Saturday, January 06, 2007

Le crabe

Ainsi, j'ai parcouru cette si longue distance pour finalement rebrousser chemin? Personne ne peut plus répondre; le monde est soudain devenu muet; les mots ont été interdits. L'écho se moque de moi. Je marche sans regarder derrière moi, comme si tout danger était écarté, comme si l'humanité avait perdu de sa substance. Les étoiles bercent mes rêves endormis. Elles sont à portée de main. Elles ne sont pas authentiques. J'ai bien peur de ne plus comprendre grand chose. Mais je ne suis pas le seul à marcher à l'envers. Les voitures, le soleil aussi, qui se lève à l'ouest: caprice divin. L'absurde n'existe que pour les débiles mentaux. C'est si beau de voir le film, non, pas le film, le non-film à l'envers. Je suis le crabe. Nous sommes les crabes qui mouchent leurs yeux où perlent des espoirs ancestraux. Si ça continue, je vais devenir poète. Je murmure quelque chose. On ne peut plus parler à haute voix, j'allais l'oublier. Il faut que je fasse vraiment attention; je suis si étourdi. Ma tête s'enfonce dans mes épaules. Je vais devenir un monstre ridicule si je ne suis pas vigilant. L'avantage, quand on est un crabe, c'est qu'on ne sait jamais où on va. Il est devenu ridicule d'aller à des endroits précis. Une belle condamnation éternelle, une condamnation à errer pour toujours à reculons. Comme le temps. Je parlerais à voix haute et à l'envers. Ah, ah, ah! Mes rires se déplacent comme des animaux. Je vais réapparaître bientôt. La déesse me pousse pour que j'accélère la marche arrière.

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