Sunday, April 29, 2007

Reincarnation of a love bird


Il paraît que c'est celui qui parle le plus fort qui a raison. J'ai entendu dire qu'il y a deux ou trois jours, Dominique Strauss-Kahn, dont la vertigineuse vulgarité n'est plus à démontrer, s'emportait très violemment contre Sarkozy. Dimanche dernier, j'ai assisté à un autre cas hallucinant de vulgarité, lors de la soirée électorale caricaturale. En effet, en fin de soirée, qui ai-je vu apparaître sur l'écran de télévision? Bernard Tapie, évidemment. Qui a changé de camp. De mittérandien, il est passé sarkozyen. Ce mercenaire semble très respecté par les médias qui sont impressionnés par la sincérité de l'homme de toutes les magouilles. Il suffit de l'écouter évoquer la jeunesse, "les jeunes", comme disent les faux-culs pour être édifié sur ses profondeurs de vue. Il dit qu'il faut faire confiance aux jeunes, qu'ils sont toujours les meilleurs. Les meilleurs en sport et en musique. Il sait de quoi il parle. Il faut l'écouter. Il a l'expérience. Ce n'est pas un homme politique comme les autres. Il est atypique, c'est comme ça qu'on dit, non? C'est une autorité. Au fait,une autorité à quel sujet? Cela, nous ne le saurons probablement jamais. Il faudrait peut-être poser la question aux journalistes. Les journalistes dont la déontologie est une évidence.
Je parlais dans un précédent message des artistes nullissimes qui soutiennent la deux-sévrienne, mais que dire des sympathisants de Sarkozy? J'ai vu avant-hier Enrico Macias chantant à un meeting de son candidat préféré, le fondu de l'UMP. L'image était frappante, je tiens à le dire. Celui-là, Macias, n'a rien à envier à Strauss-Kahn ou Tapie. Je dirais même que sa vulgarité est d'une amplitude encore inégalée. C'est la vulgarité des bons sentiments. La confiture dégueulasse. La confiture trop sucrée qu'on ne peut avaler. Quand Enrico Macias chante, des cordes de merde s'échappent de sa bouche sirupeuse.

Saturday, April 28, 2007

Retour à la normale

J'ai longtemps cru que cela durerait un siècle. Peut-être cela a-t-il duré mille ans; le temps s'est accéléré; vitesse subite; retour vers l'ancien rêve:il semble bien que les rêves soient immortels. C'est comme si je m'endormais, comme si, me dédoublant, je me voyais allongé et fermer les yeux. Comme si j'étais un autre. Mais non, le poète s'est sans doute trompé: Je n'est pas un autre. J'ai longtemps cru que cette sentence était définitive. Mais la tristesse ne m'effleure pas, cette tristesse qui s'est matérialisée pour un soir et qu'on peut voir si l'on possède encore un cerveau, ce qui est très hypothétique, bien sûr. Je recommence à penser au cosmos poétique, à la poésie des singularités. La tristesse s'estompe comme une photo. Elle jaunit. Tout beauté finit par jaunir. Les derniers jours étaient affreux;les vertiges s'ajoutaient à une grande nervosité, à un désir brûlant de sortir de mon corps nouveau. Les mots m'échappaient; je ne les comprenais plus; je ne saisissais plus la nuit: on assistait à mpes obsèques. Je me recroquevillais pour échapper à la chaleur. Je devenais absurde. Mais je ne l'étais pas, absurde. Je me mentais. C'est comme ça quand on souffre. Quand on a mal, on finit par se mentir. C'est inéluctable. Je suis inéluctable. La foule a fondu au soleil. Le souvenir des corps du jour aveuglant finira par être maudit.

Sonnet XXIV

Le départ inversé va se précipiter;
C'est aujourd'hui l'aurore et l'oiseau qui s'écrase
Pousse son dernier cri, disparaît dans la vase
Du monde révolu et de la cécité.

Interdit de sombrer dans la mélancolie;
Il faut dès maintenant contempler l'avenir.
Ouvrez les yeux, voyez le passé se ternir,
Libérez-vous enfin de l'antique folie.

On m'a déjà parlé de mon infirmité;
Car je crois aux grands mots et à la vérité.
Je ne verrai jamais que je suis archaïque.

La peur me saisissant, je ferme les rideaux
Et je vais me baigner pour toujours dans ces eaux
Alcoolisées où vit le monde prosaïque.

Conclusions un peu trop hâtives (50)

- Alain Soral, complètement bourré, ne s'insulte pas de tous les noms.
- Bruno Mégret n'insulte pas de tous les noms Marine Le Pen.
- François Bayrou ne se prend pas pour le grand vainqueur de la Présidentielle.
- Jean-Marie Le Pen aurait cessé de bomber le torse.
- Ségolène Royal est moins inquiétante que Nicolas Sarkozy.
- Il faut voter, à droite ou à gauche, par principe.
- Ceux qui font rimer Sarkozy avec Nazi sont des gens recommandables.
- Pierre Bourdieu avait raison sur Sarkozy; Pierre Bourdieu avait toujours raison.
- Il ne semble pas que depuis quelques années la proportion de têtes de noeud excède 87%.
- Il ne faudrait pas s'isoler, s'abstenir de vivre parmi ses contemporains.
- Les vues des psychologues gauchistes sont pénétrantes, surtout celles concernant l'enfance de Sarkozy. Pensez donc, une enfance sans père, ça rend agressif!
- Charles Berling ne se sent pas prêt pour entrer dans la résistance.

Les vrais cons sont satisfaits



Voilà, enfin, le débat entre Bayrou et Royal a eu lieu. Sur LCI, la chaîne d'avant-garde, si j'ai bien compris ce que disait Olivier Mazerolles. En effet, c'est une première dans la vie démocratique: un débat entre le deuxième et le troisième de la Présidentielle. Il ne faut pas bouder le progrès. Nous vivons dans un pays où "ça bouge", comme disent les modernes. Nous avons pu savoir enfin ce qui sépare et ce qui rapproche Bayrou et Royal. Le débat a commencé à 11 heures, a duré, me semble-il, 1 heure 50. 1 heure 50 de débat passionnant. Je regrette de ne pas avoir eu le courage de le suivre. Vous savez, parfois, je fais des crises de paresse. J'ai la même paresse concernant les fines analyses qui vont être faîtes. En un mot, comme en cent: je n'en ai rien à foutre. Cela peut choquer mais c'est comme ça, je m'en fous à un point que vous ne sauriez imaginer.
On attend avec beaucoup d'impatience le débat entre Sarkozy et Royal qui aura lieu, le mercredi 2 mai. On se dit que cela influencera le vote des Français. Je ne le regarderai pas. Jeudi soir, j'ai tenu cinq minutes devant Sarkozy qui était invité sur France 2. J'ai baissé le son et j'ai mis de la musique.Je regardais la tête de Sarkozy et d'Arlette Chabot en écoutant les Ramones. C'était beaucoup mieux ainsi. Quant à Royal, je ne peux jamais l'entendre finir ses phrases. Cela devient physique. Son sourire de fauve me fait horreur. Puissent les débats se multiplier! Un débat entre Schivardi et Villiers, par exemple. Schivardi préconisant le pastis gratuit pendant cinq ans et Villiers le traitant d'alcoolique. Ce serait drôle, très drôle.
J'imagine une fiction dans laquelle Ségolène Royal,vaincue, lessivée par les arguments de Sarkozy, se mettrait à pleurer en direct, devant des millions de téléspectateurs ahuris. Le monstre à cornes, dégoûté par la médiocrité de sa rivale, jetterait un bâton de dynamite, faisant sauter le plateau de télévision.

Scandale chez les bourgeois


Il faut être citoyen. C'est le grand principe moderne. Il est obligatoire d'être un citoyen. On devrait obliger les gens à voter. Je m'étonne qu'on n'ait pas encore légiféré là-dessus. Le nombre des abstentionnistes est encore trop important. Il faudrait en finir une bonne fois pour toutes avec ceux qui ne jouent pas le jeu, le jeu démocratique. Lundi, le lendemain de la soirée électorale, j'entendais des collègues vanter les tailleurs de Ségolène Royal et faire la grimace en évoquant les costumes trop sombres de Nicolas Sarkozy, que ceux qui sont dépourvus de cerveau trouvent bien pire que Le Pen. On trouvait nulle Rachida Dati; elle était très mal habillée. Un peu plus tard, une collègue se doutant de quelque chose, certaine que je ne suis pas un bon citoyen m'a demandé si j'avais voté. Je lui ai répondu non. Elle m'a dit, ce à quoi je m'attendais (Les collègues, généralement, ne sont pas très originaux): "Il ne faudra pas te plaindre après!" Une autre collègue a ajouté, en plaisantant à moitié: "Tu es pas inscrit sur les listes électorales? On pourra pas te convaincre, alors! " Me convaincre? Même si j'étais inscrit sur les listes éléctorales, il n'y a aucun animal au monde qui pourra me convaincre de voter, surtout, de voter pour Ségolène Royal.
Je regardais d'autres collègues qui n'en revenaient pas de ma réponse impie. Ils ouvraient de grands yeux, une grande bouche. Quel choc! Jamais ils n'auraient pu imaginer cela de ma part. Quel froid...Ce sont de très jeunes collègues nés entre 1978 et 1982. Une génération, un monde, un gouffre me séparent d'eux définitivement. Nous n'avons rien à nous dire. Nous sommes au moins d'accord sur un point. Non, je n'ai pas voté! Ni pour Ségo, ni pour Sarko, les personnages de cette mauvaise bande dessinée qu'est devenue la France malade.
En début de soirée, un ami qui a voté Sarkozy m'a appelé pour me dire que Sarkozy et sa clique lui faisaient penser à une bande de gangsters. Moi, je lui disais que je considère Sarkozy comme un fou. J'ai eu ces mots: "C'est peut-être un fondu qui ne travaille qu'à la dynamite!" Il a ri. Les sentences de Michel Audiard me reviennent très souvent en tête.

Débilité nationale



C'est la grande émotion parmi les démocrates, surtout les démocrates de gauche, les vrais démocrates, comme on nous le dit à longueur de journée. C'est la grande émotion, le débat entre Bayrou et Royal sur Canal+ ayant été annulé. Pour beaucoup, c'est une manoeuvre de Sarkozy qui a fait pression sur la chaîne cryptée, la chaîne négligeable, une preuve supplémentaire du fascisme berlusconien français; moi, je me posais des questions. Je disais à mes collègues que, Bayrou n'étant pas présent au deuxième tour, ce débat n'a aucun intérêt. On n'en démordait pas. Sarkozy n'est pas démocrate. Un collègue, sarkozien, lui, n'était pas choqué à l'idée que son candidat préféré ait pu faire pression sur Canal+. Il est toujours assis, la tête en arrière, les jambes écartées, admirant son ventre plat de randonneur du dimanche. Il est si peu sympathique qu'au début, je le prenais pour un socialiste. Il semblait me donner raison: ce débat est complètement inutile. Comme l'autre débat qu'on veut organiser et qui opposerait Bayrou à Le Pen. J'entendais cela hier matin à la télévision; on parlait de "petite finale"entre le troisième et le quatrième; on usait d'une métaphore footballistique. La Présidentielle, c'est le Mondial. La grande gagnante de la Présidentielle, c'est la débilité. La débilité nationale.
En début d'après-midi, je m'amusais à choquer les quelques socialistes qui votent socialiste par principe et avec lesquels je fumais des cigarettes. Je leur disais: "Ségolène Royal, c'est la statuaire, elle a un air autoritaire, stalinien...Je l'imagine bien créer des camps de rééducation." Je révulsais mes interlocuteurs qui faisaient la grimace. A l'exception d'un seul, qui était tout à fait de mon avis. Il semble bien qu'une de mes collègues avait froid dans le dos. Tout de même, Ségolène est une vraie démocrate!

La France n'a pas de chance

Je sais, j'ai un peu de retard mais, en ce moment, je ne peux continuer le blog qu'en fin de semaine. Voilà. Les deux candidats chéris des médias seront présents au deuxième tour, la délétère Royal et le marteau Sarkozy (J'avoue avoir une grande tendresse pour les marteaux.). Le Pen éliminé au premier tour. Je m'étais trompé, je le reconnais: je le voyais au deuxième tour et faisant un gros score. On dit que ses élécteurs ont préféré voter (utile) Sarkozy. Pas ceux qui sont écoeurés par l'axe Washington-Tel-Aviv que représente le bouc démoniaque de l'UMP. Le Pen a dû perdre toute sa morgue. Il devenait comique dimanche soir quand il disait: "J'ai dû faire une erreur de jugement." Marine Le Pen, elle, continuait de bavarder, se croyant peut-être déjà à la tête du Front National.
J'écoutais hier soir sur une chaîne de télévision risible, Bruno Mégret (qui a tout de même une grande ressemblance avec Goebbles;comparez les photos; vous serez frappés.) qui rendait Marine Le Pen responsable de la lourde défaite de Le Pen (dont je suis très heureux qu'il se soit ramassé une gamelle). Il lui reprochait en somme de l'avoir méprisé, lui, Mégret, le sauveur de la droite nationale et, surtout, je crois, d'avoir adouci le discours du Front National. Sur le plateau de télévision se trouvait également un socialiste, dont j'ai oublié le nom et qui avait un air de suffisance répugnant. Une affreuse tête à claques. Il semble bien que le socialisme soit une perversion de l'esprit humain, comme le communisme, surtout à notre époque.
Toujours hier soir, je regardais Alain Soral qui, dimanche soir, réagissait à la défaite du révolutionnaire Le Pen. Bien sûr, il a fait une sorte de diatribe des médias qui ont favorisé les candidats de l'UMP et du PS. Il n'avait pas tort mais quelle crédibilité peut avoir un contempteur du système qui soutient Le Pen? Pauvre Soral! Ce niais s'est complètement égaré. Je note qu'il parlait en tanguant. Peut-être avait-il déjà forcé sur le sirop vignolat, comme disait l'ami François Rabelais. Du reste, à la fin de l'entretien, il l'a annoncé: "Je vais me bourrer la gueule!"
François Bayrou, le paysan totalitaire, sera l'objet d'un autre message.

Sunday, April 22, 2007

Les pauvres gens



Il y a une dizaine d'années, j'avais consulté quelques numéros de Je suis partout à la bibliothèque municipale de la Part-Dieu. C'était l'époque où j'étudiais l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline. J'avoue que j'aurais aimé connaître le Russe pour pouvoir lire également certains articles de la vérité, de la Pravda. J'aurais été édifié de la même manière que je l'ai été en lisant le torchon collaborationniste. En parlant de torchon, je ne résiste pas à évoquer Les Inrockuptibles, que j'ai acheté tout à l'heure. Je me suis fait violence, je tiens à le dire. Si j'ai donné trois euros pour ce magazine sentant le faisandé, c'est parce qu'un ami m'en a parlé, m'a encouragé à l'acheter pour que j'y découvre les perles pourries des sympathisants de Ségolène Royal. Finalement, je ne regrette pas d"avoir dépensé de l'argent pour cette ordure.
Bien sûr, Philippe Sollers, l'écrivain cultivant le don d'ubiquité, donne son avis, qui n'en est pas un, en réalité. Ce nullard vote pour Ségolène Royal parce qu'il faut une femme à la présidence de la République. C'est tout. On n'en saura pas plus. Philippe Sollers est sans doute un maître de l'ellipse. Marie Darrieussecq, la naturaliste merdeuse de quatre sous, elle ne voit aussi en Ségolène Royal qu'une femme, mais elle ajoute que la Jeanne d'Arc des bas-fonds est socialiste: deux raisons principales pour voter pour notre cigogne nationale. Si elle était élue à la présidence de la République, ce serait la victoire incontestable des dominées sur les dominants, la victoire historique contre l'oppression machiste. Parce que le grand écrivain Darrieussecq nous apprend une chose très importante, à laquelle je m'étonne moi-même de n'avoir pas pensé. Elle nous ouvre les yeux: il y a deux campagnes, celle qui oppose la Droite et la Gauche et celle qui oppose les femmes aux hommes. Je te salue Marie pour la profondeur de tes vues politiques. En effet, il faut combattre, battre les insupportables, comme dit Michel Piccoli, les fascistes en fait. Disons-le: Michel Piccoli peut être fier de sa longue carrière d'antifasciste.
Nous n'avons pas encore compris que le socialisme a toujours incarné et incarnera toujours le renouveau. Souvenons-nous du 10 mai 1981. Souvenons-nous que Pierre Mauroy nous traçait le chemin. Oui, Ségolène Royal réinvente la gauche, comme dit Jean-Michel Ribes; elle réinvente la vie. N'ayons pas peur des mots. Ségolène Royal est la poésie vivante. La poésie du peuple. Comme dit Jean-Marc Roberts, "elle a la chance de ne pas être la candidate des élites." Il faut les écouter ces maîtres à penser qui veulent que la France évite le pire. Il faut écouter la déglinguée Brigitte Fontaine. Il n'y pas d'alternative. La France doit être de gauche. Si on a une haute opinion de son pays, on ne peut voter pour les haineux. Merci Lilian Thuram pour tes vues si profondes sur l'exclusion en France.
Il paraît que les rappeurs donnent aussi leur avis. Mais cela, je n'en parlerai pas. Les rappeurs n'existent pas pour moi. Finalement, pour les Inrockuptibles, un artiste ne peut être que de gauche, surtout ségoléniste. Parfois, c'est vrai, il y a des voix discordantes, pas si discordantes que ça, finalement. Juliette Binoche, elle, voit en José Bové un visionnaire, un prophète, si je comprends bien. C'est le Christ de la Gauche. Cela méritait d'être dit.

Saturday, April 21, 2007

Conclusions un peu trop hâtives (49)

- Les Instituts de sondage ne s'en mettent pas plein les poches.
- Quand on parle de vote utile, on énonce une vérité.
- Nicolas Sarkozy ne va pas, un jour, se faire casser la figure par des opprimés.
- Je suis considéré comme un bon citoyen.
- La soirée électorale de demain ne va pas être très drôle.
- On me croit quand je dis que je ne vais pas voter.
- Dominique Voynet aurait décidé d'avoir l'air moins pincée.
- Ségolène Royal ne se prend pas pour une victime de la ségrégation.
- Edwy Plenel ne commence pas à avoir des tics nerveux.
- Mes collègues ne sont pas morts de frousse en pensant à demain soir, 20 heures.
- Pour préserver la paix sociale, il faut voter Bayrou ou Royal.
- Si Le Pen devance Sarkozy au premier tour, je serai surpris.

Modernité obligatoire

"Tu aimes pas ce qui est nouveau!" Voilà ce qu'on me dit il y a deux ou trois semaines, sur un ton de reproche, bien sûr. Si vous n'aimez pas ce qui est nouveau, vous est soupçonné des pires tares. On se demande, en vous regardant de biais, pour qui vous allez voter le dimanche 22 avril. Si vous dîtes que vous ne votez pas, on vous prend pour un menteur qui cache ses réelles convictions, pour un lepéniste ou pire, pour un sarkozyste. Il faut être moderne. Modernité obligatoire: cela pourrait être le titre d'un bon livre sur notre société (médias et gouvernants) totalitaire.
Un autre titre me vient en tête: Manuel pour penser comme tout le monde. Si vous dîtes que les profanateurs français, blancs, occidentaux de tombes juives sont des criminels nazis, vous êtes dans la ligne du parti unique de la bien-pensance. Parti qui regroupe à peu près toutes les tendances politiques actuelles. Par contre, si vous dîtes que le profanateur des tombes juives à Lille, profanateur d'origine maghrébine, est un musulman qui voue une haine sans nom aux Juifs, vous racontez n'importe quoi, Bayrou vous traite d'islamophobe, de raciste. Non, le profanateur était en état d'ébriété, encore choqué par la mort de son frère, il y a un mois. Peut-être les responsables étaient-ils des Juifs, qui sait? Il s'est vengé, c'est ça.
Un opprimé ne peut être responsable d'un crime aussi odieux. Les musulmans ne peuvent être racistes, antisémites. Ce sont eux, les victimes. Les victimes des Occidentaux. Et des Feujs, mot affreux créé par je ne sais quel ahuri haineux.

La révolution du censeur



Je regarde, j'écoute les gens autour de moi avec, souvent, l'impression, impression pas si désagréable que ça, au fond, qu'ils font des concours de bêtise. L'autre jour, je regardais un reportage sur les sympathisants de Ségolène Royal. Une fausse artiste, dans la dérive fort probablement, a dit trois mots puis s'est tue. Tout était, je pense, dans les points de suspension. Parfois, je ne me rends pas compte des choses. Cette artiste était peut-être un génie. On se trompe parfois sur les gens. Prenez l'exemple de Vincent Van Gogh, ce peintre si méconnu à son époque... La sympathisante était une artiste de la bêtise. Chapeau bas, très bas.
Les concours semblent bien se multiplier en cette époque de propagande pour la perfection et la performance, vous n'avez qu'à regarder les publicités. François Bayrou, lui, est arrivé premier au grand concours humaniste. Non, il n'y a pas photo. Il est premier avec une demi-heure d'avance sur la deuxième, Ségolène Royal. C'est un grand champion du tour de France. Il le dit presque clairement, qu'il faut légiférer sur l'islamophobie, en réalité, contre ceux qui critiquent l'islam et font l'amalgame entre les modérés et les islamistes. On ne peut soupçonner Bayrou de pratiquer l'amalgame quand il considère les contempteurs de l'islam comme des racistes. Voilà, j'ai compris. Vous savez, parfois, il me faut du temps pour saisir les nuances.
Pour Bayrou, les critiques contre l'islam révèlent une ignorance "crasse", c'est l'adjectif qu'il emploie. La crasse...Ce mot fait rêver...Sa tolérance ne sent pas la crasse, elle? Bayrou est le pire de tous. Je l'ai déjà dit. Je le répète. Une sorte de réincarnation dégueulasse de l'autre dégueulasse qu'était François Mittérand. Un humaniste qui fait de l'incontinence, un révolutionnaire de pacotille, un révolutionnaire censeur dont le rêve est de bâillonner purement et simplement la liberté d'expression, un monstre de la fraternité, un...
J'arrête là-dessus parce que j'aggrave mon cas. Non content de pratiquer l'islamophobie, je m'adonne maintenant à la bayrouphobie, ce qui deviendra peut-être un jour un crime imprescriptible.

La fraternité humaine



Pierre Perret, je le voyais souvent à la télévision, quand j'étais enfant. Il composait toujours son sourire figé de communiste hypocrite. Comme dit Alain Finkielkraut, je ne me sens l'ami d'aucune chanson de Pierre Perret. Je l'ai écouté hier soir, Finkielkraut, pas Pierre Perret, ce mauvais chanteur que Bernard Pivot, ce nul en littérature, considère comme un poète. Oui, j'écoutais le philosophe très remonté contre l'Epreuve Anticipée de Français de 2005, épreuve sinistre qui proposait un sujet d'invention s'inspirant de la magnifique chanson antiraciste de Perret: Lili. Pour aller vite, les candidats devaient rédiger une lettre dans laquelle Lili racontait à ses proches restés en Somalie, l'intolérance et le racisme en France. Pour Finkielkraut, il n'y a pas de doute, pour moi non plus, du reste, l'école est devenue "une fabrique de Français antifrançais." La France est un enfer; la Somalie, le paradis. Finkielkraut s'en prend surtout à ce qu'il appelle, les termes sont très bien choisis: Les amis de Lili, à Edgar Morin, pour donner un exemple, un exemple d'antiracisme professionnel, de racisme convenu, de sentimentalisme répugnant, de fraternité purulente. Cela fait longtemps que la fraternité humaine me dégoûte. Très jeune, j'y croyais. Il faut croire que je suis devenu un peu plus intelligent. Les amis de Lili sont la mauvais herbe de la haine de l'Occident et des Juifs.
Finkielkraut a souvent raison. J'allais dire: toujours. Quand il parle de "néo-stalinisme antiraciste", comment lui donner tort à moins d'être profondément malhonnête? La chanson horrible de Pierre Perret est bel et bien une invention bien-pensante, pour reprendre ses mots. Lili n'a jamais existé; "on diffame la France." Le philosophe, qui a un excellent sens de la formule, cite l'écrivain Marie-Christine Bellosta qui aurait trouvé indigne d'elle de corriger le sujet d'invention antiraciste concocté par le Ministère de l'Education Nationale (qui n'est plus Nationale, internationale, plutôt). Pierre Perret est un mauvais inventeur. Comme dit Finkielkraut, "La réalité ne passe pas par les chansons de Pierre Perret." Pauvre chanteur!

La débandade



Depuis quelques jours, j'ai un peu de mal à me concentrer sur l'élection présidentielle, ce qui peut donner à penser que j'y suis complètement indifférent. Je les vois, mes collègues, je les vois qui s'agitent sur leurs chaises, qui tournent en rond. Certains ouvrent de grands yeux, ayant très peur de l'issue de l'élection présidentielle. J'entendais jeudi une collègue dire qu'entre Ségolène Royal et Bayrou, son coeur balance.(Son coeur balance! Encore une phrase toute faite!) Elle était horrifiée à l'idée que le deuxième tour oppose Le Pen à Sarkozy. Pour elle, les choses sont simples: Sarkozy est pire que Le Pen. J'avoue qu'en entendant une telle énormité, j'avais du mal à cacher mon dégoût. Buvant un café et fumant une cigarette, je marinais dans ma colère. Je parle d'énormité mais je me trompe. Considérer Sarkozy comme plus dangereux que Le Pen est crapuleux.C'est vrai, je me suis tu. J'aurais dû lui dire que la grande différence, différence qui est de taille, un gouffre, en réalité, le gouffre qui sépare ces deux candidats, c'est que Le Pen est un pur antisémite, qu'il est soutenu par des salauds comme Dieudonné et le vigile de merde Alain Soral. Peut-être ma collègue, au fond d'elle-même (Le fond de l'être est parfois très noir.), en veut-elle aux Juifs. Peut-être, ce qui est plus probable, n'a-t-elle même pas pensé à ce qui sépare définitivement ces deux candidats.Peut-être est-elle bête. Peut-être m'aurait-elle pris pour un sioniste, si j'avais ouvert ma grande gueule.
J'avoue que j'étais tellement remonté que j'en étais à espèrer que Le Pen soit élu président de la République. J'avais ces mots:" C'est tout ce qu'ils méritent, ces salopards de gauchistes! "

Sunday, April 15, 2007

Plus de fontières



On nous rebat les oreilles à longueur de journée avec la fraternité humaine, l'ouverture humaniste au monde entier. Plus de frontières entre les continents. Nous sommes une seule et même espèce. Nous devons inviter tout le monde. Plus de frontières entre les peuples. Mais aussi, maintenant, c'est nouveau, du moins en France, plus de frontières entre les partis politiques. Plus de séparation entre l'UDF et le Parti Socialiste, comme le préconise le révolutionnaire reptilien Michel Rocard. Mais aussi Bernard Kouchner qui prône la même alliance, maintenant. Ce qui n'est pas du goût de Ségolène Royal, pardon, de François Hollande. Oui, Bernard Kouchner, le faux honnête, cultivant la fausse franchise depuis toujours. Depuis tout petit, déjà, peut-être, qui sait? Fausse franchise mêlée à une certaine vulgarité. Cela valait la peine d'être précisé. Je n'évoquerai pas sa femme, qui m'est très antipathique, même si, paraît-il, (Je m'en fous complètement.), elle anime très bien son émission du dimanche soir. Il y a, comme ça, des génies du journalisme. Comme le juge suprême, Serge July.
Mais aussi des génies de la politique, comme Michel Rocard qui déplore l'inertie des socialistes, et Bernard Kouchner, qui veut certainement rentrer dans l'histoire de la république française, devenir l'homme qui a participé à l'émancipation de la gauche, qui a transformé sa vie en destin, comme disent les imbéciles. Ah, Bayrou, le ballon trop gonflé, ne s'était jamais douté qu'il aurait des partisans à gauche. Le révolutionnaire risible qui veut faire table rase des clivages politiques ne doit plus cesser de bomber le torse. Pensez donc! Des alliés de poids, Rocard et Kouchner! Qui ressemble fort au berger allemand de mon ami creusois. J'espère qu'il ne le prendra pas mal. Je parle de l'ami creusois.

Saturday, April 14, 2007

Conclusions un peu trop hâtives (48)

- Ségolène Royal ne va pas sombrer dans une grande dépression dans quelques temps.
- Si ça continue, Michel Rocard va changer la face du monde.
- François Bayrou ne se prend pas pour le roi du village.
- François Bayrou voit plus loin que son nez.
- Une rumeur veut que Le Pen ne se chie pas desssus.
- Le résultat de l'élection présidentielle me rend très anxieux.
- Ségolène Royal n'est pas aussi nulle qu'on le croit puisqu'elle s'en est aperçue.
- Michel Rocard ne s'apprête pas à faire une grande messe oecuménique.
- Michel Rocard est aussi agréable à regarder que ma tortue Caroline.
- Francis Jammes, ça ne vaut pas la poésie surréaliste.
- Je vais me rendre aux urnes. Poil aux burnes.
- Il faut relire Paul Claudel.

La convergence des enculés

Il semble que j'ai déjà évoqué une fois, ou même plusieurs fois, le nombre impressionnant de gros connards qui encombrent l'atmosphère depuis déjà de nombreuses années. Mais ce n'est pas grave de se répéter. Il ne faut pas avoir peur de se répéter. Mieux vaut se répéter que de se contredire. Tiens, ça me donne idée: je pourrais mettre des aphorismes en ligne.
Je me disperse un peu. J'en viens à mon propos. Oui, je vais encore me répéter. J'en reviens donc à Radio Islam, qui, je viens de l'apprendre, appelle, par la voix d'un certain Kamal Khan, à voter Jean-Marie Le Pen. Il le dit clairement: "Votez Le Pen!" Et il ajoute: "Ne vous laissez pas manipuler par les mensonges de la propagande mensongère des Juifs qui veulent se battre contre la France, contre le dernier Beur!" Il faut se battre contre les manipulateurs juifs qui ont trompé les pauvres musulmans, ces pauvres musulmans qui ont voté si souvent pour les monstres socialo-juifs. Il faut se battre, libérer le pays de l'occupation barbare, sioniste. Je me doutais bien que depuis quelques temps nous vivons en Palestine. Je me doutais bien que c'est la guerre. Je me doutais bien que les islamistes (mais pas seulement eux, les dits modérés, aussi) ne sont pas hostiles à Le Pen, Le Pen que le voile islamique attendrit, celui-ci lui rappelant le foulard que portait sa pauvre grand-mère. Je me doutais bien que Le Pen, quoi qu'en disent les médias, ses opposants, n'est pas anti-Arabes, qu'il y a une véritable entente entre les antisémites, qu'il y a une véritable convergence. La convergence des enculés.
Kamal Khan sait qui c'est, le gros étron de Saint Cloud. Il connaît le discours pro-Arabes que celui qui sera probablement au deuxième tour de la Présidentielle 2007 avait fait en 1958 à l'Assemblée Nationale. Il sait que c'est un martyr qui a perdu un oeil en voulant défendre un opprimé du nom de Ahmed Djebbour, qu'il a, surtout, toujours soutenu Saddam Hussein contre l'axe américano-sioniste. Il faut voter pour un vrai Français, un héros, en somme. Pas pour un traître vendu aux Juifs nazis, à une puissance étrangère. Au fond, les Arabo-musulmans sont les vrais Français.

Sarkozy, le retour



Le choix des mots par les médias et les hommes politiques est toujours un régal. Par exemple, "jeunes" ou, avec un qualificatif: "jeunes en difficultés." Un autre: "cités", qui désigne, en réalité, des quartiers en perdition, des territoires, dont les habitants ont fait sécession et qui n'ont plus grand chose à voir avec un ancien pays qui s'appelait jadis la France. Oui, je dis: jadis, le monde se transformant si rapidement maintenant... Quand je pense aux débuts des années 90, j'ai l'impression de me rappeler une époque remontant à un demi-siècle. Les "cités" étaient évidemment déjà sensibles mais, au fil du temps, elles sont devenues, pourrait-on dire, hypersensibles. Nous sommes au bord du drame.
En parlant de "cités", Sarkozy, à qui, ces derniers temps, on reprochait tant de les négliger, d'en avoir peur après les mots irréparables qu'il a prononcés à l'automne 2005, s'est rendu en territoire ennemi, dans un quartier de Meaux, où l'aigle célèbre prononçait ses oraisons, ses sermons, au XVIIème siècle, c'est à dire dans l'Antiquité, l'Antiquité fasciste, pour être précis. On dit que le climat était tendu. L'ennemi à abattre n'était pas le bienvenu. Au début on ne le laissait pas parler. Il a insulté les exclus du système, tous les exclus, c'est bien ça, non? C'est ce que les médias ont dit, disent et continueront de dire, surtout Canal +, la chaîne des journalistes sans déontologie. On pourra me rétorquer que les autres châines de télévision n'en ont pas davantage. J'en conviens mais Canal + est phénoménal de ce point de vue. Sarkozy restera l'insulteur éternel des minorités. Pourtant, il ne se démonte pas; il ne s'excuse pas comme on le lui demande, comme on le lui ordonne, presque. Il ne retire pas les mots infâmes qu'il a lâchés avant les émeutes interraciales, il y a un an et demi. On peut lui en vouloir, on lui en voudra mais je dis qu'un homme qui ne fait pas son mea culpa, qui ne craint pas la vindicte populaire de certains qui désireraient tant l'anéantir physiquement mérite l'estime. Même si je suis très loin d'être un partisan de celui qui se fait des illusions sur un islam de France. Et qui en ce moment perd complètement la tête. Se prend-il pour Jean Jaurès? Ferait-il un dédoublement de personnalité? La thèse pourrait se défendre aisément.

Friday, April 13, 2007

Tout le monde

Et voici les protestaires; la foule gonfle; je suis au-dessus de la foule. Je dors, je rêve du passé mais je vais me réveiller dans un hurlement qui me torturera les tympans. Et j'avalerai mes souvenirs comme des aliments infects. Je sais ce que je dis; j'ai l'expérience, maintenant; les sentiments se sont envolés: tant pis pour eux. Je suis dépourvu de toute nostalgie depuis des années, déjà. Avant...il n'y a jamais eu d'avant. Il n'y a jamais d'avant. Le passé est une illusion. C'est le songe qui me souffle cette vérité primaire. Le futur, aussi. Le présent s'étire indéfiniment. J'allais dire: le présent élastique mais je trouve que l'image n'est pas très bonne. Je suis si pauvre en images, aujourd'hui. J'ai un peu pitié de moi. Je sais, je ne devrais pas avoir pitié de mon corps asséché, mais qu'y puis-je? Je suis comme un sauvage. On me l'a si souvent reproché. Tout le monde crache sa colère; le venin va me coller à la peau; il va me brûler comme de l'acide; on rit: je vais tomber dans le gouffre où la foule mécontente commence à s'armer. La foule a toujours tort. On ne m'entendra donc jamais. La foule est indifférente. Et alors? La foule n'est qu'un corps; l'esprit recule: la chasse est ouverte. Le sang nouveau va couler. La barbarie a frappé ses trois coups comme au théâtre. Tout le monde se précipite sur des ennemis qui gémissent au fond d'un gouffre étroit. On ne peut plus rien m'apprendre.

La pauvre victime



Il est à peu près certain qu'Azouz Begag, l'Arabe qui cache la forêt, comme il le dit si bien, l'humoriste dévastateur, n'adore qu'une chose: faire parler de lui. Il va faire paraître (Il vient peut-être de le faire paraître.) un pamphlet, Un mouton dans la baignoire, qui s'en prend...ce n'est pas difficile... au kächeriseur Sarkozy.( A kärchériser, comme le disait un professeur de philiosophie,tout fier de sa perle, dimanche dernier, à Ripostes.) On peut se demander pourquoi il n'a pas démissionné avant, pendant les émeutes de novembre 2005, lui reprocher de n'avoir ouvert sa grande gueule que maintenant. S'il a démissionné pendant la présidentielle, c'est dans le but bien arrêté de nuire à son ennemi Sarkozy. Il s'est rapproché de François Bayrou qui, hier, vantant l'unité du pays, disait en quelque sorte que Marseille est le grand exemple à suivre. Le grand exemple du rapprochement entre les peuples.
Non seulement Azouz Begag attaque mais il se plaint ou plutôt, il veut se faire plaindre. Il raconte que Brice de Hortefeux s'est emporté contre lui, que celui-ci a eu ces mots: "Tu dégages!" Oui, Begag, une victime. Une victime du racisme anti-Arabe, probablement. Cela, il ne le dit pas mais il le donne bien à comprendre. Begag, une victime de l'exclusion, de l'intolérance, de l'autoritarisme sarkozyste, une victime...Non, j'arrête parce que je vais me mettre à pleurer.