarder dans la glace. C'est une rumeur, bien sûr!
87) Nagui aurait décidé de moins se foutre de la gueule du monde. Nous n'y croyons pas vraiment!
88) Philippe Sollers ne se retient pas de péter.
89) Julia Kristeva a conclu que Philippe Sollers est une femme contrariée.
90) Ségolène Royal a fait discrètement un doigt à Fabius et Strauss-Kahn.
91) Alain Krivine célébrera son propre enterrement.
92) Eric Raoult nourrit l'ambition de devenir calife.
93) Jean-Marie Le Pen trouverait sa femme de plus en plus moche.
94) Philippe Delerm a des sueurs froides dans la nuit. Paul Léautaud ricanerait en lui disant: "Allons, Philippe! Quand allez-vous finir vos niaiseries?"
95) Laurence Parisot va se raser la tête sur les côtés.
96) Alexandre Adler va exploser comme le personnage du Sens de la vie.
97) Alain Duhamel semble fatigué de parler pour ne rien dire.
98) On a découvert que Henri Sannier est un faux sympa.
99) Aulas, le président de l'Olympique lyonnais, a, dans une crise de démence, tenté d'assassiner un de ses joueurs.
100) Frédéric Beigbeder vient de s'apercevoir que son oeuvre littéraire est nulle.
101) Clémentine Autin ourdit de terribles vengeances contre ses ennemis racistes.
102) Ce pourri d'Ardisson ne peut plus sortir de la mafia. On l'a menacé de mort: on a peur, bien sûr, qu'il passe aux aveus.

Monstruosités

La contagion gagne! Nous allons tous nous transformer en chameaux! C'est une sorte de film de science-fiction qui est devenu réel. L'humanité est en danger. Elle se dirige tout droit vers la bestialité. Que pouvons-nous faire? Faire comme dans L'invasion des profanateurs de sépultures. Surtout ne pas s'endormir. Sinon, c'est fatal, on se réveille transformé. Et c'en est fini de nous. Nous nous mettons à crier comme un chameau. Nous avons un regard hautain d'imbécile sûr de lui. Pour les amateurs de vocabulaire: les chameaux blatèrent.

Eighties


Je ne pourrai jamais être nostalgique des années 80. Ce n'est pas possible. Il faudrait que je sois tombé sur la tête. Mais je ne suis pas encore devenu fou. Les années 80 ont été ignobles. L' égalitarisme vulgaire, le communisme de bazar me dégoûtaient. Les Enfoirés étaient de vrais enfoirés. J'étais hérissé par les concerts "fraternels", antiracistes, ces concerts donnés par des chanteurs consternants qui déversaient leur sirop dégueulasse à la foule délirante, à la foule complètement décérébrée, au cerveau lavé par le mittérandisme putride. Pourtant, je n'étais pas raciste; Le Pen était pour moi un monstre ricanant. Mais comment pouvais-je adhérer à ces manifestations, à ces mouvements de foule, au discours de faux-cul de Harlem Désir, de SOS Racisme? Ce n'était pas possible. Le ciel nous tombait sur la tête et personne ne semblait s'en rendre compte.
Le pire de tout, c'est la faute de goût; les Restaurants du Coeur me donnaient la nausée; Coluche était devenu un gros cafard socialo-humanitaire(il aurait dû mourir plus tôt), Jean-Jacques Goldman se prenait pour un poète, Yves Montand "résistait" contre le Front National, Canal + faisait très bien son travail de crétinisation, qu'il poursuit sans relâche, encore actuellement. L'époque était devenue insupportable, le sol semblait se dérober sous mes pieds, mes cheveux se hérissaient. Mittérand pourissait la France, Jack Lang avaient pris les rênes de la culture merdique, la France s'enfonçait dans la boue démagogique, le socialisme imposait un antiracisme autoritaire qui ne pouvait souffrir aucune discussion; Le Pen multipliait les provocations. On regrette souvent d'être né à la mauvaise époque, au mauvais endroit. Aurais-je été plus heureux à une autre époque? Une époque sans mauvais chanteurs humanistes, sans horreurs généreuses. Je ne sais pas. Les années 80 ont été pour moi l'une des périodes les plus sombres de l'histoire humaine.
Il faut avoir la mémoire des éléphants (animaux que je respecte, comme Pline l'Ancien). Il ne faut rien oublier. Il ne faut pas oublier, pour donner un exemple, Renaud, ce loubard en contreplaqué, se disant fasciné par ce grand homme qu'était Mittérand. C'était en 1988, pendant la campagne présidentielle. Il ne faut pas oublier Daniel Balavoine, la grande gueule risible et profondément malhonnête qui osait comparer la peau noire à une étoile jaune, qui est mort comme un crétin pendant cette sinistre course appelée le Paris-Dakar. Paix à son âme, disait-on jadis. Avait-il une âme, cet escroc de la chanson, qui gueulait un peu plus fort ce que le consensus humanitariste nous assénait à longueur de débats télévisés, d'émissions radiophoniques? C'était un faux révolté, un vrai mauvais chanteur.
L'horreur, c'est que les années 80 ne sont toujours pas finies. Les années 80 sont interminables. La daube humanitaire bat toujours son plein. L'humanitarisme qui a définitivement tourné le dos à la réalité. L'humanitarisme qui est responsable de la situation explosive actuelle. L'humanitarisme qui a coulé le pays. Oui, la France a fait naufrage et elle va sombrer de plus en plus bas. Il n'y a pas de raison pour que cela se passe autrement: nous n'avons plus aucune résistance face à la barbarie qui s'étend comme un cancer sur le pays.
Je parlais de François Mittérand. Il a été l'initiateur, certes, et son continuateur, c'est bel et bien Jacques Chirac. Si j'étais énervé, je dirais: "Qu'ils soient maudits, ces deux personnages sordides!" Je ferme les yeux et je regarde une plage déserte qui me fait oublier pour un court instant l'humanité pesante et délétère.

Friday, October 27, 2006

Je ne suis nulle part


Je ne suis pas partout. Je ne suis nulle part. On se méfie de moi, on doit probablement me dauber mais ce n'est pas grave. L'important, c'est que ma tête fonctionne toujours, que je continue à penser comme il le faut, à écrire. L'important, oui, est de ne pas devenir bête, de ne pas devenir cinglé. Les fous et les cons pullulent autour de moi comme des extraterrestres aux noirs desseins. Je suis vigilant. Ils ne me contamineront pas.

Dans le tunnel

Tout pourrait aller bien, je pourrais aller au bout si mes jambes n'étaient pas si lourdes. Je patauge dans une boue où se multiplient les maladies. Mais je vais aller mieux; il faut que j'avance: le bout du tunnel n'est pas aussi loin que l'on peut se l'imaginer. Avance, âme maudite. Tu marches vers la félicité. Il ne faut pas avoir de doute là-dessus. Le plafond va s'écrouler et tu verras se dérouler le ciel. Il te semblera, tout d'abord aveuglant, puis il deviendra bleu, progressivement, non pas comme la peur. Tu saigneras un peu, certes, mais qu'est-ce que le sang face à ce qui t'attend? Allez, avance, tu n'es plus bien loin. N'aie pas peur. Que crois-tu? Qu'à la sortie du tunnel, t'attend un autre tunnel? Tu es irrationnel: tu n'as pas été transporté dans un cauchemar. Tu sais comme moi que les cauchemars n'existent que dans l'imagination des malades. La santé commence à colorer tes pommettes. La pensanteur de tes jambes a abdiqué, le tunnel s'ébranle, comme un vieux véhicule qui va démarrer, tu vois la lumière naître, tu vois bien que tout a une fin; te voilà dehors: c'est comme une carte postale. Non, tu ne te figeras pas encore dans le temps. C'est trop tôt. Ne fais pas cette grimace. Tu n'es jamais content. Ce n'est pas donné à tout le monde de sortir du tunnel. Le ciel tombe à tes pieds et les arbres s'inversent. Tu ne verras donc jamais rien. Tu es trop bête, à la fin!

Art Moderne


Admirez l'oeuvre! C'est de l'art moderne, de l'art brut. L'oeuvre a été réalisée par des artistes hors-pair qui se nomment: Les instantanéistes. Leur devise est: Brûler, c'est tout un art. Ils sont de Grigny (région parisienne). Bien sûr, cette école a fait des émules depuis longtemps, déjà. La France est un pays artistique. De longue tradition artistique. Mais maintenant, on a lâché le pinceau et la terre. La peinture et la sculpture sont devenus obsolètes. On peint avec le feu, de nos jours! Longue vie aux artistes! Le passé est mort, vive l'avenir!

Conclusions un peu trop hâtives (9)


- Dominique Strauss-Kahn ne vend pas du haschich.
- Laurent Fabius ne pète pas à la gueule de Ségolène Royal.
- L'élection présidentielle de 2007 est très importante.
- Nous ne vivons pas en France une période de guerre.
- La fin du monde est remise à une date ultérieure.
- Le concierge de mon immeuble ne me lance pas des regards soupçonneux.
- La vieille pute d'en face baise encore.
- L'équipe de France de football est antiraciste.
- Le serveur du Grand Café ne marmonne pas des insultes.
- Mon banquier ne m'en veut pas du tout.
- Vous êtes bien reçus à la Caisse d'Epargne.
- Au Casino de Divonne les Bains, on ne doit pas troncher des poufiasses dans les chiottes.
- Je n'exaspère pas ma mère.
- On ne m'a jamais dit: "Tu vas trop loin!"

Le carnaval des grosses merdes


Ce n'est pas fini. J'ai toujours quelque chose à dire, à écrire. On ne pourra jamais me faire taire. C'est ainsi. J'emmerde tous ceux qui peuvent être choqués par mes messages. Et surtout les journalistes de France-Inter, cette station de radio ignominieuse. Et tous les "humanistes" qui sentent l'étron tellement ils ont peur. Il faut savoir que c'est carnaval tous les soirs, dans les banlieues. Au moins cent trente voitures brûlées quoitidiennement. Le chiffre est officiel, bien sûr. Combien de voitures brûlent réellement chaque soir? Le saura-t-on un jour? Bénéficierons-nous un jour d'une véritable information? On ne peut qu'être pessimiste.
En attendant, le carnaval des grosses merdes continue, les illuminations perdurent, les victimes s'accumulent, les discours humanistes pullullent comme des rats typhiques, toute résistance est insultée, bannie, marginalisée. J'entends les sirènes de pompiers, les sirènes qui gémissent comme pour une dernière fois. Mais je ne me laisserai pas aller. J'ai expulsé de moi toute tendance à la tristesse. Il faut être fier de soi, faire abdiquer toute honte. Le sourire se dessine dans mes yeux qui étaient presque morts, naguère. Je bois un grand verre d'eau fraîche.
Grosses merdes, je ne peux pas vous sentir. Vous n'avez aucune excuse.

Ode à la pourriture


Fini de rire! J'ai été encore trop gentil. On me trouve trop souvent sympathique, cool, comme on dit. Maintenant, ça suffit. Je le dis franchement: PAS DE QUARTIER POUR LES POURRIS! Les violeurs, les destructeurs de tout poil. Les ennemis qui n'ont aucune pitié pour nous. Nos ennemis qui ne rêvent qu'à une chose: notre disparition pure et simple. Nos ennemis qui ricanent en détruisant tout sur leur passage. Nos fêtards mortifères. Et leurs défenseurs qui font profession de mépriser les victimes des barbares. Toute cette gauche qui pue le faisan corrompu. Toute cette droite spectrale qui ne veut surtout pas perdre l'élection présidentielle de 2007. PAS DE QUARTIER POUR LES BÂTARDS! La pitié se doit de décéder une bonne fois pour toutes. Elle a trop fait de ravages. Elle est devenue ridicule. Je la méprise, cette connasse. Qu'elle crève une bonne fois pour toutes, cette traînée! Que le pus explose et qu'on n'en parle plus! De l'histoire ancienne, maintenant... Nous allons tous finir enculés par l'absolu, si ça continue.
C'est bien mieux, maintenant. Je suis assis en tailleur, serein. Il y a peu de chances pour que je redevienne sympathique, cool, gentil.

Le bonheur des enfoirés


Il y a un réel plaisir à attaquer, brûler des bus; à faire la chasse aux policiers. Les Français, les Chrétiens méritent ce qui leur arrive. Ce sont des pourris qu'il faut harceler, violenter, violer, brûler. Ce sont des salopes que l'on se doit de sodomiser avec sauvagerie. Que du bonheur! Voir s'élever les flammes dans les airs est une véritable volupté. Qu'ils viennent, les pompiers, et la fête continuera. Les pompiers méritent d'être lapidés, frappés. The show must go on. Quand la France sera complètement à feu et à sang, le bonheur sera à son comble, le bonheur des enfoirés; ce sera l'apothéose de la félicité sordide. Ce sera la fête sur le cadavre du pays, de l'Occident. On trépignera de satisfaction. Les humiliés, les opprimés se seront vengés. Le soleil illuminera le visage des assassins et nos chagrins et nos plaies.
C'est ça, le vrai plaisir. Le plaisir de l'anéantissement. Nous n'échapperons pas à ce destin; les gouvernants sont atteints de molesse et de corruption. L'odeur de pourri s'est levée un jour et stagne dans l'air depuis des décennies. J'ai l'impression de défaillir, comme asphyxié.
Nous sommes pitoyables (les deux sens du terme!). Nous avons peur des enfoirés et nous avons du dégoût pour nous-mêmes. Moi, je n'ai pas peur; je ne me déteste pas; mon cadavre bouge encore: il est prêt au combat, s'il le faut.

Thursday, October 26, 2006

Conclusions un peu trop hâtives (8)


- Mon cousin se mouche.
- L'épicier de Marché Plus ne se méfie pas de moi.
- Les islamistes de la Guillotière (place du Pont) ne semblent pas vouloir contrôler la situation.
- Je suis un islamophobe paranoïaque.
- La nostalgie est une passion dangereuse.
- Tout porte à penser que l'avenir sera pacifique.
- Tout porte à penser que la viande n'a pas tourné.
- Ma cousine n'a pas un gros cul et ne parle pas comme un canard.
- Mon ami Fabrice ne me prend pas pour un poujadiste.
- Mon ami Romain n'est pas mon seul lecteur.
- J'ai un rapport désaxé avec l'argent.
- Les extraterrestres nous adorent.
- Certains de mes amis ne vont pas se détourner de moi.

Pitié pour les enculés


Cela va-t-il recommencer? Je viens d'apprendre qu'il y a quelques jours, place des Terreaux (Lyon, pas la banlieue), un policier, encore un policier, s'est fait tabasser et que cet après-midi , des bus ont cramé à Vénissieux. Pauvres jeunes, ils sont à plaindre. Leur violence est l'expression de leurs frustrations, c'est ça? Il faut vraiment être un parfait imbécile ou un hypocrite, un salaud pour oser voir dans le chômage et l'exclusion la raison des troubles sociaux. Un pyromane, un pillard, un violeur n'ont aucune excuse, n'en déplaise à l'angélisme ambiant, -angélisme nauséeux, nauséabond des fantômes qui nous gouvernent, des journalistes qui sont de véritables propagandistes haineux. En parlant de haine, j'ai lu tout à l'heure sur un site ces paroles d'un jeune "révolté" d'une banlieue: "Si Sarko est président, il va y avoir des morts." Qu'il fasse bien attention, ce jeune, que la situation ne se renverse pas, que, en d'autres termes, la population ne commence pas à se défendre. (Quand les peuples sont livrés à eux-même, on aboutit à la boucherie pure et simple.) Les crâneurs des banlieues feraient sous eux. Et ce serait le chaos. La France se remettrait-elle d'une guerre civile? Il faudrait reconstruire le pays détruit. On n'aurait plus pitié des enculés.

Brèves (4)


63) Arnaud Viviant est amphibie.
64) Pierre Bellemarre a dit: "J'en ai marre d'écrire des conneries!"
65) Luc Besson vomit tous les matins.
66) Marie-Georges Buffet va se raser la tête.
67) Patrick Sébastien ne cesse de baver.
68) Désormais, Dominique de Villepin discourra en short, après le jogging.
69) Nicolas Sarkozy fait souvent de gros efforts pour ne pas avoir une tête d'abruti.
70) Claire Chazal ne serait pas réelle. Une information à prendre au conditionnel, bien sûr.
71) Christine Boutin a dit: "On me prend pour une conne!" Non, on la laisse!
72) Roselyne Bachelot aurait dans l'idée de changer de voix.
73) Bruce Toussaint veut en découdre avec William Leymergie.
74) Evelyne Dhéliat s'essaye à l'humour noir. Elle en a marre de l'humour météorologique.
75) Nathalie Rihouet lutte contre l'approfondissement de sa débilité mentale.
76) Maïté pisse chaque fois dans la casserole.
77) Lara Fabian fait fuir les vaches quand elle chante dans la nature. On les comprend: sa voix est très impressionnante!
78) Hélène Ségara est convaincue qu'elle est magnifique.
79) Michel Denisot essayerait de sourire moins stupidement.
80) Charles Berling a dit: "Je crois que je suis en train de péter les plombs." On s'en doutait!
81) Jean-Marie Le Pen apprend aussi la langue perse.
82) Serge July va perdre la raison.

Des trucs horribles

Je me suis regardé dans une flaque d'eau, la semaine dernière, et je me suis dit: "Tu es vraiment un dégénéré." J'avais l'impression de regarder aussi mes (faux) frères européens. J'avais surtout la sensation d'entamer une chute de plusieurs centaines de mètres. Je bafouillais un poème vengeur contre les Européens repus et en voie de sous-développement; je me posais une quantité de questions, auxquelles, bien entendu, je ne trouvais pas de réponses immédiates. Je voyais comme sur un écran de cinéma des peuples s'affronter, des bains de sang devenir fleuves, j'entendais des hurlements. Mes tympans me faisaient souffrir; je n'osais pas parler, de peur de réveiller les cadavres qui auraient envie eux aussi d'en découdre. Je me suis forcé à me réveiller. J'ai lutté pour ne pas me rendormir, pour ne pas plonger encore une fois dans la tempête. J'ai tout de même fini par sombrer. Je me suis retrouvé au beau milieu d'un carnage. Moi, on ne pouvait me faire du mal; j'étais d'une autre époque; j'étais à l'intérieur d'un film. Tout cela était frappé d'irréalité. Mais j'avais peur, tellement peur que mes sphincters anaux évacuaient ma pourriture. Puis j'ai rêvé que je me réveillais. J'ai fini par me réveiller vraiment. Tout allait pour le mieux. C'était l'époque qui précédait la catastrophe. J'aurais pu écrire un poème sur les petites fleurs mais je n'avais pas encore récupéré toutes mes forces herculéennes. Les rêves sont nos pires ennemis. C'est la pensée du jour, jour maussade.

Le chant d'amour

Voici de quoi est fait le chant symphonique de l'amour
Il y a le chant de l'amour de jadis
Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
Les cris d'amour des mortelles violées par les dieux
Les virilités des héros fabuleux érigées comme des pièces contre avions
Le hurlement précieux de Jason
Le chant mortel du cygne
Et l'hymne victorieux que les premiers rayons du soleil ont fait chanter à Memnon l'immobile
Il y a le cri des Sabines au moment de l'enlèvement
La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales
Le tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour des peuples
Les vagues de la mer où naît la vie et la beauté
Il y a le chant de tout l'amour du monde

(Guillaume Apollinaire)

Guérison

Hier, la fatigue, la maladie mentale me faisaient mal en m'enlaçant. Je poussais des cris de rat pris au piège. Je me démenais mais j'étais beaucoup trop faible pour faire face aux dangers qui me menaçaient. Aujourd'hui, le silence s'est réchauffé dans le soleil attiédi et presque au bord de la mort, de la souffrance. Et je suis partout, dans tous les cercles, je deviens incernable; tous les paysages du monde se superposent, tous les monuments aussi: ils sont perméables et je passe à travers eux comme un ectoplasme. Je n'entends pas rire dans mon dos, cette fois. Ceux qui ironisent sont des imbéciles, c'est bien connu. Ils n'ont rien dans la tête. D'ailleurs, ont-ils encore une tête? Elle a dû creuser un trou entre leurs épaules. Leur vie me laisse totalement indifférent. Voilà le mot lâché: indifférence. Je ne crois pas encore être parvenu à cette faculté-là. Mais cela ne saurait tarder. C'est la première fois de ma vie que je suis optimiste. Si ça continue, je vais me mettre à ricaner comme mes ennemis paranoïaques. Et le tintamarre recommencera et j'aurai beau me mettre la main sur les oreilles. Rien n'y fera. Non, tout va bien se passer. Je me réveillerai au milieu de la nuit boréale.

Retranscription de l'entretien radiophonique sur Guillaume Legli


Emission animée par Jean-Michel Poitiers. Participation de Monique Laiglon, Didier Lounge, Marcel Arnaud et Patrick Mancuso.
Jean-Michel Poitiers: On dit de lui que c'est un génie mais aussi que c'est un réactionnaire, un violent, un malade mental. Vont paraître des poèmes de Guillaume Legli dans quelques mois. Si je vous ai réunis, tous les quatre, ce matin, c'est que Guillaume Legli devient presque un phénomène de société et que la question cruciale se pose: Peut-on tout dire?
Didier Lounge: Non, je dis non tout de suite. Guillaume Legli fait illusion.
Monique Laiglon: Legli est loin d'être un génie!
Didier Lounge: Tu as raison, Monique. Il y a des choses qu'on ne doit pas dire.
Patrick Mancuso: Dans une société laïque et républicaine comme la nôtre, il y a un certain nombre de propos que nous ne pouvons pas laisser passer.
Monique Laiglon: C'est devenu une mode, le passéisme, la réaction. C'est devenu chic. La vérité, c'est qu'un vrai ou une vraie militante de gauche ne peut qu'être écoeurée par la personnalité de Guillaume Legli.
Jean-Michel Poitiers: Marcel Arnaud?
Marcel Arnaud: Si je suis venu ici, c'est un peu contre mon gré, vous savez. Nous ne devrions pas parler d'un poète sans importance, qui éructe plus qu'il n'écrit. Il y a tant d'auteurs dont on ne parle jamais, ça n'a aucun intérêt de parler de Guillaume Legli. Il n'apportera rien à la littérature française. De plus, ses positions sont proches de celles de l'extrème droite. Il ne faut pas l'oublier. Il ne faut pas oublier non plus que, certes, il est sorti de l'hôpital psychiatrique où on le soignait mais qu'il n'est pas guéri. Guillaume Legli est un véritable danger public.
Monique Laiglon: Son antiféminisme est patent. On ferme les yeux là-dessus. Il faut dénoncer des propos qui datent de l'âge de pierre.
Jean-Michel Poitiers: Vous êtes connue pour être une militante qui ne mâche pas ses mots. Vous avez montré à plusieurs reprises la force de vos convictions.
Monique Laiglon: On se doit de dénoncer Guillaume Legli. Il bénéficie de la complaisance de certains éditeurs. Pour moi, ces types sont sans scrupules.
Patrick Mancuso: Legli ne semble pas s'être rendu compte que la société a évolué, que nous ne sommes plus au 19ème siècle. La nostalgie est dangereuse. Elle mène à l'extrème droite c'est forcé. Elle conduit tout naturellement au totalitarisme.
Jean-Michel Poitiers: Didier Lounge?
Didier Lounge: Je suis à peu près du même avis que Patrick. La nostalgie est évidemment un sentiment dangereux qu'il faut bien se garder de cultiver. Guillaume Legli est une caricature, c'est tout ce qu'on peut dire de lui. Ce n'est pas parce qu'on dit des choses inattendues qu'on est forcément un génie. A une autre époque, Dali racontait des choses complètement folles mais il ne faut jamais perdre de vue qu'il soutenait le général Franco.
Monique Laiglon: Qui était loin d'être un féministe!
Patrick Mancuso: On ne pouvait pas le soupçonner d'être féministe! (Rire général)
Jean-Michel Poitiers: Marcel Arnaud? On ne vous entend pas beaucoup.
Marcel Arnaud: Si je suis venu ici, c'est surtout pour présenter des poèmes chinois de 2ème siècle avant Jésus-Christ. Evidemment, c'est bien supérieur à du Guillaume Legli.
Jean-Michel Poitiers: Je voudrais revenir sur un point que nous n'avons fait qu'effleurer. Il s'agit bien évidemment de la vision politique de Guillaume Legli.
Marcel Arnaud: Il n'a pas de vision politique! C'est un catastrophiste sans intérêt!Un bruit court, selon lequel Guillaume Legli assisterait à des meetings du Front national...
Monique Laiglon: Ce n'est pas qu'une rumeur! On ne peut pas être poète et fasciste en même temps. Ce n'est pas possible! Guillaume Legli est un facho et puis c'est tout.
Jean-Michel Poitiers: On reconnaît là votre franc parler. Un mot, peut-être, pour finir? Didier Lounge?
Didier Lounge: Il faut en finir avec les forces qui travaillent contre le progrès humain.
Jean-Michel Poitiers: C'est joliment dit. Monique Laiglon?
Monique Laiglon: Nous avons un devoir de grande vigilance en cette période où la mode est à la nostalgie.
Patrick Mancuso: Guillaume Legli n'est pas un vrai poète.
Marcel Arnaud: J'espère que la prochaine fois, nous nous entretiendrons sur un autre poète, un vrai poète.
Jean-Michel Poitiers: Merci à tous.

Wednesday, October 25, 2006

Conclusions un peu trop hâtives (7)


- Il faut boire un verre dans un bar lounge.
- Je me noie dans l'alcool.
- La France est toujours judéo-chrétienne.
- La France ne court aucun danger.
- Le Pays de Gex est une contrée culturelle.
- A Gex, les races n'ont pas dégénéré.
- On ne se gratte pas le cul en attendant le bus pour Ferney-Voltaire.
- Yves ne se gratte pas les testicules.
- Les nouveaux-nés sont enviables.
- Le communisme est rentré se coucher.
- Mon cousin a dû sortir de prison.
- Laurent Fabius, la nuit, se fait des cheveux.
- J'aurais été pendu à Nuremberg.
- Mon père ne me prend pas pour un menteur.

Regret


Je suis désolé. J'aurais voulu écrire plus de messages mais j'étais pris. J'ai déjeuné avec une amie. J'ai trop bu. Je lui ai dit que je la voulais. Elle l'a mal pris. Elle était attristée. Mais ce n'est pas grave. Je ne me sens pas coupable. La nuit est tombée et c'est bien mieux comme cela. Oui, c'est bien mieux, maintenant. Tout va pour le mieux. C'est l'apothéose de la félicité. Je suis à moitié ivre mais je n'ai pas perdu ma lucidité. Je suis assez lucide pour dire que je ne voterai pas à l'élection présidentielle, que les candidats sont des guignols, qu'il ne faut pas voter. Même pas voter blanc. Le dimanche 22 avril 2007, restez couchés. C'est ce que vous avez de mieux à faire, citoyens! Il faut lire. Le reste a-t-il de l'importance?
Je lisais hier soir dans le train (Genève-Lyon) Harmonika-zug de Dominique de Roux, un roman bien écrit, soigné. Du travail sérieux. Le travail sérieux existe-t-il encore? Je connais un ouvrier polonais qui ne cesse de travailler, toujours anxieux, qui court à droite, à gauche. Voilà un homme à qui je tire mon chapeau. Il faut lire Italo Svevo, Léon Bloy, Paul Léautaud, Jules Laforgue et François Villon. Le reste a-t-il vraiment de l'importance?
Il faut continuer à écrire.

Enfin!

Ce matin, ma tête a doublé de volume. Je suis fatigué mais cela ne m'empêche pas de penser. J'ai regardé une vidéo, un clip, comme on dit, qui mettait en scène des ordures banlieusardes tabasser à quatre ou cinq (oui, à quatre ou cinq; ces pourris n'existent qu'en meutes) des gens qui ne peuvent pas se défendre, brûler vif un homme qui osait se rebeller contre la barbarie. C'est ce genre de vidéo que l'on peut se procurer à la FNAC. Quand ces horreurs se multiplieront, c'est inéluctable, la France, toute l'Europe s'écroulera. Cela aura été la chronique d'un écroulement progammé. Je vais mieux, maintenant. Comme toujours, quand j'écris des poèmes ou des messages sur ce blog.
Beaucoup trop de musulmans sont les ennemis des pays qui les accueillent. C'est une réalité. Pas du délire. Ce sont les paranoïaques qui vous traitent de paranoïaques. C'est bien connu. La situation ne pourra pas aller en s'améliorant. Les nuits sont déchirées par les flammes. N'ayez aucune confiance envers les hommes politiques qui se présentent ou se présenteront à l'élection présidentielle 2007. Cette élection est un non-événement. Celui ou celle qui sera élue sera un énième fantoche, un être sans réelle personnalité et qui aura peur, comme la plupart des Français. Les Français, un peuple courageux jadis, ont complètement dégénéré. Mais ils ne sont pas les seuls. Les Espagnols sont ridicules, les catholiques italiens aident à la construction de mosquées en Italie. Quant aux autres tribus européennes, ce n'est pas mieux.
Je me sens de mieux en mieux. J'ai le sourire. Mais mon âme est si souvent glacée...
Un conseil: regardez de vrais films d'horreurs, pas ces clips de salauds.

Sunday, October 22, 2006

C'est pas dur!


Musulmanes, encore un effort, un gros effort si vous voulez vous libérer de la tyrannie! On attend Super Wonder Woman! Elle nous ferait rêver! Plus que les femmes voilées et les autres à burka! Vivent les femmes!

Brèves (3)


42) Le prochain roman de Marie Darrieussecq sera encore une fois phénoménal.
43) Le prochain spectacle de Guy Bedos sera encore une fois très provocateur.
44) Ségolène Royal se cogne le nez contre les portes.
45) Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ourdiraient un plan terrible contre la chère Ségolène. L'un des deux aurait même chuchoté: "Elle ne s'en remettra pas."
46) Raffarin va aller vendre des bananes sur les marchés.
47) Enrico Macias ferait un dédoublement de personnalité. Certains parlent même de "détriplement".
48) L'islamiste à la barbe la plus longue du monde a dit: "Les Français, c'est tous des pourris! Même les Arabes! Je les emmerde tous!"
49) Jean-Marie Le Pen apprend la langue arabe. Ce sera plus facile pour faire des compliments à ses amis islamistes, iraniens ou autres.
50) David Pujadas a les hémorroïdes.
51) William Leymergie va arrêter de regarder par en-dessous.
52) Guillaume Durand a arrêté de se gratter le nez.
53) Amélie Nothomb a encore publié un chef-d'oeuvre.
54) Michel Drucker aurait dans l'idée de devenir sincère.
55) Line Renaud a encore raté sa tarte aux pommes.
56) Véronique Genest se prend pour une grande actrice.
57) Mathilde Seigner aurait encore grandi. C'est irréversible, selon son médecin, ça va continuer
58) Gérard Depardieu prend son nez pour son cul.
59) Michel Polac fait de la lévitation.
60) Pierre Jourde se prend pour un grand écrivain du XIXème siècle.
61) Sabine Azéma va encore jouer dans un chef-d'oeuvre français.
62) On va écrire un livre sur Arditi: "Un artiste engagé"

Encore eux!


Encore une photo de rois nègres. Si ça continue, je vais léviter! Ce sera une belle nuit obscure et mystique!

Tous des pourris


Extrait de l'entretien houleux que nous a accordé (de mauvaise grâce) Guillaume Legli, dont le long poème sur les Pères de l'Eglise paraîtra, si tout va bien, en janvier 2007: " Arrêtez de me poser des questions, bande de bourrins! Vous ne savez pas de quoi vous parlez! Vous vous prenez pour qui? Vous ne connaissez rien à la littérature! Vous vous croyez mieux que les autres. Mais vous êtes aussi pourris que ceux que vous détestez! Nous allons droit vers la catastrophe et je m'en réjouis! Une guerre nucléaire pour en finir une bonne fois pour toutes avec le genre humain! Je suis le dernier poète de l'humanité! Fermez-la! Si vous me posez encore une question, je vous casse la gueule! Dieu nous est hostile, je vous dis! " Et quelques minutes plus tard: " Vous êtes tous incapables de comprendre ce que j'écris! Vous vous croyez intelligents parce que vous êtes diplômés? Les étudiants sont devenus incultes, les femmes ont changé de sexe, mon voisin veut m'assassiner, les chiens vont finir par nous bouffer, les banlieues sont à atomiser, vous êtes tous des pourris, mon cousin a honte de moi, les putes se réjouissent de mon sort! Sortez de chez moi! Je ne vous avais pas invités! Que je ne vous revoie plus! J'écris pour Dieu, maintenant!"
Notre journaliste a eu une côte cassée dans la bousculade. Selon le psychologue Marcel Bernasconi, Guillaume Legli souffre d'une crise violente de paranoïa qui peut se retourner contre lui-même. En d'autres termes, le poète Guillaume Legli serait au bord du suicide.
C'est tout de même un génie!

Conclusions un peu trop hâtives (6)

- Tous ceux qui critiquent l'islam sont racistes.
- Canal + n'est pas une chaîne de dégénérés.
- TF1 est la pire chaîne de télévision.
- Le boulanger de l'avenue Jean-Jaurès n'est pas devenu fou.
- Les footballeurs ne sont pas des roublards.
- La Coupe du Monde de football est chaque fois un événement historique.
- Les socialistes ne dansent pas le rap chaque fois que Ségolène Royale monte dans les sondages.
- Marie-Georges Buffet ne rêve pas parfois à l'instauration de la dictature du prolétariat.
- Mon ancienne voisine de palier ne faisait pas semblant de jouir.
- Les émeutes urbaines étaient l'expression de la souffrance sociale.
- Les policiers sont des pourris qu'il faut tabasser.
- Les journalistes ne sont pas des propagandistes.
- Mon collègue se prend pour de la merde.

Le fantôme du paradis

J'ai perdu mon corps. Cette perte a été très soudaine. Serais-je devenu un pur esprit? J'entends qu'on rit dans mon dos. On doit me trouver un petit peu trop prétentieux. Je suis donc dans un rêve. Il n'y pas d'autre explication possible. Je rêve que je suis au paradis. Je suis un fantôme, voilà. Quelque chose me dit que je ne me réveillerai plus et que cela sera bien mieux comme cela. Je reconnais que la vie réelle n'a plus vraiment d'importance. Je m'en suis aperçu la semaine dernière en sortant d'un pub complètement ivre. J'avais bu trop de pintes de Guinness. Du Paddy, aussi, je crois. Je regardais les fesses de la serveuse. J'étais peut-être déjà un fantôme à ce moment-là. Je me souviens bien, mes pieds ne touchaient pas le sol; oui, j'étais déjà un défunt. J'avais toujours ri à l'idée que dans une foule de cinq cents personne, il y a toujours un ou deux morts qui se promènent. J'étais bête, je suis devenu intelligent. Je suis assez content de moi, finalement; quand je me regarde dans le miroir, je vois à travers mon corps. C'est mon nouveau jeu. Puis je me récite un poème de Saint-Jean de la Croix. Ni en français ni en espagnol. A dire vrai, je ne sais pas en quelle langue je parle. On continue de rire dans mon dos. On me trouve ridicule. Oui, c'est vrai, l'humanité est risible. Je suis un fantôme dans le paradis.

Saturday, October 21, 2006

Brèves (2)


22) Olivier Besancenot va se laisser pousser la barbe pour cacher un peu sa tête de pine.
23) Michel Polac, dans ses crises de délire, se prend pour un poète bouddhiste.
24) Serge Moati souffre d'une tendinite aux bras.
25) Le prochain livre de Franz-Olivier Giesbert sera génial.
26) Le prochain film de Luc Besson sera un chef-d'oeuvre.
27) Tariq Ramadan va porter un string.
28) Gérard Miller aurait dans l'idée de fermer sa gueule. Toujours les rumeurs!
29) Bernard-Henri Lévy, prenant tout à coup conscience de sa nullité littéraire, aurait fait une tentative de suicide.
30) Bernard Tapie va arrêter de se pincer le gland.
31) Un islamiste, converti au judaïsme, s'est suicidé. Il ne pouvait plus se supporter, bien sûr. Il était devenu son propre ennemi. Selon des sources autorisées, sa santé mentale était déclinante, depuis quelques temps.
32) Lilian Thuram va écrire des poèmes magnifiques.
33) Nicolas Sarkozy va fumer le narguilé.
34) Selon des sources autorisées, encore une fois, Matignon serait hanté. Nous nous sommes entretenus avec le célèbre occultiste Marcus Ganymède qui nous a affirmé que Dominique de Villepin est visité tous les soirs par le fantôme de Lamartine.
35) Ségolène Royal aurait fait une pétition contre son mari, François Hollande.
36) Les journalistes de Libération ont le projet d'un suicide collectif.
37) Les journalistes du Figaro ne se torchent plus le cul.
38) Morgan Sportès a promis d'être plus nuancé sur la collusion entre les maoïstes et les Américains.
39) Bernard Kouchner aurait décidé d'arrêter la comédie de la sincérité.
40) Marc-Edouard Nabe s'est rendu compte qu'il n'est pas un génie.
41) Philippe Sollers est visité toutes les nuits par le fantôme de Diderot qui se moque de lui.

Silence

Tais-toi un peu, ma colère. Tu as trop marché, maintenant. Je sais, tu n'es pas fatiguée, allonge-toi tout de même, ça vaudra mieux. C'est vrai, tout n'a pas marché comme tu le voulais. Des trous se sont formés dans le parquet; tu ne pouvais le prévoir: tu as failli sombrer; tout va mieux maintenant. La nuit est tombée comme ma main sur ton épaule, avec sérénité. Tu as l'air si triste, parfois. Il faut t'endormir, ma colère, t'endormir peut-être pour toujours. Tu ne peux continuer à vivre de cette manière. Les trous dans le parquet vont se multiplier et tu n'auras aucune chance de t'en sortir, ma colère, ma sainte colère. Et on se moquera de toi. Ce sera ton supplice éternel: on ne cessera jamais de rire de ta pauvre dégaine. Ce seront toujours les mêmes qui s'esclafferont. Tes ennemis, les pires êtres vivants que l'homme ait connus. Ceux qui te détestaient tellement qu'ils auraient pu t'anéantir s'ils en avaient eu le courage, le pouvoir. Je t'aime tout de même, ma colère, même si parfois tu me fais honte. Regarde au loin le songe qui marche sur un rayon crépusculaire. C'est vrai, il n'est rien de plus beau que le crépuscule. A ce moment-là, les êtres venus d'un passé très lointain adressent un sourire à la clarté de mes rêves.

Glose (en style divin)

Sans appui et avec appui
sans lumière en l'obscur vivant
tout entier me vais consumant

Voilà mon âme déssaisie
de toutes les choses créées
au-dessus d'elle s'est levée
en une savoureuse vie
s'étant sur Dieu seul appuyée
alors désormais on dira
chose qui m'est du plus grand prix
que mon âme à présent se voit
sans appui et avec appui

Bien que je subisse la nuit
au sein de cette vie mortelle
mes souffrances ne sont point telles
car si la clarté me trahit
je possède la vie du ciel
car l'amour de pareille vie
plus va sans cesse s'aveuglant
et plus il tient l'âme ravie
sans lumière en l'obscur vivant

L'amour accomplit tel labeur
depuis que je sais qu'il est là
qu'avec du bien du mal en moi
il donne à tout même saveur
et l'âme il la transforme en soi
et en son savoureux brasier
qu'au centre de moi je ressens
en hâte sans y rien laisser
tout entier me vais consumant

(Saint Jean de la Croix)

Brèves (1)


1) Mouloud Aounit a perdu deux cheveux.
2) Nicolas Sarkozy se coupe en pensant à la présidentielle.
3) Un islamiste est tombé, en marchant sur sa barbe.
4) Dominique de Villepin porterait un masque.
5) Ségolène Royal porterait un dentier.
6) Raymond Domenech a décidé de ne plus bomber le torse.
7) Jean-Louis Debré est obligé de faire un gros effort de concentration pour réfléchir.
8) Le visage d'Arthur s'allonge de plus en plus.
9) Un autre islamiste prépare un concours de barbes.
10) Jean-Louis Borloo aurait décidé d'être moins vulgaire.
11) Dominique Strauss-Kahn va jouer aux boules avec les ouvriers.
12) Selon un sondage sérieux et même quelques intellectuels engagés, Patrick Sébastien est un homme formidable.
13) Selon un autre sondage, tout aussi sérieux, 90% des Français sont choqués quand on leur dit que Michel Drucker est un faux-cul.
14) Guy Bedos a des poux dans sa perruque.
15) Franz-Olivier Giesbert, le plus grand écrivain français après Yann Moix, aurait décidé d'être moins hautain. Evidemment, ce n'est qu'une rumeur.
16) Marie Darrieussecq a mangé de la merde.
17) Michel del Castillo aurait été saisi d'une crise de démence.
18) Christine Angot est dans une situation désespérée.
19) Jacques Chirac a décidé de porter une perruque.
20) Aude Lancelin aurait décidé d'avoir un air plus sympathique. Encore une rumeur!
21) Jean-Marie Le Pen pense à se convertir à l'islam.

Modern misery

L'antiaméricanisme est très souvent le symptome d'une bêtise congénitale. Il n'y a qu'à voir dans quel état sont les admirateurs de Michaël Moore, le sous-Coluche des niais... Pourtant, l'Amérique est, pour qui s'y penche quelque peu, un pays de culture et pas seulement de la bouffe dégueulasse. Il est vrai qu'en France ou dans d'autres pays européens, on mange beaucoup mieux qu'aux Etats-Unis. Je veux dire que nos surgelés sont meilleurs que les horreurs gastronomiques américaines, c'est bien connu.
Oui, l'Amérique, un pays qui gagne à être connu. Je ne connais pas d'écrivains français actuels (Ah, les exceptions...) qui aient le talent d'un Kerouac, Pound, ou même Burroughs (William). Ou même de Francis Scott Fitzgerald. A l'évidence, les Européens sont plus bêtes que les Américains. Il ne faut pas avoir de doute là-dessus. Je ne suis pas pro-américain. Je ne suis pro-rien-du-tout. Mais parfois, il faut mettre les points sur les i, à défaut de les mettre sur la gueule. Ce n'est pas l'envie qui me manque, parfois! A un moment donné, ce n'est plus la peine de discuter; il faut en découdre et puis c'est tout.
Quant au cinéma, n'en parlons pas. Les réalisateurs français actuels sont ridicules quand on les compare à Brian de Palma ou Clint Eastwood. Je pourrais les comparer aussi à Alfred Hitchcock mais je deviendrais cruel. Je ne vais pas en rajouter. Non que je sois un adepte des bons sentiments. Je me fiche pas mal des réactions, des sentiments que je peux susciter. Mais aujourd'hui, je ne veux pas me fatiguer plus que je ne le suis.
The Paradise!

Télévision


Dans les débats télévisés, tout le monde est d'accord sur le fond. Il n'y a que des différences de détail. Il suffit de regarder Ripostes, émission animée par le magnifique Serge Moati, le gesticulateur même pas drôle, pour s'en apercevoir. Admettons qu'il y ait un débat (foireux) sur l'islamisme ou plutôt sur l'affaire Redeker. On nous dira que la condamnation à mort du professeur est condamnable mais que l'on ne doit pas stigmatiser les musulmans, que l'on se doit de dénoncer les racistes islamophobes. C'est malheureusement cette dialectique de petit pédé qu'on nous impose à longueur d'émissions télévisées. Où tout le monde se respecte, en apparence, évidemment. Mais quand un chroniqueur, un journaliste ou je ne sais quoi d'autre, un psychanalyste ouvre sa grande gueule, c'est pour répeter un peu plus fort ce que le consensus (maladie mortelle) idéologique nous assène en permanence. Je regardais hier soir sur un site Gérard Miller, l'insulteur pincé,traiter de salaud Marc-Edouard Nabe. Bien que n'ayant pas de sympathie particulière pour cet écrivain pro-islamistes, je me suis mis de son côté, tant la morgue, l'infatuation, le faux courage de ce sinistre individu qu'est Miller me dégoûtaient.
Seigneur, aie pitié de nous, pauvres pécheurs.

A Francis Jammes

Ô Jammes, ta maison ressemble à ton visage.
Une barbe de lierre y grimpe, un pin l'ombrage,
Eternellement jeune et dru comme ton coeur
Malgré le vent et les hivers de la douleur.
Le mur bas de ta cour est doré par la mousse,
La maison n'a qu'un humble étage, l'herbe pousse
Dans le jardin autour du puits et du laurier.
Quand j'entendis, comme un oiseau mourant, crier
Ta grille, un tiède émoi me fit défaillir l'âme.
Je m'en venais vers toi depuis longtemps, ô Jammes,
Et je t'ai trouvé tel que je t'avais rêvé.
J'ai vu tes chiens joueurs languir sur le pavé,
Et, sous ton chapeau blanc et noir comme une pie,
Tes yeux francs me sourire avec mélancolie.
Ta fenêtre pensive ouvre sur l'horizon;
Voici tes pipes, ta vitrine qui reflète
La campagne parmi les livres des poètes. (...)

(Charles Guérin)

Conclusions un peu trop hâtives (5)


- L'avenir sera pacifique et tolérant.
- L'idée d'égalité n'est pas devenue décadente.
- On n'a jamais vu de clochard (SDF, pour les imbéciles) en bleu de travail.
- Ma collègue de travail ne boit pas de lait.
- Certains titres de films d'Eric Rohmer ne ressemblent pas à des titres de films X.
- Les films de Claude Chabrol n'ont pas vieilli.
- Le vrai communisme n'a jamais été instauré.
- Le stalinisme a été une dérive du communisme.
- L'islamisme n'est pas le communisme du XXIème siècle.
- Ma voisine de palier n'avait pas perdu la tête.
- Mon chien était gentil avec tout le monde.
- Mon oncle n'a pas une tête de con.

Le lendemain


Les lendemains chantent. Vous êtes sûr? Non, je plaisante. Il y a belle lurette que les fissures se multiplient dans le sol. C'est pour bientôt, alors. Ma grimace se transforme en sourire,en un beau sourire, je crois. Il faudrait que je me regarde dans le miroir pour en être certain. Mais je n'ai pas envie de me lever, ce matin. Je souffre de fainéantise. Le sol commence à craquer; moi aussi, je craque. Cela ne m'empêche pas d'écrire; j'écris de plus en plus vite. De plus en plus vide. Il faut écrire même si on a bu, même si on a mal à la main, même si la catastrophe frappe à votre porte. Elle frappe si fort que la porte va céder. Je chante un chanson improvisée; je deviens fou, peut-être. Lève-toi et remarche! Je vais m'effondrer si ça continue. Je prends mon ombre dans mes bras. Un rêve s'accroche à mes lèvres. J'ai trop de mal à articuler. Je bégaye trop. Je ris de mon handicap. Il n'y a pas de doute: la folie m'enveloppe comme un drapeau. C'est ma patrie. L'idéal m'emplit comme du bon vin rouge. Quand on se penche à la fenêtre, on regarde un film de morts-vivants.

Sunday, October 15, 2006

La malédiction

Si Jacques Chirac se présente une troisième fois à la présidence de la république, ce qui n'est pas impossible, il sera encore élu, c'est forcé. Ce serait cinq ans d'ignominies supplémentaires. Ce serait quatorze ans de mittérandisme et dix-sept ans de chiraquisme. Plus de trente ans de démagogie, d'écroulement progressif du pays. Mais même si le Charlot de l'Elysée ne se représente pas, cela aura fait vingt-six ans de néant politique, de moralisation écoeurante. Mittérand et Chirac ont gâché notre vie, -en tout cas, la mienne!
Mais les autres, les autres, là, ceux qui visent le trône, ne sont pas mieux. Leur but est de néantiser davantage le pays.
Mais cela ne vaut pas la peine que je m'emporte.Il faut raison garder, comme on dit souvent. L'élection présidentielle du printemps 2007 ne peut intéresser un homme raisonnable. Elle n'a aucune importance. Nicht zu sagen, comme disait Karl Krauss.

Demain matin

La puanteur commencera à se lever. Elle me réveillera de mon abrutissement. Les routes droites sont interminables, c'est bien connu. Impression de patiner sur un tapis roulant avec, en prime, toujours le même paysage, le laid paysage, le faux décor, bien sûr. Petite crise nerveuse, à un moment donné. Passagère, comme chaque fois mais si pénible. Le jour se lèvera à la tombée de la nuit. J'aime bien cette phrase. Elle est si authentique. Arrivé à destination, je tournerai en rond et ce sera comme si je n'avais pas voyagé. Comme si j'avais pendant deux heures et demi tourné en rond. Ce n'est pas si désagréable que ça, d'avoir le vertige. Seuls les imbéciles ont toujours la tête sur les épaules. On posera sa main sur la mienne et on me dira que de toutes façons, ça n'en vaut pas la peine. Je ne demanderai pas de quoi on me parle. Ce qu'on dit n'a plus aucune espèce d'importance, désormais. Ce qui compte, c'est de quitter le monde, ne serait-ce que pour un très bref moment, de partir vraiment. Peut-être vais-je me mettre à pleurer, qui sait? Comme avant. Comme lorsque j'étais enfant et que je subissais de graves injustices. Mais qu'importe? Comme disait l'autre: Tout ce qui m'arrive est admirable. La journée va être longue.

Tombeau du poète

Par les sentiers abrupts où les fauves s'engagent,
Sur un pic ébloui qui monte en geyser d'or,
Compagnon fabuleux de l'aigle et du condor,
Le Poète nourrit sa tristesse sauvage.

A ses pieds, confondus dans un double servage,
Multipliant sans cesse un formidable effort,
Les Hommes, par instants, diffamaient son essor:
Mais lui voyait au loin s'allumer les rivages.

Et nativement sourd à l'injure démente,
Assuré de savoir à quelle ivre Bacchante
Sera livrée un jour sa dépouille meurtrie;

Laissant la foule aux liens d'un opaque sommeil,
Pour découvrir enfin l'azur de sa patrie
Il reprit le chemin blasphémé du soleil!

(Léon Deubel, 1879-1913)

Bande- dessinée

C'est loin, maintenant. Cela date de l'époque où la situation n'avait pas encore tourné au vinaigre, où l'on n'avait pas encore commencé de se flageller. Il est vrai que la nostalgie est parfois un peu ridicule mais comment ne pas être ému? En réalité, le néant est plus fort que tout; c'est une force qui emporte tout et contre laquelle on ne peut lutter. Une catastrophe définitive. Nous, Européens, sommes en pleine déliquescence, il faut bien se l'avouer. Aucune foi en rien. Le mot de décadence qui fait sourire les niais est une triste réalité. La décadence, c'est Canal +, l'islamisme, Renaud, Dominique de Villepin, le rap, Ségolène Royal et Diam's. Et tant d'autres! Je reviendrai là-dessus.

L'entretien

Guillaume Legli, poète, s'exprime après un séjour de quatre ans dans un grand hôpital psychiatrique de Lyon.
Nouveauxtemps: Ca va?
Guillaume Legli: Ca va, ça va mieux. Je me suis remis à boire. On m'a gavé de cachets pendant quatre ans, vous savez. J'étais un vrai mort-vivant. Je revis, maintenant. Il paraît que j'étais trop nerveux et que j'étais un danger pour moi et pour les autres. C'est des comiques. Ils feraient mieux de boire, comme moi. On deviendrait amis. C'est mes ennemis.
Nouveauxtemps: C'est rédhibitoire?
Guillaume Legli: Oui, définitif. Mais il n'y a pas que les psychiatres. Il y a aussi les concierges, les porte-clefs, les islamistes, les strings, les enseignants, Chirac, les chameaux, les gouines, les écrivains...et d'autres pourris encore...
Nouveauxtemps: Vous détestez tout le monde?
Guillaume Legli: Vous, je vous déteste parce que vous posez des questions. J'ai commencé un nouveau livre de poèmes: La fin de l'humanité. J'ai croisé Sollers. Il m'a dit qu'il ne suffit pas d'être malheureux pour devenir poète, écrivain, qu'on peut être heureux et écrire, écrire sur le bonheur. J'ai toujours cru qu'il portait une perruque, mais non, ce sont ses cheveux. Je n'en revenais pas. Il avait l'air pressé. Il repartait peut-être pour Venise. Il est en train de se momifier. Il a peut-être toujours été une momie.
Nouveauxtemps: Vous allez être publié dans L'Infini?
Guillaume Legli: Sollers me l'a pas proposé et puis je me fous pas mal de sa revue à la con. J'ai jamais pu lire un texte jusqu'au bout. J'ai autre chose à dire: Pascal disait que le monde est un hôpital de fous où il est fou de ne pas être fou.
Nouveauxtemps: Ce n'est pas très cohérent, ce que vous racontez. Vous parlez de Sollers, puis de Pascal, juste après... Vous vous considérez donc comme quelqu'un de raisonnable? Vous n'êtes pas fou? Il semble tout de même que vous ayez eu quelques accès de nervosité, votre long séjour en hôpital psychiatrique tendrait à le prouver.
Guillaume Legli: A le prouver? Quelles preuves? Dès qu'on a décidé que quelqu'un est fou...Je peux prouver facilement que vous êtes complètement givré. Mais le problème n'est pas là. Le problème, c'est mon cor au pied. Mais ce n'est pas seulement cela. Les écrivains, les artistes sont des ordures. Mais les autres aussi: les présentateurs de jeux télévisés qui ont dépassé en vulgarité et en cynisme tout ce qu'on peut imaginer et les présentateurs de journaux télévisés, je ne vous en parle même pas! Il y a des tsunamis qui se perdent! L'occident devrait crever une bonne fois pour toutes. Il y a une sorte d'injustice. Il faut toujours que les tremblement de terre touchent l'Indonésie, la Thaïlande, des pays de merde, des pays de misère et de dictature. Dieu nous est hostile.
Nouveauxtemps: Vous êtes très mystique, vous n'avez pas changé là-dessus. Vous nous aviez parlé la dernière fois, en 1999, d'un poème sur les Pères de l'Eglise. Où en êtes-vous de la réalisation de ce projet?
Guillaume Legli: J'ai beaucoup lu Basile de Césarée, Irénée de Lyon et les autres génies chrétiens. J'ai écrit quelques poèmes là-dessus. Je n'écrirai jamais de roman, qui est un art inférieur. Je laisse ce ridicule à des gens comme Didier Van Cauwelaert ou Amélie Nothomb. Amélie, je ne donnerais jamais ce nom à ma chienne. Tout cela pue la prétention et le dérisoire. Ces gens ne méritent pas qu'on parle d'eux. Je rêve de l'ère de la grande synthèse. Tout le monde dans la charrette, sans distinction de race, de couleur de peau.
Nouveauxtemps: Vous êtes un poète apocalyptique. Un critique, il y a quelques années, vous a comparé à Ezéchiel.
Guillaume Legli: Ezéchiel, Daniel, Malachie, tous ces noms sont merveilleux. Il n'y a rien de plus beau que les noms hébraïques. Pour un poète, ces noms ont des sonorités particulières. Si on fait la liste de tous les prophètes juifs, on obtient un poème!
Nouveauxtemps: A quand la publication de votre poème sur les Pères de l'Eglise?
Guillaume Legli: Je n'ai plus envie de parler. Bonsoir!
A paraître: La fin de l'humanité

Le rire de Léautaud


Paul Léautaud, un des plus grands écrivains français du vingtième siècle, né le 18 janvier 1872 et mort le 22 février 1956, est l'auteur du Petit Ami, d'In memoriam, de Passe-temps, des Chroniques de Maurice Boissard, de Propos d'un jour. Et surtout de Journal littéraire, un livre immense, dans les deux sens du terme. A la fin de sa vie, il a accordé des entretiens à Robert Mallet, individu consternant, c'est le moins qu'on puisse dire.
Sarcasmes, moqueries, colères et profonde mélancolie, pour résumer le très cher Léautaud. Je méprise ceux qui le méprisent.
S'il revenait à la vie, il serait horrifié par notre modernité ahurissante. Il préférerait remourir.

Conclusions un peu trop hâtives (4)


- Les extraterrestres admirent l'humanité.
- La mort, c'est le néant sans fin, à deux mètres sous terre.
- Mon ex-beau-frère a un cerveau.
- Les amis de mes amis sont mes amis.
- Nous ne vivons pas encore sous l'Occupation dans mon immeuble.
- René Char n'était pas un poète prétentieux.
- Jacques Prévert était un poète.
- Les esclavagistes étaient tous blancs, judéo-chrétiens.
- Les Américains sont coupables de tous les maux de la terre.
- J'ai tort.
- Les présentateurs de télévision sont des gens honnêtes et bienfaisants.
- Le chanteur Renaud est à plaindre.
- Divonne les bains, c'est beaucoup mieux que Ferney-Voltaire.

Saturday, October 14, 2006

Dans la machine (2)

La voix envahit tout l'espace mais aussi tout mon être, je suis la voix.
Être ou suivre.
"Pour le moment, tout se passe très bien, tout se passe comme prévu,
Tu es heureux de ta nouvelle vie (non-vie), tes yeux le montrent.
Il faut pourtant faire très attention, le refrain de l'angoisse peut revenir te bourdonner dans les oreilles.
Quand la nostalgie s'installe, on ne peut plus retourner en arrière.
C'est une malédiction mythologique, la chaîne est trop lourde à porter,
On finit par se haïr soi-même, essayer d'écrire des poèmes sur la candeur,
Mais on a perdu jusqu'à l'habitude d'écrire
Et la nouvelle vie n'a plus de fond."
A ce moment (mort)-là, je pourrais me boucher mes semblants d'oreilles,
Faire le sourd, mais je sens comme une odeur, une odeur étrange,
Un mélange de terre et d'eau, oui, de la boue.
Est-ce elle qui me parle alors que je suis debout
Debout, les bras en croix, alors que je marche sur l'asphalte sublimée,
Sublimée, les jambes arquées, les yeux et la bouche grands ouverts sur
Sur un point blanc qui semble grossir vers moi? A moins que
A moins que ce ne soit moi qui m'en approche.
Approche, la voix a peut-être raison après tout.
Suis-je la victime d'une illusion paranoïaque?
J'ai la sensation d'entamer une chute profonde.
La beauté entre en dégénérescence,
La santé est déliquescente,
Le monde reparaît avec l'angoisse,
Les revoilà, c'était donc un cauchemar, un cauchemar si séduisant qu'on aurait pu croire à sa réalité, qu'on aurait pu y croire comme on croit au fer et au feu.
Fer, terre, air, eau, feu.
A l'extérieur, c'est une autre histoire. Je vois.
Je vois des traces de pas, des traces creusées par des mastodontes,
Des monstres aux desseins épouvantables,
Des animaux antédiluviens, à la morphologie grotesque,
Des hommes, peut-être, aussi, mais cela est moins sûr, à moins que les êtres décrits plus haut ne soient des êtres humains.

Affolement


Une collègue regardant un policier me disait l'autre jour qu'il avait l'air idiot et qu'elle n'aime pas les policiers. Puis elle m'a parlé de son voisin qui est lui aussi policier et dont les enfants ne doivent pas avoir une vie facile, leur père étant forcément très autoritaire. Comme je ne disais rien, elle m'a demandé, l'air inquiet:
- Tu aimes la police?
J'ai encore gardé le silence, ce que je regrette un peu maintenant. Nous ne vivons pas sur la même planète, cette femme et moi. A-t-elle pensé une seconde aux policiers qui ne peuvent entrer dans certains quartiers sans se faire tabasser? Elle y a peut-être songé en se disant qu'ils méritent qu'on les traite de la manière la plus violente. C'est plus que probable. Il est vrai que les agresseurs sont des opprimés qui ont le droit de se défendre contre le néo-colonialisme.
Ma collègue doit avoir une bien piètre idée de moi. Tant pis. Elle regardera ses chaussures quand les émeutes recommenceront (c'est presque sûr) après le ramadan. Elle dira qu'on ne parle que de cela aux informations et qu'on n'aborde pas les vrais problèmes qui minent la France. Elle prendra un air dépité et moi, je ne lui dirai pas bonjour. Je lutterai contre la nausée.
Pensée pour Salvador Dali, le plus grand peintre du XXème siècle, bien au-dessus de Pablo Picasso dont les tableaux horrifiaient Luis Bunuel. A Jacques Chancel qui lui demandait: "Qu'est-ce que c'est, un clown, pour vous?", Dali répondit:" Le clown, c'est vous, c'est le monsieur qui fait rigoler chaque fois qu'il pose une question." Grand moment aussi quand il annonçait son prochain pélerinage à Saint Jacques de Compostelle avec John Lennon.
Pensée aussi pour le Christ crucifié et ressuscité.

Anita!


- Anita, Anita! I feel something!
- What, Roy? The heat?
Let me off uptown!
Pour ceux et celles qui n'ont jamais entendu parler d'elle: Anita O'Day, chanteuse de jazz.

Ô ma jeunesse abandonnée...

Ô ma jeunesse abandonnée
Comme une guirlande fanée
Voici que s'en vient la saison
Et des dédains et du soupçon

Le paysage est fait de toiles
Il coule un faux fleuve de sang
Et sous l'arbre fleuri d'étoiles
Un clown est l'unique passant

Un froid rayon poudroie et joue
Sur les décors et sur ta joue
Un coup de revolver un cri
Dans l'ombre un portrait a souri

La vitre du cadre est brisée
Un air qu'on ne peut définir
Hésite entre son et pensée
Entre avenir et souvenir

Ô ma jeunesse abandonnée
Comme une guirlande fanée
Voici que s'en vient la saison
Des regrets et de la raison.

(Guillaume Apollinaire, Vitam impendere mori)

Colère


Quand je me mets en colère, j'ai la sensation de léviter. Je les vois, autour de moi, ces fantômes qui ont perdu toute faculté de révolte. Ils courbent l'échine, ils ont honte d'eux-mêmes. On leur fait honte. Bientôt, ils n'auront plus droit à l'existence. Ils seront rayés de la carte des vivants. Ils n'auront jamais vécu. A moins qu'un jour, la hargne ne gronde, que la Terre n'arrête de tourner. Il faut bien comprendre qu'à un moment donné, il va falloir se battre pour notre survie, à tous, nous, les Européens. Que nous ne pourrons pas perpétuellement honnir notre passé. La honte ne peut être éternelle; tout finit par perdre de sa force et c'est tellement mieux comme cela...La colère fait vivre. Mon sang court plus vite depuis quelques temps.
Il faudrait écrire un livre intitulé: Manuel de survie à l'usage des Européens.

Happy afternoon

L'après-midi est grise mais si belle. Oui, elle est dénuée de toute tristesse. Mon cerveau, souvent si lourd, a perdu de sa pesanteur. Je peux maintenant me remettre à penser, dans le calme et le silence. Je n'ai plus à redouter une attaque nerveuse, comme celle d'il y a quelques temps, cette attaque qui m'a tant épuisé. Ceux qui prétendent que le bonheur n'existe pas sont des imbéciles ou des malhonnêtes ou même des malfaisants. Je relis d'anciens textes sur des papiers froissés par le temps. Le temps passe vite, certes, mais il se dirige vers la sérénité. C'est comme si la joie muette était présente avant d'être là. Comme si toutes les périodes de la vie se déroulaient simultanément. Devant le miroir, je me vois aussi bien à gauche qu'à droite. Je suis omniprésent. Je possède le don d'ubiquité, comme vous, comme tout le monde. Nous sommes minuscules, nous sommes des particules, au fond. Le ciel est mon manteau. J'hésitais à rédiger cette phrase; maintenant, j'en suis très fier. Je suis fier de moi. La honte est frappé de sénescence. J'ai voyagé dans un trou et je suis revenu à moi.

Le gâteau creusois


Un ami de Parsac (Creuse- 23; que ceux qui froncent les sourcils regardent la carte) vient de m'appeler. Il passe l'agrégation interne de Lettres Modernes et vient de renoncer à faire une dissertation sur Paul Claudel. Comment l'en blâmer? Les non-vers de Paul Claudel souffrent de surcharge pondérale. Ils nous restent sur l'estomac.
Il reste que la Creuse est un très beau pays que je vous encourage à visiter.

Conclusions un peu trop hâtives (3)


- Nous sommes libres de nous exprimer.
- J'ai quotidiennement envie de vomir.
- Les dentifrices ne donnent pas la nausée.
- L'homme est en progrès depuis des décennies.
- Nous n'allons pas tous mourir du choléra.
- L'Europe ne sera jamais surpeuplée.
- En 2030, tout le monde mangera à sa faim, en Europe.
- Toutes les jeunes filles de douze ans portent une culotte.
- Il vaut mieux vivre avec les vivants qu'avec les morts.
- Mes cousines sont toutes très belles.
- Les Français sont le peuple le plus intelligent de la terre.
- Ma voisine ne trompe pas son mari.

New times


Parfois, j'ai envie de casser la gueule à tout le monde tant je suis énervé. Je suis illuminé par la nuit obscure. Bientôt, la violence aura atteint un tel niveau d'intensité que les autorités seront dépassées et que moi, comme vous, nous serons bien forcés de nous défendre. L'avenir est-il au surarmement? La réponse est positive, évidemment. Aucune confiance. Les hommes politiques sont des dégénérés. Je pense aux socialistes dénués de tout sens des réalités, aux gauchistes irresponsables et suicidaires. Et aux hommes de la Droite traditionelle, complètement décrédibilisés. Je pense aussi à Jean-Marie Le Pen, au rire si vulgaire, et, surtout, si pro-islamistes et à Philippe de Villiers qui fera peut-être partie d'un gouvernement UMP si Sarkozy, le faux dur, le vrai dhimmi, est élu président de La République. Où va-t-on, comme disait l'autre. Droit dans le bain de sang. Il n'y a pas de raison pour que cela aboutisse à autre chose. Trop de haines se sont accumulées, s'accumulent. Faîtes bien attention à vous... La vie humaine ne vaut plus grand chose, de nos jours.

Sunday, October 08, 2006

Dans la machine (1)

A l'intérieur, tout est pour le mieux.
L'homme voit la neige fondre ainsi que des silhouettes massives, et même la concrétisation des rêves. C'est l'endroit où l'âme a été évacuée. Le sol se dérobe sous les pieds de l'homme, ou plutôt le contour de ses pieds. Il faut être très précis. Tout se passe comme je l'avais prévu, comme elle l'avait prévu, la machine. Elle me faisait peur mais la peur est devenue obsolète depuis quelques secondes.
L'imagination ne peut avoir de fin.
Avec l'imagination, la matière se dissout.
Dans l'imagination (la machine), ce sont d'irréelles larmes de joie. La chair et le sang n'ont plus lieu d'être; évanouissement.
L'esprit est libéré. Réduit à un souffle, l'homme peut même se regarder et rire de lui-même, c'est bien la moindre de choses. Il ne veut pas se haïr.
Le monde est mort, c'est l'extase.
Le monde des vivants est devenu ancien, si risible;
Risibles aussi les civilisations successives.
Un seul éclat de rire peut ébranler l'univers.
C'est la joie sereine qui l'emporte et puis c'est tout.
Je suis éternel, j'étais incompréhensible, je ne comprends toujours pas pourquoi j'hésitais à y pénétrer. Il est trop facile de se mépriser et c'est la raison pour laquelle j'ai lutté contre cette tentation, que je suis sorti vainqueur de ce combat de tous les instants. Au fond, je suis une sorte de héros. Je vois d'immenses photos au loin, comme des combats antiques, de tous les temps, figés dans le temps. La chronologie est décédée.
Tout se passe en même temps.
Il ne faut pas regarder derrière soi. Regarder derrière soi, c'est regarder sa mort, celle de tout à l'heure.
Il ne faut pas cesser d'avancer; c'est ça, il faut continuer sa route indéfiniment.
Peut-être, au bout, se passe-t-il quelque chose d'encore plus étonnant; tout peut arriver.
Je suis seul mais la solitude est devenue une bénédiction.
La lumière qui me suit à la trace (la Divinité) m'emplit.
Je ne pensais pas qu'un jour, je jouirais dans les ténèbres.
Dans quelques minutes, il va se passer quelque chose; j'ai la sensation que je vais disparaître et qu'il ne restera plus que la lumière qui émane de moi.
Quelqu'un me le souffle; mon esprit s'obscurcit; la folie est bien réelle; vous ne vous en doutiez pas, hein?
Moi, je l'ai toujours su, de toute éternité.

Mes amis


J'aime les rois nègres quand ils nous transportent dans un lieu situé au-delà de la physique. J'aime la métaphysique.

Pauvre Redeker!


Pauvre Redeker! Se doutait-il de ce qui allait lui arriver? Encore un homme libre condamné à mort par les assassins islamistes. Tous ceux qui condamnent la fatwa érigée contre ce professeur de philosophie mais qui en même temps souhaiteraient plus de modération dans la critique de l'islam sont des lâches. Le "Oui, mais" est l'argument des minables.
Théo Van Gogh, Redeker (va-t-il être assassiné?)...ne sont encore que des cas isolés. Demain, peut-être, les fatwas se multiplieront à une vitesse folle. Nous serons obligés de changer de pays. L'Europe n'aura d'européen que le nom.
En vérité, les hommes politiques ont peur. Je ne fais pas la différence entre la droite et la gauche. La droite et la gauche s'entendent sur un point: il ne faut pas froisser les musulmans, -qui peuvent devenir violents. Non, il ne faut pas les brusquer. On se comporte comme s'ils étaient nos maîtres.

Autre matin

Autre matin. Le jour est indifférent. On est assis en tailleur, ne pensant à rien de précis, après une nuit de pensées nombreuses, violentes, même. La lumière du jour me glace. Le froid est entré en moi. Mais cette agression n'est que passagère. En réalité, je cultive depuis quelques temps un sentiment, une sensation de bonheur peu commune. La porte s'est remise à l'endroit. Le chemin est lisse, si lisse qu'il paraît glissant. Les astres accélèrent leur révolution. Si je me regardais dans la glace, je verrais bien sûr quelqu'un d'autre à côté de moi. Cet autre- qui ne serait pas un double- n'apparaîtrait pas pour me distiller l'abominable sentiment de culpabilité que cultive les âmes suicidaires. Elle passerait son bras autour de mon cou et je l'appellerais peut-être mon âme, qui sait? Je suis devenu incompréhensible pour les autres, - qui ne peuvent se débarrasser de leur envie de vomir. Tyrannie sans fin.
J'écris sur la félicité tandis que mon corps tremble.

Heures ternes

Voici d'anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rêves qui se lassent;
Voilà les jours d'espoir passés!

En qui faut-il fuir aujourd'hui?
Il n'y a plus d'étoile aucune;
Mais de la glace sur l'ennui
Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège!
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige;
Ayez pitié de tout, mon Dieu!

Moi, j'attends un peu de réveil,
Moi, j'attends que le sommeil passe,
Moi, j'attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.

( Serres chaudes, Maurice Maeterlinck)

Saturday, October 07, 2006

Déplacement de population

La vie n'est pas aussi étrange qu'on le prétend.
Je ne comprends pas la surprise des gens.
Il serait temps
de s'enivrer une bonne fois pour toutes.
Acceptant son sort, la foule grossit dans le décor de théâtre.
Le froid est entré dans mon corps, je suis comme un acteur qui va feindre de mourir.
La foule est bien encadrée, la révolte n'éclatera pas. On ne la tolérerait pas. Les forces de l'ordre sont mobilisées en grand nombre. Dans le silence, le froid est plus intense encore. Je me suis mal réveillé ce matin. Des bribes de soleil se sont écrasées sur la foule taciturne. Je pourrais presque la voir à travers mes mains, la foule, la triste foule. Pétrifié, le moment, immobile. Je suis de marbre. Si ça continue, je vais tomber en morceaux. Des autocars sont visibles, à cent mètres de la foule massée.
Le vent se lève et j'entends un hurlement, le hurlement d'un élément de la foule.
Je dors debout, il n'y a pas d'autre explication possible.
Le froid n'existe pas, le soleil ne s'est pas brisé,
l'histoire humaine n'a jamais eu lieu,
nous sommes risibles, quelle malchance...
L'élément réfractaire est abattu sur le champ.
Un ordre est donné et la foule (qui a grossi encore) se met en marche, se dirigeant vers les autocars, pour une destination toujours inconnue. Un individu marmonne des insultes. Peut-être sont-ce des insultes à la foule. Ou aux forces de l'ordre, mais cela est moins sûr. Parle-t-il vraiment?Il m'a pourtant semblé voir ses lèvres bouger. La neige ne tombe pas, étant suspendue dans l'air. Tout se passe comme si je me trouvais à l'intérieur d'une photographie ancienne, en noir et blanc, puisque les couleurs ont fondu, subitement; mon corps est jaune; comme la neige, comme l'espoir, comme la tyrannie, comme la haine, comme vous tous. Nous sommes devenus des photographies sur des pierres tombales, c'est ainsi.
Le moteur des autocars se met à tourner et ils avancent.
Au fur et à mesure qu'ils s'éloignent, ils s'évanouissent dans l'air (jaune).
Bientôt, une autre foule ocre attendra son tour, elle aussi.
Bientôt, la poésie aura son mot à dire.
Bientôt, la poésie sera l'arme des damnés, des opprimés.
Bientôt, on me tapotera l'épaule et moi aussi, comme vous, je me retrouverai dans la foule.

Avis aux femmes


Message urgent à l'attention des femmes voilées, et surtout de celles dont on ne voit même plus le visage. Méditez sur cette belle image.

Punk rockers


They do their best ,they do what they can
They get them ready for Vietnam
From old Hanoï to East Berlin
Commando-involved again
First rule is: the laws of Germany
Second rule is: be nice to mommy
Third rule is: don't talk to commies
Fourth rule is: eat kosher salamis

La vérité



"La France n'a aucun avenir." Voilà les mots de Maurice G. Dantec. Ils ont le mérite d'être clairs et nets. L'entendre parler est un vrai plaisir. On passe chaque fois un très bon moment avec lui. Le sujet qui, semble-t-il, n'a pas été abordé encore, chez Dantec, c'est l'humour. Il est un écrivain qui a aussi une voix, une façon de parler, des propos irrésisitibles. Drôles mais si vrais en même temps. Cela nous change des bafouillages de Michel Houellebecq qui est à peine audible, -dont les livres sont malheureusement trop épais. Ils sont très intéressants, certes, mais noyés dans le bavardage insipide. Loin de moi l'idée de le critiquer comme Eric Naulleau qui, lui, n'a aucun goût littéraire. Il suffit de lire Au secours, Houellebecq revient! pour être édifié.
Maurice G. Dantec est probablement le dernier écrivain visionnaire. Ce ne sont pas Daniel Pennac, Yann Moix, Bernard-Henri Lévy ou François Weyergans qui me feront changer d'avis.
Il y a des coups de poings dans la figure qui se perdent.

Agathe

Joyau trouvé parmi les pierres de la Sicile,
Agathe, vierge vendue aux revendeuses d'amour,
Agathe, victorieuse des colliers et des bagues,
Des sept rubis magiques et trois pierres de lune,
Agathe, réjouie par le feu des fers rouges,
Comme un amandier par les douces pluies d'automne,
Agathe, embaumée par un jeune ange vêtu de pourpre,
Agathe, pierre et fer, Agathe, or et argent,
Agathe, chevalière de Malte,
Sainte Agathe, mettez du feu dans notre sang.

( Rémy de Gourmont, Les Saintes du Paradis)

Conclusions un peu trop hâtives (2)


- Les cimetières, c'est triste.
- Les buralistes sont des types bien.
- L'oeuvre de Paul Eluard est magnifique.
- Tout ne va pas mal.
- Les films comiques français sont drôles.
- Tous les jeunes de banlieue cherchent du travail.
- L'humanité est en progrès.
- Il vaut mieux lire un chef-d'oeuvre de Christine Angot que de regarder un film porno.
- Le jour va se lever très bientôt.
- Les pauvres ânes sont stupides.
- Les intellectuels de gauche ont été des révolutionnaires.
- Toutes les vieilles dames savent faire la tarte à la rhubarbe.
- Ma voisine se rase le menton tous les jours.

Début d'après-midi

Le soleil illumine ma tristesse si belle. Si belle qu'elle se transforme en astre. Tout est si calme, d'un coup. J'ai arrêté de parler. Ma conscience prend du champ. Elle s'étend. La spirale a arrêté de tourner, pour mon plaisir, pour le bien de tous. La conscience, s'étendant, s'endort aussi. Tout ce qui m'entoure voit le soleil se coucher. Il y a comme une petite lumière à l'ouest de la nuit. Tout peut arriver maintenant. Je peux m'élever. Une voix provenant d'une radio lointaine brame une chanson ridicule. Le volume est minuscule. Bientôt, le sol aura perdu de sa solidité; mes pieds glisseront à vingt centimètres du sol et je parcourrai le monde comme sur un tapis roulant. Je sortirai mes rêves de ma poche et je pourrai enfin les accomplir. Idéal réalisé. Avant de m'endormir, des images viennent hanter ma cervelle, des images qui n'ont aucun rapport entre elles, qui, parfois, se superposent pour mon bonheur! Que du bonheur, comme disent les niais!

Eloge des pauvres cons


Renaud est un fou qui se prend pour un loubard anarchiste. Pourquoi a-t-il arrêté le pastis? Il aurait dû achever de se suicider. Beaucoup auraient été soulagés. Moi, le premier. Quel imbécile, Renaud! (La plupart des chanteurs sont des cons.) Il suffit d'écouter trente secondes de ses nouvelles chansons pour être informé de son état avancé de déchéance. Renaud voit toujours double ou triple: il voit toujours des "fachos" partout. Il ne parvient pas à dessoûler, c'est probable. C'est ce genre de pauvre type qu'on encense à notre époque.
Hier, dans le métro, à Lyon, un énergumène criait à tue-tête: "Vive Al Qaïda!" avant d'ajouter: "On va être les plus nombreux, on va vous dominer!" Il traitait le père d'une femme de collaborateur, et le pape de Nazi. Que dire de lui? Que penserait cet étron de Renaud de cette scène? Il prendrait bien sûr la défense de cette ordure qui forcément a été humiliée par le fascisme français. Au moins, les guignols de la fête de l'Huma sont des humanistes, eux!
Tout ça va très mal finir. Ce qui compte avant tout, c'est de rester libre.

Sunday, October 01, 2006

Le soir

Le soir, c'est la sérénité qui revient. L'envie d'en savoir plus. Les angoisses ont été évacuées. La lune est devenue invisible. Tout va pour le mieux. Un sourire même commence à se dessiner sur mon visage un peu pâle- qui se colore, maintenant. Le vent de la musique se lève, doucement, comme après une tempête. Le chien s'est couché parterre. Son oeil n'exprime plus rien du tout. A-t-il exprimé un jour quelque chose? Il a posé sa tête sur ma chaussure. Il me garde. Il a peut-être le pressentiment que je serais trop faible pour me défendre contre les abominables adversités. Mais elles ont disparu, les adversités; je les ai vues disparaître au coin de la rue où rient les êtres humains du café obsolète. Tout se passe comme si j'étais entré dans un tunnel: je suis le ver dans la pomme. J'ai disparu. Je ne me vois plus. j'ai perdu mon corps. La félicité monte comme le feu, jusqu'au ciel. Mais le ciel a cessé d'exister. C'est bien mieux comme ça. Du temps que je m'enivrais, je piétinais mes rêves.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, ou ceux qui l'ont oubliée, je veux parler de Norma Shearer.

La boucle retrouvée

Il retrouve dans sa mémoire
La boucle de cheveux châtains
T'en souvient-il à n'y point croire
De nos deux étranges destins

Du boulevard de la Chapelle
Du joli Montmartre et d'Auteuil
Je me souviens murmure-t-elle
Du jour où j'ai franchi le seuil

Il y tomba comme un automne
La boucle de mon souvenir
Et notre destin qui t'étonne
Se joint au jour qui va finir
(Guillaume Apollinaire- Calligrammes)

Conclusions un peu trop hâtives (1)



- Tous les médecins ont la vocation.
-Tous les professeurs finissent leur carrière en bonne santé mentale.
-Les chauffeurs de bus ne se mettent pas le doigt dans le nez.
- Tous les antiracistes sont antiracistes.
- Tous les enfants sont intelligents.
- Tous les islamistes portent la barbe.
- Tous les enfants sont attendrissants.
- Mai 68 a été un moment historique.
- Tous les films de François Truffaut sont excellents.
- Les intellectuels de gauche ont fait évoluer la société.
- Tous les gens cultivés sont des ringards.
- Pedro Almodovar a beaucoup apporté à la culture européenne.
- Tout va s'arranger.
- Dieu n'existe pas.

Réveil

Réveil. Fatigue, abrutissement. Trop dormi, peut-être. Le ciel est blanc, aveuglant; on ne peut le regarder en face. Tout semble bel et bien fini. J'ai cru que tout s'arrangerait. Je me suis trompé. Peut-être. L'avenir me fait mal au coeur. J'entends une corneille qui braille de manière stupide. Elle semble vouloir me communiquer un présage. Tous les présages sont-ils donc mauvais? la journée va être terne, une journée comme des milliers d'autres. Il faudrait ne jamais cesser de lire.